‹ Contribution à l'étude des eaux d'alimentation de la ville d'ArcachonChapitre 31 sur 57 · LL MES · texte numérisé non relu

LL MES

eaux de la ville de Reims. À nouveau les résultats furent satisfaisants. En même temps, M. Bunau-Varilla donnait une solution favorable au problème de la distribution automatique de la solution stérilisante.

Comment expliquer cette action de faibles doses de chlore ? M. Techoueyres, disciple de M. Bunau-Varilla dans l’application de la verdunisation, nous répond : « La quantité de chlore fixé n'est pas, comme on pourrait le croire, une fonction déterminée et fixe de la quantité de matières organiques. » On admet généralement, ajoute-t-il, que l'hypochlorite de soude agit par oxydation. À un atome de chlore correspond un atome d’O dégagé. Donc à 16 grammes d’O correspondent 35 grammes de chlore. Or, l'eau de Reims fixe par litre 4 milligramme d’O. I faudrait donc lui ajouter 2 milligrammes de chlore; or 10 de milligramme suffit largement. «Il semble donc indiqué de chercher une autre explication. L'action chimique de l'hypochlorite au contact de la matière organique doit, en dehors de l’action oxydante, engendrer l’émission de rayons analogues aux ultra-violets, lesquels détruisent la vie microbienne dans une sphère considérablement plus étendue que celle où se produit l'effet chimique oxydant. » (B.-Varilla.) Si on place un tube de quartz contenant de l'hypochlorite de sodium dans un tube en quartz plein d'eau polluée, lequel tube est placé à son tour dans un autre plus grand contenant de l’hypochlorite de sodium, on constate, après vingt-quatre heures, une diminution sensible des germes. Avec des tubes de verre, on ne constate rien de tel. Donc, l’action bactéricide semble bien due au dégorgement, par la solution d'hypochlorite, de rayons semblables aux ultra-violets.

De plus, en eau trouble, l’action des hypochlorites ne peut être sensiblement réduite, car la dispersion des ultra-violets se fait dans la masse même avec les molécules d’hypochlorite, dont chacune est un centre d'émission, ce qui diffère beaucoup d’une émission extérieure telle que celle provenant d’une lampe de Cooper Hewitt (Bunau-Varilla et Techoueyres).

D'expériences complémentaires entreprises par M. Téchoueyres il résulte qu'une stérilisation complète est obtenue avec 3 décimilligrammes de chlore, sur une eau de Reims artificiel lement chargée de 66.000 colibacilles par litre.

Tel est l'exposé schématique de la verdunisation, méthode de conception nouvelle, grandement battue en brèche par les partisans de la javellisation, en général, et en particulier par M. Dienert. En ellet, dit ce dernier, M. Bunau-Varilla émit sa théorie « après avoir constaté que le B. coli peut disparaître avec des doses de chlore incapables d’oxyder toute la matière organique de l’eau; il ne peut admettre, en conséquence; une action chimique et antiseptique du chlore sur les microbes tant que cette matière organique n’est pas oxydée. Pour prouver la réalité de ces émissions d’ultra-violets, M. Techoueyÿres procède à des expériences qu'il dit très concluantes, mais, ayant refait ces expériences, nous concluons que la théorie de M. Bunau-Varilla ne se vérifie pas », et même les résultats des expériences concorderaient-ils, « rien ne s’opposerait à ce que le chlore ait une action propre sur la matière organique du microbe ». Enfin, « MM. Bunau-Varilla et Techoueyres pensent que le chlore oxyde la matière organique; nous avons vu plus haut que son action est une combinaison et non une oxYydation. Quant aux prétendus rayons microbicides, ils sont sans action sur le papier photographique (Dienert). »

A ces critiques, M. Techoueyres répond, à son tour, avec non moins de véhémence.

« D'après M. Dienert, dit-il, plus on met de germes dans l’eau, plus il faut de chlore pour les détruire ». L'expérience contredit cette assertion : quand les doses de chlore augmentent en progressron arithmétique, le nombre de microbes tués augmente en progression géométrique. Il n’y a donc pas proportionnalité. De plus, les expériences de M. Dienert s’appliquent à des milliers de colibacilles, alors que, dans la pratique, il ne faut en éliminer que quelques centaines.

Si les expériences pour démontrer l’existence des ultraviolets ne sont pas concluantes, cela ne démontre pas que

Page 1