‹ Contribution à l'étude des dystocies vaginales: vagin borgne interneChapitre 10 sur 14 · PAL S · texte numérisé non relu

PAL S

Poe

Telies sont les deux seules observations, fort intéressantes, que nous avons pu recueillir.

Elles ne sont pas conformes à ce que dit Pozzi,des vagins borgnes internes. |

Ainsi, d'abord dans les deux cas, l’utérus était simple : il n’y avait qu'un seul col. DA dit que le vagin borgne reçoit en haut l'un des cols de l'utérus bicorne.

Ensuite, la malformation siégeait à gauche chez la personne de notre première observation ; d’après Pozzi, elle siège presque toujours à droite. Mais ce sont là despoints de détails sur lesquels nous ne saurions insister.

Nous voyons, en somme, d'après ces deux observations, que la malformation dont nous nous occupons est une cause de dystocie fort grave.

Les autres malformations du canal vaginal sont, pour ainsi dire, moins traîtresses, car elles passent moins souvent inaperçues. Ainsi, une cloison transversale du vagin est toujours reconnue, soit qu’elle empêche l'acte sexuel ou, la fécondation étant possible, soit qu’elle arrête la tête de l'enfant et empêche le toucher ; on peut, dès lors, intervenir facilement, car on voit ce dontils’agit. Souvent même, toute intervention est inutile, car, au moment de l’accouchement,il se passe une chose bien simple. Puisque la fécondation a eu lieu,il faut que la cloison transversale ait un orifice en un point quelconque. La tête forçant sur cette cloison, il se produit une rupture spontanée du diaphgrame obturateur qui éclate en plusieurs fragments. S'ils’agit d'une cloison lon-

INGOTES gitudinale, elle s’écarte d'abord, puis, ayant mis en jeu toute l’élasticité dont elle dispose, elle se déchire au niveau de l'une de ses insertions, antérieure ou postérieure.

Dans ces deux cas, l'expulsion de l’enfant a lieu sans accidents sérieux, en règle générale, et sans avoir subi un retard appréciable. Une légère hémorrhagie pourra s’en suivre,et la mère aura, peut-être, à se plaindre, dans l'avenir de quelque cicatrice douloureuse et intra-vaginale.

Avec le vagin borgne interne, les choses sont toutes différentes. La malade de notre première observation ne pouvait pas se douter qu’elle était porteuse d’une malformation. Ses règles duraient peut-être un peu plus longtemps que d'habitude, mais elles n'étaient accompagnées d'aucun phénomêne douloureux; les rapports sexuels avaient lieu sans douleur et, cependant cette malformation, qui n’entraînait aucun trouble, faillit lui coûter la vie au moment de l’accouchement.

De même pour la malheureuse de notre seconde observation, rien ne pouvait faire supposer l'existence de son vagin borgne latéral ; elle n'avait pas eu d’hématocolpos, n1 d’hématométrie, et elle mourut par suite du séjour trop long dans son vagin borgne de son enfant macéré.

Comment expliquer l'origine de cette malformation? Nous allons essayer de le faire dans le chapitre suivant.

Page 1