CHAPITRE Il
Expérimentations
Plusieurs expérimentations relatives, à l’action laxative ayant été pratiquées avec d’autres eaux sulfatées calciques et magnésiennes, nous avons effectué l’étude expérimentale de l’eau de Busqueilles pour établir particulièrement sa valeur diurétique et son action sur les variations du taux de la calcémie (25), (40).
Techniques employées. — Comme animal d’expérimentation nous avons choisi le chien, sa taille et son volume nous permettant d’effectuer nos essais dans les meilleures conditions.
C’est ainsi que pour l’étude de la diurèse nous nous sommes adressés à des chiens pesant entre 6 et 8 kg.
Ces animaux n'avaient jamais au préalable reçu d’eau minérale et étaient à jeun depuis 24 heures avant chaque expérimentation.
Nous avons employé comme anesthésique le chloralose pur dont nous injections, par la voie intraveineuse, 10 cmÿ par kg. de poids vif, d’une solution à 10 gr. par litre, ce qui procurait une anesthésie de quatre heures environ, durée de chaque expérimentation.
L’anesthésie pratiquée au chloralose a été choisie car elle permet de maintenir l’animal soumis à l’expérimentation dans un sommeil profond, éliminant les contractions musculaires qui peuvent fausser les mesures et augmenter la ventilation pulmonaire. D’autre part, l’action du chloralose sur la diurèse est bien connue à la suite des travaux de SANTENOISE. Pour cet auteur, « l’anesthésie au chloralose, à la condition d’être minutieusement réglée, permet d’obtenir un débit urinaire parfaitement régulier, et dans ces conditions le chloralose s'avère dépourvu de toute influence
susceptible de modifier ce débit de façon durable et de nature à perturber l’évolution réelle et normale des résultats de l’expérience » (39). En outre, nous avons toujours rigoureusement opéré dans les mêmes conditions d’anesthésie pour l’eau de Busqueilles comme pour l’eau témoin.
L’eau de Busqueilles, prélevée le plus récemment possible au griffon et conservée dans des récipients à l’abri de Pair, était administrée à la température du griffon, à la dose de 20 cm° par kilogramme de poids.
Afin d'éviter la variation de lélimination pulmonaire, nous maintenions l’animal pendant toute la durée de l’expérimentation à une température constante entre 18° et 20° C. suivant la température extérieure.
Avant toute opération, le chien était pesé sur une bascule à réglette permettant d'apprécier le gramme.
Après évacuation de la vessie au moyen d’une sonde urétrale, que nous laissions en place jusqu’à la fin de l’expérimentation afin d'évaluer d’une manière précise le volume urinaire, nous faisions absorber l’eau au chien par sonde œsophagienne à la dose de 20 cm3 par kg. de poids. Sur les premières urines, provenant de l’évacuation de la vessie, nous dosions l’urée et les chlorures.
Ces opérations terminées, nous replacions l’animal sur la balance où il était à nouveau pesé, ce poids étant celui du temps t. mentionné sur nos courbes.
Simultanément tous les quarts d’heure nous mesurions le volume urinaire émis ainsi que la perte de poids représentant le poids d’urine émise et la ventilation pulmonaire.
Sur chaque chien deux expérimentations furent effectuées dans des conditions identiques après un repos de quinze jours
a) Avec de l’eau déminéralisée, b) Avec l’eau de Busqueilles.
Il nous a paru nécessaire d’opérer une épreuve de diurèse avec de l’eau déminéralisée afin d’avoir une échelle de comparaison, sachant toutefois qu’une eau totalement déminéralisée n’existe pas dans la nature.
Enfin, pour essayer de déterminer quelle sorte de diurèse provoquait l’eau de Busqueilles (aqueuse, azotée, chlorurée) nous avons recherché sur les divers échantillons des urines recueillis dans nos expérimentations, les variations des taux de la concentration uréique et des chlorures ainsi que leur débit par trente minutes.
Pour l’étude de la calcémie, l’eau de Busqueilles était ad-
sie
ministrée par sonde œsophagienne aux doses de 10 et 20 cm° par kg. de poids à des chiens anesthésiés au chloralose.
Les prises de sang étaient effectuées à l’artère carotide. Nous avons pratiqué la première avant l’administration de l’eau afin de contrôler les calcémies des animaux.
Après l’absorption de l’eau, temps t mentionné sur nos courbes, nous faisions quatre prises de sang dans la pre- mière heure, deux dans la deuxième, et la dernière au bout de trois heures.
Nous avons utilisé, pour le dosage du calcium, la méthode de KRAMER-TISDALL modifiée par CLARK-CoLLIP (44).
Dans cette technique le calcium est précipité directement du sang à l’état d’oxalate. Ce dernier est titré au moyen de permanganate de potassium.