‹ Contribution à l'Étude des Eaux de Luchon: Recherche Expérimentale de leur Action au Cours des Phénomènes d'AnaphylaxieChapitre 37 sur 43 · SECOND GROUPE D'EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

SECOND GROUPE D'EXPÉRIENCES

Ce second groupe de recherches à eu pour but la démonstration de l’action anti-choc de l’eau du Pré I et du soufre collobiasique administrés à des doses quotidiennes pendant le temps qui sépare l'injection préparante d’antigène de la déchaînante.

Il correspond, dans notre esprit, au problème que pose le mécanisme des effets thérapeutiques de l’eau dans la cure hydrominérale courante réalisée par le malade, pendant trois semaines ordinairement. Dans nos essais, nous avons administré l’eau minérale ou la collobiase de soufre par voie sous-cutanée, à des doses variant suivant les séries et les expériences entre un minimum de 2 cc. par dose journalière et un maximum de 8 ce. pro die, avec l'échelle de doses intermédiaires de 4 et 6 cc.

Les cobayes témoins supportent sans aucun inconvénient, pendant trois semaines, ces deux substances en injections journalières. Leur développement et leur nutrition ne sont nullement altérés, bien que, dans

certains cas, l’administration, aussi bien de l’eau minérale que du soufre colloïdal, atteigne 240 cc. de produit pour des cobayes d’un poids moyen de 350 gr. La constatation de cette absence de toxicité était indispensable à faire au préalable pour pouvoir juger de nos résultats.

Ainsi que M. le Professeur Arloing et Vauthey l’avaient vu dans leurs recherches avec les eaux de Vichy, nous avons fait varier la durée du traitement, ce facteur présentant un intérêt important. Certaines séries d'animaux ont reçu l’eau du Pré I ou la collobiase, pendant 10 jours seulement ; d’autres ont été traités pendant 21 jours, qui correspondent au délai habituel empiriquement pratiqué par les malades dans les cures hydrominérales.

Pour juger des conditions dans lesquelles pourrait s’observer éventuellement l’action anti-choc du traitement indiqué, nous avons employé deux variétés d’eau minérale : une eau jeune, prélevée depuis 6 jours, au griffon et transportée de Luchon à Lyon, et une eau vieille de 30 jours, également transportée. Il nous a malheureusement été impossible de réaliser, jusqu’à ce jour, des expériences avec de l’eau injectée dès sa prise au griffon.

Enfin, pour apprécier la persistance de l'action désanaphylactisante des substances employées, nous avons choqué nos animaux,soit immédiatement à la fin du traitement, le lendemain de la cessation des injectiens thérapeutiques, soit, toujours en nous inspirant des expériences analogues de M. le Professeur Ar- Joing et de Vauthey, après un délai de 7 jours.

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Voici l’exposé de nos résultats.

LE. — ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 10 Jours

A) ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 10 Jours PAR L'EAU MINÉRALE JEUNE. Choc le 11° jour

Premier lot : 10 injections de 2 cc.

Seéruna Goes |:

Ovalbumine : Coef., 1,5.

Caséine : Coef., 2.

Deuxième lot: 10 injections de 6 cc.

DErTHU CO...

Ovalbumine : Coef., 2,5.

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. On voit que les doses faibles, même après un traitement de 10 jours, donnent une atténuation très nette du choc, alors que l’action désanaphylactisante est infiniment moins accusée avec 6 cc. pro die,

B) ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 10 Jours PAR LA COLLOBIASE DE SOUFRE. Choc le 11° jour

Premier lot : 10 injections de 2 cc.

NÉLIPTEA COL LE 0

Ovalbumine : Coef., 2.

Caséine : Coef., 3.

Deuxième lot : 10 injections de 6 cc. Sérum : Coef. 3.

Ovalbumine : Coef. 2.

Caséine : Coef., 5,5.

st TOR

On note ici encore une diminution plus nette de la sensibilité au choc après le traitement de 10 jours par de faibles doses de collobiase (2 cc.), que par de. fortes doses (6 cc.), pour le sérum et la caséine, alors que, au contraire, la dose est indifférente dans le choc, pour le blanc d’œuf. Pour la caséine, il y a exagération de la sensibilité des cobayes à l’action déchaïi- nante, après l’administration quotidienne de 6 cc. de soufre colloïdal.

Si l’on examine comparativement l’action anti-choc d’un traitement de 10 jours par l’eau du Pré 1, jeune, et du soufre colloïdal, on constate des effets sensiblement parallèles avec les deux substances et, ainsi que pour les deux produits, une action désanaphylactisante plus nette avec une faible dose quotidienne (2 cc). L'eau du Pré exerce une action légèrement plus désensibilisante (coefficient global, 2,33), que la collobiase de soufre (c. g., 2,7).

Il. —- ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 21 JOURS.

A) ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 21 JOUR PAR L'EAU MINÉRALE JEUNE. Choc le 22° jour

Premier lot : 21 injections de 4 cc.

#4 Sérum : Coef., 3.

Ovalbumine : Coef., 5.

Caséine : Coef., 3.

Deuxième lot : 21 injections de 8 cc.

Sérum : coef., 3.

Ovalbumine : Coef. 6.

Caséine : Coef., 6. ner

L’atténuation du choc est moins marquée après un traitement de 21 jours par l’eau jeune (coef. global,

4), qu'après un simple traitement de 10 jours (coef.

global, 2,3). Là aussi, se retrouve l’action moins dé-

sensibilisante d’une forte dose (8 cc.), que d’une faible (4 cc.) (coef. global, 5 et 3). Même particularité est observée dans les expériences précédentes qui donnent un coefficient de 1,5 pour les faibles doses et de 3,2 pour les fortes doses.

B) ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 21 Jours PAR L'EAU MINÉRALE VIEILLE. Choc le 22 jour

Premier lot : 21 injections de 2 cc.

Sérum : Coef., 1.

Caséine : Coef., 4.

Deuxième lot : 21 injections de 6 cc.

Sérum : Coef., 1,5.

Caséine : Coef. 1.

Avec l’eau vieillie, utilisée ici, la dose de 2 cc. paraît insuffisante pour obtenir l’action désensibilisante vis-à-vis de la caséine, dont les chocs sont brutaux, et la dose de 6 cc., en raison même du vieillissement, exerce l’action atténuatrice, contrairement à ce qu’on

a trouvé plus haut, dans le cas de traitement par les. fortes doses d’eau minérale.

Si l’on compare les résultats désensibilisateurs de l’eau jeune et de l’eau vieille, on voit, sous réserve d'un plus grand nombre d'expériences, que l'avantage reste à l’eau conservée depuis 30 jours, employée à fortes doses. |

C) ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 21 JOURS PAR LA COLLOBIASE DE SOUFRE. Choc le 22 jour

Premier lot : 21 injections de 2 cc.

Sérum : Coef., 3,5.

Caséine : Coef., 6.

Deuxième lot : 21 injections de 6 cc.

Sérun:::C0ef:,;L.

Caséine : Coef., 4,5.

L'action anti-choc est surtout accusée avec de fortes doses de collobiase (6 cc. pro die ;coef. global, 2,7), contre un coefficient de 3,5 pour le traitement pendant 10 jours à la même dose.

Il est difficile de formuler des conclusions précises de l’ensemble de cette catégorie de recherches (traitement de 21 jours par l’eau du Pré et par la collobiase), en raison de l’absence de parallélisme absolu dans la constitution des différents lots, au point de vue de l’antigène employé et des doses injectées, le nombre des sujets, cependant considérable, que nous avans employé, étant encore insuffisant. :

PE; He

Néanmoins, outre les conclusions particulières déjà énoncées, il se dégage de ces faits l'impression générale que l’eau vieille exerce, à une dose de 6 cc., une action plus nettement anti-choc que l'eau jeune à la même dose. Celle-ci est plus efficace à des doses faibles (2 cc.), vraisemblablement pour des raisons physico-chimiques de maturation. Pourtant, cette action désanaphylactisante n’est jamais supérieure à celle de l’eau vieille. NES

Les effets de la collobiase de soufre sont à rapprocher de ceux de l’eau minérale jeune.

En élargissant notre point de vue, si nous comparons entre eux les deux groupes d’expériences dans lesquels les cobayes ont été soumis à des traitements de 10 jours ou de 21 jours par l’eau ou la collobiase, on constate que les résultats anti-choc les plus marqués ont été obtenus à la suite du traitement le plus court, puisque le coefficient anaphylactique global des cobayes traités pendant 10 jours est de 2,5, contre celui de 3,5 afférent aux animaux soumis à un traitement de 21 jours.

III. — RECHERCHE DE LA DURÉE DES: EFFETS ANTI-CHOC DU TRAITEMENT PAR L'EAU ET LA COLLOBIASE

A) ACTION ANTI-CHOC D'UN TRAITEMENT DE 21 JOURS PAR L'ÉAU JEUNE DE LA SOURCE DU PRÉ 1. Choc déclanché 7 jours après la fin du traitement.

Premier lot : 21 injections de 4 cc.

Sérum : Coef., 2.

Ovalbumine : Coef. 2.

Caséine : Coef., 3. | À

Deuxième lot : 21 injections de 8 cc. : Sérum : Coef. 3.

Ovalbumine : Coef. 3. :

Caséine : Coef. 3,5.

Le traitement de 21 jours exerce donc, dans les présentes conditions, une action atténuatrice sur les phénomènes de choc, puisque, avec 4 ec. d’eau par jour, le coefficient anaphylactique global est de 2,3, et de 3,2 avec 8 cc.

Si nous comparons les coefficients obtenus dans la série d'expériences où, après un traitement hydrominéral de 21 jours, le choc a été déclanché le lendemain de la dernière injection, avec ceux de la présente expérience, où le choc a été séparé par 7 jours de la fin de la cure, nous voyons que, dans la première caté-

gorie, les coefficients ont été de 3 et de 5 pour les doses de 4 cc. et de 8 cc. par jour, alors qu’ils s’abaissent ici à 2,3 pour 4 cc. et à 3,2 pour 8 cc.

Chose digne de remarque, la propriété anti-choc de l'eau se manifeste donc plus nettement lorsqu'un certain délai sépare les injections sulfureuses de l’injection déchainante. Il y a donc là matière à penser : que l’action désensibilisante du traitement sulfureux, qui s’observe au maximum avec des doses faibles ou avec un traitement de 10 jours seulement, se trouve contrebalancée dans une certaine mesure par une action pharmacodynamique de l’eau qui reste à préciser, sur le système vago-sympathique.

B) ACTION ANTI-CHOC D'UN ‘TRAITEMENT DE 10 JOURS PAR LA COLLOBIASE DE SOUFRE. Choc déclanché 5 jours après la fin du traitement.

Premier lot : 10 injections de 4 cc.

Sérum : coef., 3. Ovalbumine : Coef., 3,5.

Caséine : Coef., 4,2.

Deuxième lot : 10 injections de 8 cc.

Sérum» Coef.; 25.

Cvalbumine : Coef., 5,2.

: Caséine : Coef., 3,2.

La collobiase de soufre n’a eu aucune action modificatrice de la sensibilité anaphylactique des animaux traités, dans ces conditions, aussi bien à faible dose

qu’à forte dose. Peut-être même semble-t-il y avoir eu , pour les chocs ovalbumine, une légère augmentation de leur gravité, alors que les chocs caséine sont normaux ou légèrement atténués, surtout avec une forte dose de collobiase.

Les circonstances matérielles nous ayant empêché de faire un traitement de 21 jours par la collobiase, nous ne pouvons pas comparer cette expérience à la précédente. Nous la donnons à titre d’observation

expérimentale.

Conclusions expérimentales

De l’ensemble des faits exposés ci-dessus, et en nous inspirant des conclusions particulières formulées pour chaque groupe de recherches, nous pouvons ti- - rer, en manière de conclusion, les considérations sui-

vantes :

:[, — ACTION MODIFICATRICE DU POUVOIR SENSIBILISANT DES SUBSTANCES PROTÉIQUES

a) L’eau du Pré 1 exerce une action modificatrice certaine du pouvoir anaphylactogène du sérum, de l’ovalbumine et de la caséine. Mais cette propriété est beaucoup moins accusée qu'avec des eaux du type de minéralisation des eaux de Vichy.

b) Dans les mêmes conditions de mélange, le soufre à l’état colloïdal, exerce une action modificatrice un

peu plus accusée que l’eau minérale.

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