LES SOURCES
Les sources de Bagnères-de-Luchon appartiennent à la grande classe des sulfurées sodiques. Au nombre de douze seulement à la mort de l’Intendant d’Etigny en 1767, elles comprennent actuellement environ 80 griffons captés. Elles sont toutes d’origine profonde et naissent des flancs de la montagne de Superbagnères. On les divise en deux groupes principaux : les sources du Nord et les sources du Sud, ou bien, par rapport au point d’émergence, en deux groupes qui ne se confondent pas avec les précédents : sources inférieures et sources supérieures. Sources inférieures : Richard tempérée inférieure (1 et 2), Richard inférieure (1, 2, 3, 4, 5), Innominée du Nord (1 et 2), Grotte inférieure, Romains, Ferras inférieure
PU Re à
1 et 2, Richard nouvelle, Azémar, Reine, Bayen, Grotte supérieure, Blanche, Enceinte, Ferras ancienne, Ferras nouvelle, Etigny 1 et 2, Saline froide (non sulfurée), Froide du pré Ferras, Lachapelle, Bosquet (1, 2 et 3), Ancienne Sengez (1, 2, 3 et 4) Nouvelle Sengez (1, 2 et 3), Bordeu (de 1 à 7), Grande du drainage (de 1 à 10), Pré (de 1 à 7), Saule (eau acide).
Garrigou a montré que ces sources sortaient indifféremment du schiste ou du granit, exceptionnellement des failles existant entre ces deux roches. Les travaux de captage vraiment remarquables sont dus à l’Ingénieur des Mines François, de Vicdessos, qui appliqua l’art des mines au captage des sources thermales. Ses méthodes, appliquées du reste depuis à un grand nombre de stations, ont permis en particulier la protection des sources contre le mélange des eaux
froides superficielles. Le
CARACTÈRES PHYSICO-CHIMIQUES. — La composition physico-chimique des sources de Luchon que nous allons rapidement passer en revue a été surtout étudiée par Bayen, Filhol, Willm, Garrigou, Moureu et Lepape, J. Bardet. Les analyses chimiques les plus complètes que nous possédions sont dues à Filhol (Recherches sur les eaux minérales des Pyrénées, 1853-1888), à Garrigou (Monographie de Luchon . 1872), à Willm. (Les eaux minérales de France 1885.) Voiei les principaux caractères physico-chimiques.
Débit. — Filhol fit un jaugeage en mars 1875 et le Docteur H. Racine a fait paraître le résultat de ses propres travaux dans la « Revue des Pyrénées » de
RSS Le
Mai 1894. Nous empruntons à ce dernier le chiffre de 413.349 litres par jour en moyenne. Certaines stations des Pyrénées ont un débit plus considérable (2.500 mètres cubes par jour pour les sources de Bagnères-de-Bigorre).
Thermalité. — Nous devons les observations à Save, Boileau, Poumier, Fontan, Lambron, Garrigou, Filhol, au Docteur H. Racine. La termalité oscille de 29° à 65° environ.
Minéralisation totale. — Elle est faible. Le résidu fixe est voisin de 30 centigrammes par litre.
Sulfuration. — En ce qui concerne la sulfuration, une divergence d’opinions existait entre Bayen et Filhol, partisans du monosulfure et Fontan, Garrigou, partisans du sulfhydrate de sulfure. Les expériences de Garrigou ont montré que les eaux de Luchon renfermaient une grande quantité de HS combiné, émis spontanément. Le soufre, qui se dégage également à l’état de vapeurs de soufre, s’échelonne suivant les” sources et si l’on prend le monosulfure pour terme de comparaison entre 0 gr. 003 et 0 gr. 076. Le tableau de Willm, que nous donnons plus loin, indique le degré de sulfuration de chaque source. Les doses les plus élevées de monosulfure placent Luchon à la tête des stations pyrénéennes. Elles ne sont cependant pas considérables car Challes par exemple a, par litre, 0 gr. 50 en moyenne de monosulfure. Dans un récent article de la « France thermale », le Docteur R. Molinéry schématise la destinée de ce soufre naissant : ou il se concentre dans les polysulfites, ou il s’isole à