CHAPITRE II
OBSERVATION I (Due à l’obligeance du Dr DEsror.)
« Mme À..., se marie au mois de juillet 1899. Rien à noter dans ses antécédents personnels. Quatre frères bien portants. Elle jouit d’une bonne santé; on ne peut trouver, au point de vue spécial qui nous occupe qu’un seul fait, c'est que, réglée à 13 ans, ses époques durent plus longtemps que d'habitude, huit à dix jours.
« Immédiatement après son mariage, elle n’a pas vu sa première époque de règles; elle était donc enceinte. Sa grossesse fut normale, et arrive à terme
en avril 1900.
« Les premières douleurs se manifestèrent à
11 heures du matin, et tout se passa normalement jusqu’à 4 heures du soir. A ce moment, on constate que le colne ne dilate pas ; malgré les douleurs, qui augmentent de plus en plus, le col ne se dilate toujours pas, si bien que, fort embarrassé, le médecin demande l'assistance de deux confrères de Chalon.
« Ceux-ci parvinrent à passer les doigts à travers un orifice qu'ils prirent pour le col,et à sentir les pieds du fœtus en perforant la poche des eaux qui faisait hernie à travers cette ouverture.
« Comme les douleurs se précipitaient et que le travail n'avançait toujours pas, on se décida à intervenir, en tirant les pieds. Le dégagement de ces pieds présenta de grosses difficultés, au point que différents avis furent émis sur ce cas.
« Les uns croyaient à une adhérence de la matrice au vagin, les autres pensaient à une rupture utérine et prenaient le bord de l'obstacle pour le ligament large.
« Quoiqu'il en soit, l'accouchement se termina par l'extraction podalique, mais l'enfant avait souffert et il mourut 10 jours après sa naissance.
« Quant à l’accouchée, elle fut prise de symptômes d'infection tels qu'on désespérait de la sauver.
« Trois piqüres de térébenthine, faites suivant la méthode du professeur Fochier, amenèrent une véritable résurrection. Malheureusement on ouvrit trop tôt ces abcès et, deux mois après l’accouchement, il se produisit, à droite, un phlegmon du ligament jarge, que l’on dut opérer.