‹ Contribution à l'Étude des Eaux minérales de Busqueilles en QuercyChapitre 6 sur 33 · TER · texte numérisé non relu

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rure de magnésium provient d’un dépôt laissé par la mer. Seuls les gaz rares restent les témoins impassibles de cette évolution.

Ces ‘eaux sont froides, c’est-à-dire à la température moyenne du sol à une faible profondeur : eaux de surface comme toutes les eaux sulfatées et bicarbonatées calciques et à débit peu élevé en général.

Leur action est connue depuis très longtemps et toutes les sources minérales du Lot ont joui d’une certaine renommée locale; quelques-unes seulement ont été étudiées et ont reçu un aménagement approprié pour leur exploitation et pour la commodité des buveurs.

D’après leur composition chimique, nous peuvons classer les eaux minérales de notre région en

— Eaux bicarbonatées calciques faibles;

— Eaux sulfatées calciques, sodiques et magnésiennes;

— Eaux sulfatées calciques, sodiques, chlorurées magnésiennes.

Les eaux les plus connues dans le département et actuellement exploitées d’une façon rationnelle sont les eaux de Saint-Martial et celles de Miers. La voix populaire apparente presque toutes les autres à ces dernières, bien qu’elles s’en distinguent par leur minéralisation. Cette différence est exprimée lorsqu'on dit que l’eau de Miers pèse quelques grains de blé de plus — le grain de blé, classificateur des sources — formule imprécise qui montre combien le précieux grain à conservé sa valeur mystique depuis la légende mythologique du don de Déméter.

La constitution géologique du département du Lot est très variée. A partir de formations archéennes, on y ren- ‘contre successivement des formations appartenant aux ères primaire, secondaire et tertiaire. Ces couches successives apparaissent sensiblement dans leur ordre naturel, si on descend la pente suivant laquelle il est incliné du nord-est au sud-ouest (14). Aussi peut-on définir d’une façon à peu près complète son système hydrogéologique.

La partie la plus orientale du département est constituée par les derniers contreforts du Massif Central, formés de roches cristallines ou granitiques et de roches schisteuses. Ces terrains primitifs constitués de granits, de gneiss, de mica-schistes, forment la région qui porte le nom de Ségala. Elle confronte aux départements de la Corrèze, du Cantal, de l’Aveyron.

Les mouvements du sol qui ont donné naissance à la

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chaîne hercynienne ont eu comme conséquence l’émersion d’une région recouverte pendant la période carbonifère d’une riche végétation uniquement composée de plantes sans fleurs, cryptogames vasculaires : fougères, prèles, mousses, lycopodes et algues. Il en est résulté la formation d’un bassin houiller assez étendu entre Figeac, Saint-Perdoux et Lacapelle-Marival (47).

Suivant leur situation topographique, les terres formées sur les massifs granitiques, par suite de la « kaolinisation » des feldspaths et de la « ferratisation » des micas, sont des arènes, c’est-à-dire des sables argileux dans lesquels l’argile se présente sous la forme cristalline de kaolinite. Ces terres perméables sont totalement dépourvues de chaux et supportent en général la végétation des sols acides : fougères, bruyères, digitales, genêts, ajoncs épineux, châtaigniers, bouleaux, hêtres, ainsi que la culture du seigle, du sarrasin et de la pomme de terre (2).

Aux terrains éruptifs des massifs primaires sont associés des terrains métamorphiques ou cristallophylliens, dont les principaux sont les micaschistes ou schistes cristallins, qui s’altèrent en surface pour donner eux aussi des sols dépourvus de chaux et appartenant à ceux que l’agronome français DE GASPARIN appelait des glaïses meubles.

Le Ségala est parcouru de petits ruisselets qui « courent à la surface du sol » et-dénotent ainsi de l’imperméabilité des terrains sousjacents. Son caractère hydrologique est la dissémination des sources à faible débit; en maints endroits on trouve de l’eau, mais peu abondante pour les agglomérations. À noter quelques sources plus importantes, comme celles de Terrou, de Saint-Paul-de-Vern, de Saint-Cirgues, dues à des veines aquifères qui se sont formées dans des failles de schistes cristallins provenant des fissures du sol et qui ont permis d’amener des eaux, non seulement de pénétration locale, mais de remontée plus lointaine (2).

Le massif hercynien est limité par une bande assez étroite de terres triasiques, souvent hachée de, failles, qui commence à Saint-Céré, se dirige vers Lacapelle-Marival et Figeac. Elle est constituée par des arkoses, des grès bigarrés, des marnes irisées et des calcaires.

À deux kilomètres de Lacapelle-Marival jaillit la source « du Bois Bordet », « du sein même des roches de mélaphyres ». Cette eau très pure, étudiée par le D' CADIFERGUES, classée parmi les eaux à faible minéralisation, a été comparée aux eaux d’Evian, Thonon, etc... (9).

Les. terrains de l’ère secondaire forment la plus grande partie du département, car à cette époque la mer s’étendait sur presque tout son emplacement et y déposait lentement une sédimentation abondante (47). Cette mer avait au début les caractères d’une mer profonde; aussi, pendant le Lias moyen et le Lias supérieur, les sédiments sont argileux, leurs affleurements constituent le pays de riche culture et de pâturage appelé Limargue, qui limite le Ségala. Le Limargue s'étend sur deux régions qui se relient en direction l’une-de l’autre sans se rejoindre : celle de Strenquels, Les Quatre-Routes, Vayrac, Saint-Céré d’une part, et celle de Rudelle à Camboulit (26). La superposition des couches de bas en haut est reconnaissable à partir de l’Infralias ou Rhétien gréseux (sables blancs qui affleurent au nord de Saint-Vincent-de-Pendit) et du calcaire marneux en plaquettes, calcaire dolomitique, au sud d’Autoire ainsi qu'aux environs de Cornac. La plus grande partie du Limargue est constituée par le Charmouthien ou Lias moyen, avec ses calcaires lithographiques et ses calcaires bleuâtres ou jaunes séparés par de faibles couches de marnes grises ou roussâtres. Aux environs de Miers, le Lias moyen constitue tout un petit massif de collines formé par des marnes argileuses très fossilifères. Le Toarcien ou Lias supérieur est représenté par des marnes bleues, souvent très calcaires, et des argiles schisteuses formant seulement une bande de un kilomètre de large environ allant de Miers à Boussac. Cette zone est le point de départ près d’Alvignac d’un banc coquillier caractéristique avec une gryphée : l’Ostrea Beaumonti (les falaises du cirque de Gintrac sont formées du même calcaire).

Ces terrains sont constitués par des bancs épais de calcaire marneux et argilo-gréseux presque imperméables dans leur masse qui donnent des sols riches, favorables aux prairies et à la culture du blé; leur végétation verdoyante tranche au milieu des autres aspects de la région quercinoise.

- Au point de vue hydrographique, par sa constitution géologique, par la prédominance des marnes, cette contrée est pauvre en eau. La couche argileuse qui domine les bancs calcaires ne permet ni une infiltration profonde des eaux métécriques dans le sol, ni un niveau aquifère abondant (2).

Dans cette région se trouvent, au bas des coteaux, de nombreuses sources minérales présentant les mêmes caractères d'eaux sulfatées sodiques magnésiennes : Bio, Rueyres, Thégra, Miers, Gramat (4) (10). Ces eaux, disent DURAND-FARDEL et DUJARDIN-BEAUMETZ, sont les seules en France où les eaux sulfatées sodiques sont si rares, dans

lesquelles le sulfate de soude se trouve nettement accusé, ce qui rapproche ces sources des eaux célèbres de Bohême, Carlsbad, Marienbad, etc... (18) (17).

Des travaux de forage atteignant 18 mètres de profondeur, effectués en 1941 par M. ROUGEYROLLES, pharmacien à Gramat, à la source Bonnet, ont démontré l’existence d’un même filon d’une nappe d’eau saline s’étendant sous le plateau, laissant parfois des plaques de cristaux de sulfate de soude et de magnésie.

Cette bande liasique ou Limargue passe sous la région la plus caractéristique du Quercy : les Causses.

Pendant le jurassique moyen et le jurassique supérieur, la mer a déposé toute une sédimentation calcaire provenant des dépôts animaux et des boues formées à leurs dépens et qui, en se consolidant, ont donné naissance à la gamme variée des roches dures et compactes supportant de nos jours ces plateaux généralement arides, aux glèbes toujours sèches et presque dénudées que sont les Causses.

Dans les Causses de la bordure orientale du Quercy, ce sont les couches des assises inférieures qui affleurent. Par exemple, les étages du Jurassique moyen dans les Causses de Martel, de Padirac, de Livernen : calcaires oolithiques, blancs compacts, généralement dolomitiques, riches en fer (Bajocien), calcaires à grains fins se délitant facilement en plaques sublithographiques (Bathonien). Par exemple, au contraire, les étages du Jurassique supérieur constituent les Causses tels que ceux de Souillac et de Rocamadour calcaires à grains fins à la base, subcrayeux au-dessus et blancs, oolithiques au sommet (Oxfordien), — à dalles ou plaquettes à la base, calcaires lithographiques et marnes au milieu, durs au sommet (Kimmeridgien), — calcaires sublithographiques, purs, compacts, peu argileux (Portlandien (2).

Ces régions calcaires sont recouvertes d’une mince couche de terre rougeâtre formée d’argile de décalcification mêlée à une grande quantité de pierres. Elles sont crevassées, fissurées, remplies de gouffres et de cavernes, dont le nombre en Haut-Quercy dépasse plusieurs centaines (Padirac, Presque, Lacave, Cabrerets, etc...) (32).

La fissuration de ces terrains est très grande. Toutes les eaux qui tombent sur le Causse sont immédiatement absorbées et les fissures laissent le sol toujours à sec. Ces eaux cheminent de diaclase en diaclase, de grotte en grotte, en se réunissant pour former de véritables rivières souterrai-

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nes, comme celle de Padirac, et débouchent au pied des falaises, où elles forment des sources pérennes.

En 1913, M. A. VIRE, pratiquant à Assier des forages pour la recherche d’un filon carbonifère, fit jaillir une source sulfureuse à faible débit, d’une température de 18° C (47). Dans le plissement de Livernon, deux sources froides peu abondantes, de même nature, sont utilisées depuis longtemps par les habitants de la région contre les dermatoses. L'origine de ces eaux est due à la transformation du sulfate de chaux en sulfure ou au passage de l’eau dans du calcaire bitumeux, « la pierre qui brûle ».

Dans le pays voisin du département de la Dordogne, les calcaires jurassiques du Quercy sont recouverts par les calcaires crétacés, qui atteindront toute leur extension en Périgord. Ce crétacé supérieur est discordant à sa base sur le Jurassique quercinois et comprend, en ce qui concerne le département du Lot, les étages suivants

— Turonien : calcaires blanchâtres compacts;

— Coniacien : calcaires tendres ou gréseux, avec de petits lits de marne;

.— Santonien : calcaires glauconieux à silex, bien détritiques.

La surface de ce pays était recouverte à l’époque tertiaire par des argiles sableuses rougeâtres, à graviers quartzeux du type dénommé sables du Périgord. Celles-ci ont des points communs avec le Sidérolithique, qui fut surtout formé par décalcification des Causses.

Au point de vue hydrologique, nous avons deux types de circulation aquifère : celle en fissures dans les calcaires, celle en nappes dans les sables.

Les deux tiers occidentaux de la partie méridionale sont formés par des terrains tertiaires, appartenant à l’époque oligocène, constitués par les argiles marneuses et des calcaires d’eau douce, blancs et terreux, peu durs, constituant la région dite du Quercy blanc. Cette contrée appartient au grand bassin d'Aquitaine, bassin sous-pyrénéen (2).

Au pliocène et durant l’ère quaternaire, les cours d’eau approfondissent leur lit, produisent les pittoresques escar-

ements des vallées du Lot, du Célé et de la Dordogne. Le sol des vallées est fonction des terrains où ces rivières prennent naissance, dépôts anciens et récents apportés par les eaux. Les affluents du Lot, de la Dordogne, la Bave, qui prennent naissance dans des formations primitives, traver-

sent des régions pauvres en chaux et fournissent des alluvions souvent acides, particulièrement dans la vallée de la - Dordogne.

C’est dans la vallée de la Bave que se trouve la source de Busqueilles, objet de notre étude.

La circulation des eaux souterraines constitue un des plus importants chapitres de la géologie dynamique. En étudiant la constitution géologique du département du Lot, nous avons vu son influence sur son hydrographie et la grande variété de régime hydrologique qui se présente dans le département : nappes régulières à grande extension, comme celles de la vallée de la Dordogne, nappes diffuses dans le fond des vallons sur calcaires, réseaux discontinus en diaclases élargies avec toutes les modalités de l’eau des grottes (résurgences, fontaines vauclusiennes, etc.….).

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