‹ Contribution à l'étude des eaux d'alimentation de la ville d'ArcachonChapitre 20 sur 57 · NAN · texte numérisé non relu

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ditions qui l’accompagnent, soit comme un simple phénomène d'usure par dissolution du métal, soit comme un phénomène d'oxydation.

» 4° La plus lente de ces réactions réglera évidemment la vitesse de l’ensemble.

» 2° La concentration acide, ou plus exactement la concentration en ions H, interviendra dans le phénomène.

» 3° La présence ou l'absence d’O modifiera l'aspect que pourra présenter celui-ci;

» 4° Enfin, la vitesse de diffusion de l’0 à travers la masse liquide pourra, dans certains cas, jouer un rôle prépondérant et, par conséquent aussi, la température, qui modifie si rapidement cette vitesse. Quand le PH est élevé et égal à 10 ou 11, la réaction (1) a une vitesse très faible, et, par conséquent, impose sa faible vitesse à la corrosion. Autrement dit, la réaction (1), en milieu alcalin, n’a pas grande tendance à se produire.

» Quand le PH est compris entre 11 et 5, ce quiest le cas des eaux naturelles, la vitesse de diffusion de l’O beaucoup plus que la vitesse de la réaction (2) influence le phénomène dans les milieux oxygénés. On voit que, dans ces conditions, la concentration en ions H a une influence prépondérante sur l'usure du fer. Dès que PH atteint 4,5, l'H apparaît sur le fer et les bulles gazeuses se dégagent pour PH = 4.

» Ces deux derniers chiffres n'ont d’ailleurs qu'une valeur de repérage. Ils peuvent s’abaisser notablement quand le fer renferme certaines impuretés métalliques. La libération de bulles gazeuses nécessite, en ellet, la dépense d’un certain travail pour vaincre les forces de tension superficielles, et ce travail, pour un volume déterminé d'H dégagé, est d'autant plus consi- «dérable que le volume en question a été libéré sous forme de bulles plus minuscules, » ù

Ainsi se trouve très ingénieusement expliqué le phénomène de corrosion métallique.

Entraîné par un courant incessant, le précipité de sexquioxyde de fer chemine dans les canalisations, gagne de proche

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en proche des tuyaux de diamètre de plus en plus étroit, se dépose ou reste en suspension suivant le régime de la pression, envahit les culs-de-sac qu'il rencontre et s’élimine en majeure partie par les robinets des particuliers, chez qui il provoque une légitime mais inutile frayeur.

La présence notable de chlore contribue d’ailleurs, pour sa part, à la formation du précipité. En présence de fer, le chlore donne du chlorure de fer If, qui, bientôt oxydé, engendre de l’oxyde de fer IT, tandis que le chlore lui-même, libéré à nouveau, reprend son action nuisible.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les lumières des conduites se soient rapidement obstruées, par l’apport incessant de ce dépôt. Quant aux Arcachonnais, dont le mécontentement se traduisait par des pétitions réitérées, ils ne se faisaient pas faute de discréditer ces eaux, qui n'étaient décidément justiciables d'aucune amélioration. On ne saurait les en blâmer, la Jlimpidité étant la première qualité exigible d’une eau potable; mais on s'explique mal leur obstination à considérer comme nuisible ce trouble reconnu inoffensif. La présence de fer dans les eaux a toujours paru aux médecins et aux savants plus profitable que fâcheuse, et le temps n'est pas si éloigné où l’on avait l'habitude de mettre des clous dans l’eau de boisson afin de lui donner des propriétés fortifiantes. Mais si la présence du fer était bien anodine, celle du plomb demeurait dangereuse. Devant de telles défectuosités, les hygiénistes de l’époque se devaient de ne point laisser se prolonger un état sanitaire préjudiciable à la fois à la collectivité et au prestige d'Arcachon.

Le redoutable saturnisme, cause de bien des déficiences organiques, complice sournois de nombreuses invasions microbiennes, avait mis le pied dans la place. On eut recours à des mesures radicales pour l’en expulser.

$ 3. — Caractères bactériologiques.

L'étude bactériologique des eaux de Cazaux fut entreprise, pour la première fois, en 1894, par MM. Lalesque et Rivière.

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Utilisant la méthode de Roux pour la numération des germes, ils obtinrent les résultats suivants :

Eau à la prise — 55 germes; Eau dans l’intérieur de la ville — &0 germes.

Ces germes appartenaient exclusivement à des espèces non pathogènes, et il fut impossible de déterminer, parmi eux, un seul B. coli.

Ce dernier est, «en effet, considéré comme le plus sérieux témoin d’une souillure proche ou lointaine des eaux : « S'il existe encore des divergences entre les épidémiologistes au sujet de l’étiologie de la fièvre typhoïde, il est un point sur lequel ils sont d'accord : c’est que le substratum nécessaire du bacille d’Eberth est la matière fécale et que la coprophagie, entendue dans son sens le plus large, en assure la pénétration dans l’organisme. L'usage d’une eau de boisson polluée accidentellement en est un des modes fréquents; et comme les méthodes bactériologiques les plus minutieuses n'y décèlent qu'exceptionnellement le germe spécifique, on a coutume d’accorder au colhbacille, hôte habituel de l'intestin, la valeur d’un témoin de la souillure fécale et de demander à sa présence en quantité notable un critérium de .l’opportunité de certaines mesures prophylactiques. » (Labit.)

D’après les premières analyses, les eaux de Cazaux se révélaient donc, comme on devait s’y attendre, d’une pureté bactériologique parfaite. Grâce à une amélioration apportée à la prise, en 1898, les analyses effectuées par Duphil, en 1904, témoignèrent d’une diminution sensible des germes, déjà en nombre insignifiant : 25 germes par centimètre cube sans trace

de colibacille. Le contraire eût, d’ailleurs, paru inexplicable : les eaux du lac de Cazaux sont des eaux de pluie qu'amènent les vents soufflant de l'Atlantique, c’est-à-dire du sud et de l’ouest. Ces vents poussent vers le continent les nuages formés sur l’Océan, et, lors de leur chute, les eaux de condensation ne peuvent en aucune manière se contaminer au contact de l’air qui vient du large comme elles; d’autre part, comment

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leur pureté pourrait-elle s’altérer par ruissellement sur un sol pratiquement inhabité? Reste la pollution problématique due à la présence de poissons dans le lac. Certains hygiénistes accordent à cette question une importance majeure, et M. Remlinger dit ‘en espèce « Nous ne pensons pas que leur présence doive être tenue pour indifférente au point de vue hygiénique. Le tube digestif des poissons renferme, à l’état normal, du colibacille et de nombreuses espèces de la putréfaction. Alors même que ces microorganismes ne seraient pas à proprement parler pathogènes, leur rejet dans l’eau avec les matières fécales ne saurait être tenu pour pleinement négligeable », et ailleurs : « leur présence dans l’eau potable est dangereuse.. de plus, les cadavres des poissons souillent l’eau en se décomposant rapidement ».

Nous ne pensons pas qu'il faille donner à leur présence une importance exagérée. Bien des villes, dont l’état sanitaire se révèle parfait, utilisent, après stérilisation ou non, les eaux de lacs fort poissonneux; et si la pureté bactériologique des eaux de Cazaux tendit à s’altérer progressivement, ce fut pour des causes très différentes et beaucoup plus graves. En effet, les rives du lac ne restèrent pas très longtemps, comme à l’origine, lieux solitaires et méconnus; on procéda, tout d’abord à Cazaux même, à l'installation d’un camp d'aviation considérable, situé à quelque 500 mètres de la prise, mais dont l’existence contribua certainement pour une large part à la contamination des eaux. Ce ne peut être sans danger que l’on édifie à côté d’un lac fort attrayant un camp d'aviation d’une telle envergure. La venue des troupes entraîna l’éclosion d’une petite agglomération civile; de ce fait, les bords du lac devinrent très fréquentés; lés embarcations, rares jadis, augmentèrent en nombre, à la grande joie des promeneurs et des pêcheurs, qui ne se firent pas faute d'utiliser prise d’eau et pieux, si pratiques pour l’amarrage. Un fait nouveau aggrava la situation; le canal de Cazaux à la Hume, déversoir naturel du lac tendant à entraîner les eaux riveraines plus ou moins polluées et à établir un courant d’eaux pures venues du large,

s’ensabla progressivement sans qu’on cherchât à y porter remède; le mouvement des eaux se trouva ainsi si fortement amoindri que, les pieux de protection du canal continuant à retenir le sable, cette partie du lac prit l'aspect d'une cuvette ayant pour centre la prise d’eau d'Arcachon. Cependant, sur les rives, des lavoirs particuliers ne tardaient pas à s’installer et, parfois, des baigneurs s’aventuraient à proximité de la prise, tandis qu’à l’ouest chaque jour voyait de nouveaux troupeaux de bétail stationner au bord de l’eau, y entrer souvent, et contaminer d’une manière permanente le rivage avec leurs excréments. Qu'une légère crue survint, et les eaux riveraines se chargeaient de bacilles pathogènes; ces derniers, Join d’être entraînés vers le canal de la Hume à peu près obstrué, étaient emmenés vers le sud-est par un courant nouveau et, émulsionnés avec l’eau, se trouvaient passer à peu près au-dessus de la tête de prise.

Cet ensemble de faits défavorables, concomitants ou successis, en tout cas échelonnés sur une très longue période, eut sur la salubrité des eaux des répercussions très nettes.

Le colibacille, primitivement absent, fit bientôt son apparition; sa présence d’abord très intermittente devint fréquente par la suite, et les hygiénistes suivirent avec souci cette progression de fâcheux augure.

Dès son arrivée à Arcachon, en juillet 1925, M. le docteur Marcotte, frappé de cette contamination encore anodine, mais susceptible en s’aggravant de nuire à la santé publique, décida d'en suivre pied à pied les variations. Voici, à titre documentaire, parmi bien d’autres, les résultats de quelques analyses effectuées au laboratoire d'Arcachon :

6 novembre 1925 :

Echantillon prélevé à 10 mètres du rivage — moins de 100 et plus de 10 coli par litre; Echantillon prélevé à 50 mètres du rivage = 10 coli par litre ; Echantillon prélevé à 150 mètres du rivage — moins de 10 coli par litre.

PSE 1 TRES 18 décembre 1995 :

Echantillon prélevé en face de l'embouchure du canal, à 50 mètres en surface — moins de 10 coli par litre; Echantillon prélevé à 400 mètres plus au sud-ouest = pas de

coli.

Mais M: Marcotte ne s’en tint pas à des analyses isolées « Puisque, pour arriver à une solution, dit-il, il convenait de mener une étude continue et journalière, nous procédâmes pendant deux ans et demi à l’analyse de notre eau sur des échantillons prélevés :

1° au laboratoire (d’une manière constante); 2° (accessoirement, en vue de comparaisons utiles), soit dans d’autres immeubles, soit aux bornes-fontaines.

Avec ces examens journaliers, nous pouvions avoir, pour chaque mois, la moyenne du nombre de B. coli par litre. » Voici quelles furent ces moyennes pour les années 1926 et 1927 et les six premiers mois de 1928 :

Moyennes de B. coli par litre RÉ S

1926 1927 1928 Janvier sers 2 2,4 2,4 Février ... 5,3 1,6 0,7 MARS RACE 2,3 0 0,7 AMIAIEETE AN te 1 41,9 0,8 Mate ment 1,6 10,4 0 TUE MST 4,5 9,6 10 Je tete Cu 0 16,7 »

AOÛT Re 6,4 19,2 »

Septembre.... 000 < 20 »

He Pt 143 typhoïde } 19,1 St Novembre..... M De 14,7 »

Décembre..... 7,6 6,9 »

‘ Sur trente mois, il y en a donc 21 pour lesquels la moyenne de colibacille est inférieure à 10 et 3 pour lesquels le colibacille est absent. Ces résultats d'analyses relativement récentes, effectuées au moment où toutes les causes de contamination précitées se trouvaient réunies, montrent que, sans

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