AUX MÉDECINS ET CHIRURGIENS DES HOSPICES CIVILS DE LA ROCHELLE
Introduction.
À mesure que la science neurologique progresse, la difficulté et la complexité des problèmes, au lieu de s’éclaircir, ne font qu'’augmenter de plus en plus. Pendant ces vingt dernières années, toute une foule de problèmes ont surgi dont l'existence même fut ignorée jusque-là. On ne peut cependant pas dire qu'on manque d'idées directrices. La physiologie générale du système nerveux, depuis que la théorie neuronale est universellement admise, n’a fait qu'évoluer grâce aux efforts de Sherrington, de Lapicque, etc. L'idée qui domine actuellement la physiologie normale et pathologique du système nerveux est celle des automatismes étagés. Le névraxe est constitué de centres dont les supérieurs contrôlent les éléments inférieurs qui leur sont subordonnés. L’influx qui est conduit par le neurone moteur périphérique représente le résultat de l'intégration de tous les influx que les centres se communiquent successivement les uns aux autres.
Si le processus général paraît donc connu, il en
est très loin d’être de même pour le fonctionnement
Me PR
des divers centres. Pour résoudre ces problèmes, la physiologie et la pathologie doivent marcher ensemble. On sait les services qu'a pu rendre jusqu'ici l'observation anatomo-clinique à la physiologie nerveuse et l’on connaît également les cas où la science expérimentale a fourni la solution de maints problèmes pathogéniques.
Le principal intérêt des questions comme celle que nous avons envisagée dans ce travail est de jeter quelque lumière dans ce mécanisme extraordinairement complexe qu'est la fonction motrice, statique et dynamique. L'observation de cas cliniques montrant la perturbation du tonus d'attitude nous enseigne tout d'abord l'existence d’un tel tonus, que celui-ci est indépendant des tonus posturaux localisés, qu'il représente donc une fonction autonome, tout en faisant partie du mécanisme général du tonus musculaire.
Nous avons entrepris ce {ravail à propos d'un cas de dystonie d'attitude que nous avons pu observer dans le service de M. le professeur Guillain. Cette observation nous a permis de tenter une mise au point du problème à la lumière des travaux récents concernant la régulation du tonus musculaire à l'état normal et pathologique.