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emploi bien incommode et souvent dispendieux, du fait de la détérioration qui pouvait s’ensuivre. C’est pourquoi MM. George et Berlemont inventèrent une nouvelle lampe à allumage automatique, prête à fonctionner par simple fermeture du courant.
«Cette lampe, ayant la forme d'un U renversé, est remplie de mercure et est en communication avec un réservoir rempli d’un gaz rare comme l’argon, l’hélium ou le néon. Sous l'influence du courant électrique, on dilate le gaz et on rougit un fil métallique placé dans le tube en quartz. On obtient ainsi un arc dans le gaz rare, puis, rapidement, l'arc au mercure se forme et chasse les gaz dans un réservoir auxiliaire. » (F. Dienert.) Cette lampe, comme celles dont nous parlions plus haut, fonctionnant seulement avec le courant continu, M. George imagina ensuite une lampe à atmosphère de néon, utilisable sous fort voltage et avec le courant alternatif. Ces diverses sources d’ultra-violets peuvent être utilisées suivant deux principes :
a) En les plaçant en dehors du liquide à stériliser (lampes de la Compagnie Westinghouse-Cooper Hewitt). De telles lampes donnent un fort dégagement de chaleur et, par conséquent, un rayonnement très intense. Elles exigent un voltage relativement faible, mais une partie des rayons se trouve perdue. Pour être soumise à leur action, l’eau devra être amenée en lames très minces.
b) En les immergeant dans le liquide à stériliser (lampe de la Société des rayons ultra-violets, appareil Billon- Daguerre).
Ici, par suite du refroidissement, la proportion des ultraviolets émis est 15 fois moindre, et on ne peut opérer que sous fort voltage. Mais l’inconvénient le plus grave est la métallisation de la lampe. «Cette métallisation paraît due à un dépôt très adhérent d’un oxyde de fer qui semble se combiner à la silice et sur lequel le mercure vient se condenser... C’est le refroidissement de la lampe qui provoque cette métallisation. » (Dienert.) Reste à déterminer laquelle de ces
ee méthodes peut prévaloir par son efficacité. De l'avis de M. Dienert, les essais bactériologiques montrent, en dehors de toute idée préconçue, que ces deux systèmes se valent, la stérilisation se montrant identique à égalité d'énergie électrique dépensée.
Quel est le mécanisme de cette stérilisation ? On a voulu démontrer qu'au cours de la stérilisation par les ultraviolets, de l’eau oxygénée, voire de l’ozone, pouvaient prendre naissance. Les expériences entreprises en vue de les déceler n’ont apporté aucun témoignage concluant. Aussi préférons-nous nous rallier à la suggestion émise par M. Dienert: « Dans nos expériences, dit-il, nous avons examiné au microscope les levures traitées par les rayons ultraviolets. Nous avons constaté que l'intérieur des levures jeunes devenait granuleux et qu'après un certain temps il y avait éclatement de la membrane et dissolution du contenu protoplasmique dans le liquide... La masse hyaline du protoplasma se trouverait décomposée en une base qui serait de la choline. Cette base aiderait au gonflement exagéré de la cellule, dont l’enveloppe, elle-même atteinte, ne résisterait pas à l’excès de pression et se désagrégerait. »
La stérilisation par les ultra-violets pouvait-elle être appliquée avantageusement aux eaux d'Arcachon ? Il apparut, à vrai dire, que ce mode d'épuration, fort efficace en certaines circonstances, à condition d’être rigoureusement contrêlé, offrait de nombreuses causes d’échec. Ce n’est pas sans raison que très peu de villes l'utilisent : on ne peut guère citer en France que Lunéville, Maromme, près de Rouen, et L'Isle-sur-la-Sorgue. Et encore, les hygiénistes chargés de la surveillance de cette stérilisation sont-ils unanimes à en dénoncer les nombreux inconvénients. En premier lieu, c'est une erreur de croire que toute lampe à vapeurs de mercure neuve est une bonne lampe; sa valeur est subordonnée à la nature des matières premières qui la composent et aussi aux soins apportés à sa fabrication. De plus, la métallisation signalée plus haut enlève rapidement
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aux lampes une part de leur activité et, en dehors de cette métallisation, elles sont vite annihilées par un vieillissement prématuré. Enfin, l'intensité du rayonnement peut n'être pas uniforme sur toute la surface de la lampe; il s'ensuit un besoin continuel de contrôle, lequel, pour aussi strict et aussi rapide qu'il soit, peut quelquefois se trouver en défaut. La limpidité de l’eau à traiter n’est pas non plus indifférente : les rayons lumineux sont, en effet, facilement arrêtés par les corpuscules en suspension; les colloïdes et les matières colorantes d’origine organique les arrêtent aussi; en sorte qu’un liquide, même clair, qui en contient n'est stérilisé qu'en couche très mince, de quelques millimètres d'épaisseur; dès lors, l’abondance du débit s’en ressent et les applications du procédé en sont, par contrecoup, considérablement diminuées.
Si à ces diverses constatations techniques nous ajoutons qu'une installation de stérilisation par les ultra-violets est toujours très onéreuse, on comprendra qu'en portant ses recherches vers une solution plus efficace la Commission d'hygiène a fait montre de beaucoup de prudence, et non de partialité, envers un procédé dont l'avenir consacrera certainement et la valeur. et l’indéniable intérêt.