ES URE
Métaux. — Qualitativement, Garrigou a trouvé dans l’eau du Pré n° 1 les métaux suivants : fer, cobalt, cuivre, plomb, bismuth, antimoine, étain, arsenic, zinc, fluor. La source Bayen renferme une quantité appréciable d’arsenic. Parmi les autres éléments présents en très faibles proportions il ne faut pas oublier de citer les métaux rares : titane, gallium, germanium, molybdène et tungstène. Tous ces métaux sont à l’état colloïdal et Garrigou le premier leur attribua une grande importance. Il admettait également l’existence de véritables oxydases naturelles, ferments qui seraient dus à la combinaison de métaux à l’état de traces avec des matières colloïdales. J. Bardet a fait sur la polymétallisation de remarquables travaux. Rappelons au sujet de l’ionisation que les électrolytes augmentent d'autant plus que l’eau est moins riche en substance saline.
Gaz. — Filhol n'avait trouvé que des traces de CO”. Pour Willm cet élément est loin d’être négligeable et entraînerait, pour la constitution chimique, une interprétation toute différente. Dans les gaz qui se dégagent spontanément aux griffons et que l’on considérait autrefois comme exclusivement formés d’azote, Moureu et Lepape (études faites avec les sources Bordeu 1 et 2, Ferras, Enceinte, Pré 1, Saule 2) ont reconnu et dosé, en outre des gaz combustibles (6 pour 100 dans le gaz du Pré 1) les cinq gaz rares parmi lesquels environ 1/2 pour cent d’argon et 0,1 à 0,3 d’hélium, ainsi que l’émanation du radium.
AE
Electricité, — D'après le Docteur H. Racine les sources sont chargées d'électricité négative, et les plus chargées sont, cliniquement, les plus excitantes.
Afin que l’on puisse comparer les diverses sources de Luchon nous donnons un tableau emprunté à Willm indiquant le groupement hypothétique de leurs éléments.
Nous n’avons parlé que des sources sulfureuses. Pour être complet il nous faut mentionner aussi, parmi les sources non sulfurées de Luchon : les ferrugineuses de Calstelvieil, de Sourrouilhe, de Cazarilh, de Salles, de Trébons — la sulfuro-alcaline de Ravi — la magnésienne de la Pale du Mail.
Radioactivité. — Ch. Moureu et Ad. Lepape l'ont étudiée en 1908 et ont continué leurs recherches en 1920. Elles ont montré que certaines sources sont très fortement radioactives. Voici du reste ce que dit Ad. Lepape dans son rapport à l’Académie des Sciences du 18 octobre 1920 : « Ces sources présentent au point de vue de la radioactivité une gamme extrémement étendue, montant régulièrement à partir de la radioactivité banale des eaux potables (0,5 millicroruries sources Grotte, Reine, Richard) jusqu'aux très hautes valeurs, 26,6 Bordeu n° 6, Bosquet n° 4 nu 31,6 sources ferrugineuses non captées de la galerie François — et 41,5 source tiède Ad. Lepape de la galerie François. Ces dernières valeurs élèvent la station de Bagnères-de-Luchon au premier rang des stations radio-actives françaises ».