PURE
excellente, les usagers d'Arcachon furent souvent sujets à des intoxications chroniques dues à læ corrosion des canalisations en plomb utilisées chez un certain nombre de particuliers.
L'eau de Cazaux, susceptible d'attaquer le plomb, attaque. encore le fer avec énergie, sans que cette attaque présente d'ailleurs, pour le consommateur, d'inconvénients majeurs. Le fer ainsi arraché aux conduites demeure parfaitement inoffensif bien qu'il communique aisément à l’eau un aspect peu engageant. Entre Cazaux et Arcachon, la nature des canalisations (fer et ciment, fonte), la vitesse de propagation des eaux, leur volume considérable, se prêtaient mal à une corrosion sensible. Si, au cours de nos analyses, nous avons prélevé sur ce trajet des eaux troublées par l’hydrate de fer, ce dernier s’y trouvait pour des raisons anormales que nous examinerons plus loin. La plus grand partie du mal se faisait à Arcachon dans les branchements extérieurs aux domiciles particuliers, branchements qui relient ces derniers aux canalisations maîtresses et sont entièrement en fer. C’est là que la corrosion était la plus intense, sous préjudice d’aggravation
dans un grand nombre de conduites particulières également en jer.
Par contact prolongé avec l’eau, le fer subit en effet une oxydation partielle qui se manifeste par l'apparition d’un trouble verdâtre; puis, l'oxydation s’intensifiant, un précipité d'oxyde de fer II, abondant et rougeâtre, le remplace bientôt.
Ouvrons ici une parenthèse pour déterminer, d’une manière plus détaillée, le processus de la corrosion métallique dont le mécanisme intime est'lumineusement relaté dans un article de M. Lasausse sur Les travaux américains et anglais sur la corrosion mélallique. Nous ne pourrions mieux faire que de rapporter in exlenso les passages essentiels de cet article « Dans ces dernières années, dit-il, les chimistes américains et anglais ont étudié la théorie du phénomène de corrosion métallique et en ont précisé, avec un soin particulier, les détails d'application.
FSU X
» La première étape du phénomène de corrosion métallique est une réaction électrolytique.
» Si nous prenons l’exemple du fer au contact d'un milieu acide, les ions H du milieu cèdent leur charge électrique au fer métallique d’après la réaction :
2Fe+2H = , Fe + 2H. (1)
» Dans cette réaction, certaines impuretés peuvent jouer un ‘rôle favorisant important. En présence du fer, elles forment
l'électricité + d’une pile dont le fer est l’électrode —, électrode soluble par conséquent.
» L'H fourni dans la réaction (1) est très actif sous sa forme atomique. Il peut se combiner à lui-même pour passer à l'état moléculaire :
et alors, tantôt il se dégage à l’état libre, si la force électromotrice de la pile qui lui donne naissance est suffisante, tantôt il forme à la surface du métal une enveloppe gazeuse qui suspend l’attaque,
» Quand le milieu.liquide renferme de l’O en solution, l’H atomique, au lieu de passer sous la forme moléculaire, s’oxyde immédiatement avec production d’eau.
» Enfin, l'O étant en excès, le fer ionisé dans la transformation (1) tend à passer au maximum. Cette dernière transformation peut s’écrire sous forme d’équation chimique en considérant uniquement la base des sels ferreux formés
4Fe (OH)?=E 0? + 2H70 = 4Fe (OH)°
» On sait que les sels ferriques sont facilement hydrolysables et que la base Fe (OH), extrêmement faible, possède une solubilité très peu élevée, aussi tend-elle à précipiter.
» La corrosion du fer peut donc se présenter, selon les con-