CHAPITRE V
Etude expérimentale de l’action des Eaux de Luchon au cours des phénomènes d’anaphylaxie.
Nous allons exposer maintenant les recherches entièrement originales faites au laboratoire de médecine expérimentale et comparée, sous la direction de M. le Professeur Arloing et avec la collaboration de MM. Langeron et Milhaud.
Nous avons utilisé pour ces recherches l’eau de la source du Pré 1. Son action, particulièrement excitante, convient aux tempéraments lymphatiques; on la prescrit en gargarismes dans les affections tonsillaires chroniques, et en boisson, coupée avec l’eau du Pré 2 et 3, dans les divers catarrhes bronchiques. Nous avons donné sa composition dans le premier chapitre. Rappelons que c’est une des sources de Luchon les plus riches en soufre: un litre renferme
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0 gr. 075 de monosulfure de sodium, équivalant à 0 gr. 051 de sulhydrate de sulfure. Sa minéralisation totale, faible, est de 0 gr. 329. Sa radioactivité est de 4 millicrocuries 2 (Lepape). Nos conditions expérimentales ont été les suivantes :
A. — Matériel d'injection
1° L’eau de la source du Pré 1 a été prélevée aseptiquement et directement au griffon, mise dans des bouteilles stériles, bien remplies ét hermétiquement bouchées. Elle nous est toujours parvenue dans un état apparent de parfaite conservation. En principe, nous avons utilisé chaque jour une nouvelle bouteille, non encore débouchée. Nous mentionnerons au cours de nos expériences quelles sont les doses que nous avons utilisées. Indiquons seulement, afin qu’il soit possible de comparer avec la collobiase de soufre, qu’une injection de 8 cc. d’eau introduite sous la peau . de l’animal traité 2 milligrammes et demi environ de substances minéralisantes, le monosulfure n’intervenant que pour un demi-milligramme.
2° Comparativement à l’eau sulfureuse, nous avons injecté à d’autres lots d'animaux de la collobiase de soufre (préparation des Laboratoires Dausse). Cette collobiase renferme environ 33 centièmes de milligramme de soufre colloïdal par cc., 8 cc. de cette préparation contiennent donc à peu près 2 mmgrs et demi de soufre.
3 ) F pis à , #» \ .
B. — Matériel d'expérimentation et technique employée
Nous avons rempli, autant qu'il était possible de le faire, les deux grandes conditions indiquées pour obtenir des résultats scientifiquement valables : l’utilisation de lots importants d'animaux et le déchainement d'un choc assez brutal pour que les résultats soient le plus net possible et ne prêtent pas à confusion.
Nos expériences ont porté sur cent cobayes environ, divisés en plusieurs lots. Nous les avons sensibilisés par la,vote intrapéritonéale avec les antigènes suivants : sérum de cheval normal, ovalbumine, caséine, à la dose de 0 cc. 52. Ils ont été traités par des injections quotidiennes d’eau de la source du Pré 1 ou de collobiase de soufre faites dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Quant à l’injection déchaînante, après avoir utilisé comparativement dans certaines expériences la voie intrapéritonéale et la voie intra-cranienne, sous-durale, c’est cette dernière seule que nous avons rete nue comme nous donnant, dans la grande majorité
des cas, les chocs les plus nets.
Le plan de nos expériences est le suivant :
Premier groupe. — Recherche du pouvoir modificateur des propriétés anaphylactogènes des antigenes (sérum, caséine, ovalbumine) par mélange avec l’eau de Luchon et le soufre colloïdal.
Deuxième groupe. — Recherche du pouvoir désensibilisant de l’eau minérale et de la collobiase par des traitements plus ou moins prolongés.
Afin de pouvoir comparer plus facilement les chocs que nous avons provoqués chez nos animaux, nous avons exprimé leur violence par des coefficients. Voici l'échelle des coefficients de gravité des accidents anaphylactiques que nous avons utilisée : c’est celle qui a servi à M. le Professeur Arloing au cours de ses expériences avec les eaux de Vichy.