‹ Contribution à l'Étude des Eaux minérales de Busqueilles en QuercyChapitre 21 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Observations cliniques

La source de Busqueilles est encore de nos jours utilisée d’une manière empirique. Chacun y trouve un remède spé-

cifique à son mal et prend les eaux de sa propre initiative sans prescription médicale.

Néanmoins l’action thérapeutique des eaux de Busqueilles a été reconnue depuis longtemps par le corps médical. A la fin du siècle dernier encore, les médecins de la région les conseillaient, et plusieurs d’entre eux paraissaient à la source à la saison.

Plus près de nous, le Docteur AYROLES, de Bretenoux, qui a vécu de 1873 à 1948, a recueilli tout au long de sa carrière, de nombreuses observations cliniques dent nous citerons les plus caractéristiques (3).

M. B.., à Reingues, souffrant de vertiges et de quelques douleurs lombaires eut la curiosité de faire usage d’eau de Busqueilles. Il se rendit donc à la source un matin et commence sa cure. Le soir ;l éprouva un malaise qu’il ne pouvait définir. Le lendemain matin une belle crise de colique néphrétique se produisit qui dura quatre jours et amena l'élimination d’une demie cuillerée à soupe de petits graviers bruns à contours très irréguliers, aigus et plats. (Juillet 1921.)

M. V... a constaté que durant les trois années où il a suivi la cure de Busqueilles, il à eu presque au début une crise de goutte, (Juillet 1926.) |

Le docteur X.., profondément arthritique et qui prenait depuis plusieurs années les eaux de Vittel, ayant fait une cure à Busqueilles, nous écrit : Votre eau de Busqueilles a eu sur mes reins un effet diurétique puissant. Je l’ai prise pendant une quinzaine de jours : la dose de 1 litre par jour environ. Pendant les onze premiers jours, j'ai rendu à chaque miction une certaine quantité de sable rouge, et cela dès le premier jour. Puis le phénomène a cessé, sans doute faute de matière à expulser, car la diurée a persisté abondante tant que j'ai pris ces eaux,

re es

… Nous avons expérimenté l’eau de Busqueilles dans un cas d’albuminurie grave chez un enfant de 14 ans.

Cet enfant avait eu la fièvre scarlatine au berceau; depuis il n’avait jamais souffert des reins lorsqu’au mois de septembre dernier, à la suite d’un refroidissement, il fut pris d’œdèmes de la face et malléolaires et présenta d'emblée 1 gr. 50 d’albumine. Malgré les soins donnés, cette dose ne fit qu'’augmenter, l’æœdème gagna les séreuses et au mois de mars une ponction péritonéale devint nécessaire. Je retirai 7 litres de liquide, Un mois plus tard, l’épanchement avait disparu, l’urine était tellement rare qu’on pouvait en recueillir à peine pour faire une analyse. elle présentait à ce moment 8 gr. d’albumine. Une deuxième ponction me permit de retirer 10 litres d’eau. Sur les conseils d’un confrère, j’essayai de donner de l’eau de Busqueilles à mon malade. Je dois ajouter que, concuremment, il prenait tous les jours 1 gr. 50 de théobromine. Depuis, non seulement l’épanchement abdominal n’a pas reparu, mais les œdèmes se sont résorbés peu à peu, l’enfant recouvrait la santé à vue d’œil, et aujourd’hui n’a plus du tout d’albumine. Ce résultat se maintiendra-t-il? Je me contente de signaler le fait acquis. I1 semblerait des plus probants.

B…., à Saint-Paul-du-Vern, atteint depuis plusieurs années de néphrite chronique avec albuminurie et crise aiguës avec urémie et paralysie vésicale.

L’évacuation n’est possible qu’à la sonde jusqu’à une quantité d'urine d’environ deux litres dans la vessie.

Après deux saisons consécutives en 1908 et 1909 à Busqueilles, l’albumine a diminué dans les urines d’environ 50 %, et la possibilité d’uriner sans sonde commence à partir d’un demi litre seulement dans la vessie.

Citons aussi deux observations du Docteur DELPRAT, d’Autoire, dont l’une fort intéressante sur un cas de diabète.

X... issu de souche neuro-arthritique, ayant des fonctions digestives troublées, irrégulières, est atteint depuis son enfance de migraines intenses, mal à l’aise dès son réveil, constipé. Il se plaint de douleurs sus-orbitaires qui tantôt disparaissent, tantôt s’aggravent de vertiges, de nausées, puis de vomissements bilieux.

Une saison de 15 jours à la fontaine de Busqueilles à dose moyenne de 2 litres provoque une diurèse abondante et quelques selles liquides. Au bout de quelques jours de traitement, le réveil est normal, il n’y a plus de malaises ni de vomissements.

Le malade se trouve complètement soulagé au 15° jour. (Observation communiquée au Dr AYROLES le 25 septembre 1910.)

XD TLS ans, se plaint de polydipsie, de lassitude, de prurit. L’analyse des urines donne 45 grammes de sucre avec 4 litres d’urine par 24 heures. C’est un diabétique, arthritique, obèse, hémorroïdaire, atteint de constipation opiniâtre.

Le 15 juillet 1909, il boit six verres à la source de Busqueilles, et augmente progressivement jusqu’à douze verres. Il obtient une diurèse abondante dans la matinée, et des selles molles. Peu à peu, dès le cinquième jour, il n’urine plus autant et sa soif diminue.

Le 22 juillet, pas de prurit, sensation de bien-être. L’analyse donne 10 gr. de sucre.

Le 30 juillet, 4 gr. de sucre.

lrers août, le malade très amélioré cesse le traitement. (Observation communiquée au Dr Avrores le 26 juillet 1910.)

A la suite d’une cure à la source de Busqueilles, le Docteur DUFoUR, d’Allassac, en résumait les effets en ces termes :

Ces eaux produisent une véritable saignée urique. Elles nettoient le filtre rénal, excitent et facilitent le fonctionnement du foie et des glandes intestinales. Comme conséquence elles décongestionnent le cerveau, augmentent l’appétit, régularisent et procurent une meilleure assimilation. (Observation communiquée au Dr AYrROLESs le 1 juin 1920).

De ces quelques observations relatives à l'emploi des eaux de Busqueilles, il ressort deux indications cliniques certaines :

— une action diurétique, et, — une action laxative,

auxquelles s’ajoute, sans doute, un léger effet antianémique dû à la petite quantité de fer qui s’y trouve dissous.

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