I. - Eau du Pavillon embouteillée
Analyse d’une eau de la source “Pavillon” d’origine relativement ancienne.
Plusieurs auteurs ont signalé que l’eau de Pavillon se conservait assez mal; on a prétendu que consommée loin de la source, elle provoquait des troubles digestifs, que pendant la conservation elle perdait une partie de son gaz carbonique, et devenait par ce fait, moins facile à digérer.
Mamelet, par contre, affirme que dans des bouteilles bien bouchées, l’eau se conserve parfaitement pendant longtemps et qu’elle peut se gâter dans des bouteilles mal bouchées.
J’ai eu la bonne fortune de trouver, au Laboratoire d’'Hydrologie, de l’eau de la source de Pavillon assez ancienne. En se référant aux indications des étiquettes, la Société des Eaux m’a fait savoir que l’eau avait été embouteillée en octobre 1924. J’ai fait l’analyse des principaux éléments, mais la quantité d’eau dont je disposais ne m’a pas permis de faire une analyse aussi complète que pour les eaux d'octobre 1931. J’ai pu néanmoins établir une comparaison entre la minéralisation à sept années d'intervalle de la principale source de Contrexéville. En même temps j'ai pu vérifier, que l’eau s’était très bien conservée, tout au moins au point de vue chimique. Ces bouteilles avaient reçu un bouchage métallique, isolant l’eau du liège. Je n’ai remarqué aucun dépôt sur les parois de la bouteille,
le goût était normal, l’odeur nulle et la limpidité parfaite. On peut donc dire qu’il n’y a pas eu de perte d’acide carbonique qui aurait entraîné un dépôt de carbonate neutre de calcium. D’autre part, il n’y a pas de réduction de sulfate de calcium par une matière organique, laquelle aurait engendré un sulfure. On peut donc dire qu’une eau bien conservée dans les conditions normales ne s’est pas altérée dans un délai bien supérieur à celui de la conservation dans le commerce.
Source du Pavillon
Eau embouteillée à l’Usine en Octobre 1924.
Eléments dosés Octobre 1924 Octobre 1931 CAC NE ONE 573 575,7 Magnésium (Treadwell) ... 52;3 50 (OXVAUINOléIMe) Er. 45,2 44,3 ToniSUlate EE rente 1276,3 1280 Ton carbonate (CO*) ...... 175,2 176,4 Ton chlore mere ere de 5,8 6 SIC MEME ME re nn 11,5 1175 ÉXITAIL SEC ee co no 2231 2241 PXIDANMSUITATÉ A APCE RER 2187 2222
Alcalinité totale en CaO... 163,5 164,6
Interprétation des résultats
Variation de la minéralisation des eaux des six sources
prélevées le même jour (22 octobre 1931).
Lorsque l’on compare les résultats analytiques des eaux prélevées le 22 octobre 1931 (tableau p. 1E on voit immédiatement que les eaux des six sources de Contrexéville forment deux groupes.
Dans le premier il faut ranger Pavillon, Le Clerc, Quai et Prince; dans le second : Souveraine et Duchesse.
L’extrait sec et l’extrait sulfaté sont voisins de 2.200 pour le premier groupe, de 1.600 pour le second.
Le taux de calcium est environ de 575 pour les quatre premières sources et de 400 pour les deux autres. Le magnésium est à peu près de 44 pour les sources du premier groupe et de 54 pour celles du deuxième. L’ion sulfate se rapproche de 1.300 pour Pavillon, Le Clerc, Quai et Prince et de 900 pour Souveraine et Duchesse.
Pour la silice et pour le chlore, la même distincon est nécessaire, mais ici, la quantité de matière dosée ne permettrait point d'établir, sur ces seuls indices, la distinction que nous avons vue.
En se reportant au plan des sources (p. 58), on remarquera que les sources Souveraine et Duchesse sont précisément très voisines, tandis que les quatre autres s’alignent sensiblement sur une même droite éloignée des deux premières sources. Evidemment, il y a des différences individuelles entre les représentants de chaque groupe; on notera que Le Clerc est nettement moins minéralisé que Pavillon, l’écart de 5 % environ est beaucoup moins grand que celui Pavillon-Souveraine.
Dans le premier groupe, Quai et Prince se distinguent nettement de Pavillon et Le Clerc, par la présence d’une petite quantité d’arsenic, faible il est vrai, mais visiblement supérieure à celle que contiennent Pavillon et Le Clerc, et Souveraine et Duchesse.
Au moins pour Prince, la quantité d’ion phosphate est aussi supérieure à celle des autres sources. Les dosages de fer, évidemment, ne concordent point avec cette distinction, mais comme une bonne partie du fer peut échapper à l’eau, par formation d’oxyde ferrique, sous l’influence de l’oxygène de l'air, on ne peut afirmer que le dosage du fer représente bien la minéralisation primitive de l’eau.
Il semble donc que les eaux de Contrexéville proviennent de deux faisceaux souterrains d’eau minérale, l’un plus minéralisé que l’autre; au cours de leur remontée vers le jour, les filets aqueux de chacun de ces faisceaux ont dû se charger plus ou moins de certains éléments, comme l’arsenic, se diluer plus
ou moins sous l'influence des nappes supra ou medio conchyliennes, ce qui explique les légères variations individuelles de chacune des sources.