IT. — MÉCANISME DE L'ACTION ANTIANAPHYLACTIQUE DES EAUX MINÉRALES
Mécanisme du choc anaphylactique
Avant de chercher une explication au pouvoir antianaphylactique de certaines eaux minérales, il nous paraît utile d'envisager d’abord, du moins dans ses grandes lignes, le mécanisme du choc anaphylactique lui-même. À la théorie chimique du choc, encore soutenue par le Professeur Richet, est venue s’en ajouter une nouvelle : la théorie physique, émise en 1913 par le Professeur Widal, Abrami et Brissaud, d’après laquelle le choc serait dû à une rupture soudaine de l’équilibre physique des colloïdes du sang et des colloïdes tissulaires, à la « colloïdoclasie ». Le déséquilibre des colloïdes du sang se traduit par un ensemble de phénomènes que le Professeur Widal a groupés sous le nom de « crise hémoclasique ». Elle est caractérisée par la chûte de la pression artérielle, une leucopénie subite, suivie d’hyperleucocytose, avec inversion de la formule leucocytaire, une altération de la coagulabilité du sang, la raréfaction des hématoblastes, la diminution de l'indice réfractométrique du sérum, la rutilance du sang veineux. Le déséquilibre des colloïdes cellulaires extériorise le choc, lui donnant toutes sortes de modalités cliniques. |
A côté des colloïdes protéiniques, Billard fait jouer un rôle aux colloïdes lipoïdiques. |
D’autres auteurs, Kopaczewski, le premier, suivi de A. Lumière, essayant de pénétrer plus avant dans le phénomène du déséquilibre colloïdal, expliquent le choc, en totalité ou en partie, par la « floculation micellaire ». Leur opinion diffère également quant au mode d’action du floculat : oblitération des vaisseaux pulmonaires pour Kopaczewski, irritation de l’endothélium des vaisseaux cérébraux pour A. Lumière. Pour Kopaczewski, les facteurs de la floculation colloïdale peuvent se ramener soit à la diminution de la viscosité du sang, soit à une augmentation de la tension superficielle, soit à l’introduction dans le milieu colloïdal d’une charge électrique nouvelle. Le Professeur Widal n’admet pas la théorie de la flocula-
tion.
Etre
Mécanisme de l'action antianaphylactique
des eaux minéraites
Un premier point s’impose: c’est qu’il ne saurait y avoir antianaphylaxie spécifique. Quel mode d’action peut-on donc invoquer ? Nous venons de voir que Tanaphylaxie était considérée actuellement par la majorité des auteurs comme relevant de phénomènes physiques. L’antianaphylaxie serait donc du même ordre. Si l’on admet la floculation à la base du trouble colloïdal, on doit empêcher le choc par l’emploi de substances antifloculantes. Leur pouvoir antifloculant tiendrait, pour Kopaczewski, aux modifications qu’elles font subir à la tension superficielle du plasma sanguin ou à sa viscosité. Pour cet auteur, agissent en