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l’action destructive ne soit pas due à des rayonnements qui ne traverseraient pas le quartz ou qui, le traversant, arriveraient de l’autre côté de la paroi trop affaiblis pour exercer une action mesurable. Ce qui force à admettre cette hypothèse, c’est la rapidité de l’action de l’antiseptique et la dose infime employée (Techoueyres). I ajoute : « Bien que M. Dienert affirme le contraire, mon hypothèse repose sur le phénomène chimique quel qu'il soit : décomposition de la molécule d’hypochlorite d’abord, puis oxydation ou chloruration de la matière organique ensuite, et sur les émissions de rayons qui s’ensuivent. »
Ainsi, chacun restant sur ses positions, parce que confiant en ses expériences personnelles, le débat semble s’envenimer plutôt que se résoudre et demeure sans solution décisive. Est-ce dans la javellisation normale ou dans la javellisation imperceptble que réside la clef de toute stérilisation efficace ? Embarassante question à laquelle nous ne répondrons pas à dessein, car le temps nous a manqué pour reprendre ume série d’expériences susceptibles de conférer un semblant d'autorité à notre jugement personnel. Par contre, M. Debés condamne franchement la verdunisation et lui conteste même toute orrginalité : « En résumé, dit-il, l’eau de Javel est employée à Reims dans les mêmes conditions d'action que partout ailleurs. La dose d’eau de Javel a été déterminée par l’expérience, de manière à détruire le colibacille pouvant se trouver accidentellement dans l’eau à traiter, qui est naturellement très pure, très peu chargée en matières organiques et rarement microbienne : c’est également ce que l’on fait partout... On n’applique donc, à Reims, aucune méthode nouveille. » |
Reste à savoir si l’on peut en dire autant des quelque 40 villes qui utilisent avec succès la verdunisation. À Arcachon, en face d’une si profonde divergence d'opinions, et jusqu’à plus amples preuves, on a préféré, dans un but de sécurité, employer trop de chlore que trop peu et adopter la javellisation.
On se souvient, en ellet, que les projets d’ozonisation, sérieusement mis à l'étude, ne purent se réaliser pour diverses raisons.
La perte de temps inhérente à de tels tâtonnements pouvait, au début des fortes chaleurs, devenir grandement préjudiciable à la santé des consommateurs. C’est pourquoi, en mai 1929, M. le Professeur agrégé R. Sigalas, adjoint délégué à l’hygiène, partisan d’une action rapide et efficace, mit promptement sur pied un projet de stérilisation par javellisation; il put aisément démontrer à la Commission d'hygiène que ce mode de purification, simple, économique, d'utilisation universelle, ferait avantageusement face aux plus sévères exicences. Son idée ne fut pas longue à prévaloir, et la réalisation en fut entreprise dans le moindre délai. On pensa tout d’abord à introduire la solution stérilisante dans une conduite en charge située dans Arcachon même, mais, après avis d’un expert, on décida de réaliser cette opération dans une partie non en charge de la conduite, au lieu dit Le Courneau, situé à égale distance de Cazaux et de La Teste. L'eau bénéficierait ainsi avant distribution d'un long et énergique brassage avec la solution d'hypochlorite. Le 22 juillet 1929, on installait en bordure de la route, au-dessus de la canalisation et face à la gare du Courneau, un baraquement en planches destiné à abriter les appareils de distribution. Le 24, on javellisait pour la première fois au taux de 0 mg. 5 de chlore par litre; au cours des mois qui suivirent, les résultats furent si nets, si constants. que la stérilisation fut désormais envisagée, non comme un palliatif intermittent, mais comme une mesure de sécurité absolument permanente.
Le poste de javellisation du Courneau.
Nous disions, il y à un instant, que la Commission d'hygiène avait décidé, sur la proposition du Professeur agrégé R. Sigalas, de javelliser au niveau de la gare du Courneau. Les avantages d'une telle situation sont les suivants : grâce à un
premier regard sitüé au niveau du pont du Saous, il est possible, par des examens quotidiens, de suivre la régularité et l'efficacité de la stérilisation, et grâce à un second qui lui fait suite, une neutralisation du chlore en excès par S'ONa? deviendrait, au besoin, d'une réalisation aisée.
Le poste de javellisation fut donc établi tout au-dessus de la conduite, à cheval sur le ruisseau qui borde la route de La Teste à Cazaux, entre cette route et la gare. L'étroite proximité de cette dernière facilitait du même coup le transport de bonbonnes d’eau de Javel reçues par voie ferrée. Quant au poste lui-même, constitué par une seule pièce presque entièrement encombrée de cuves et d'appareils de distribution, il fut construit en bois et d’une façon trop sommaire pour répondre longtemps aux exigences d’une stérilisation permanente.
Primitivement., l’ensemble des appareils décanteurs et distributeurs était ainsi constitué : deux cuves d’une contenance respective de 100 et 140 litres, destinées à recevoir la dilution d’eau de Javel, compte tenu du taux de javellisation et du . débit présumé des eaux, communiquaient par un tube de cuivre rouge coupé de robinets avec un vase à niveau constant muni d’un pointeau et d’un flotteur. Au sortir du vase, la solution tombait, au moyen d’un dispositif complexe, dans un godet placé sur un plateau de balance, puis, par l’intermédiaire d’un tube de fer, gagnait la conduite maîtresse pour se mélanger à l’eau en marche vers Arcachon.
Aussi longtemps que le godet placé sur le plateau de Ia balance demeurait entièrement plein, il entraînait un contrepoids placé sur le second plateau; mais si, pour une raison quelconque, l'écoulement venait à s'arrêter, le contrepoids reprenant ses droits, faisait basculer l’ensemble et actionnait une sonnette avertissant d’un arrêt dans le fonctionnement de l'appareil, Cette dernière éventualité, d’abord rare, se produisit par la suite avec une inquiétante fréquence. Après contact avec la solution chlorée, d’une part divers produits, d'oxydation se déposaient dans les cuves, d'autre part, les métaux constituant tubes et flotteurs étaient sujets à üne forte cor-