CES
Variations mensuelles des différentes sources
Pour le premier groupe des sources que j'ai dis-. tingué, les chiffres des dosages mensuels montrent des variations très faibles pendant les cinq mois : Octobre, Novembre, Décembre, Février, Mars.
Le mois de janvier se distingue par une réduction notable — 10 % environ — de la minéralisation totale. La chute simultanée pour ces quatre sources, a été suivie en Février d’un redressement presque complet. Il faut remarquer aussi que le rapport So*/Ca, pour la source Pavillon, est sensiblement constant pour les cinq mois où la minéralisation ne varie guère, et que ce rapport est sensiblement altéré lorsque la minéralisation faiblit. Ce qui paraît bien confirmer l’individualité du groupe Souveraine et Duchesse, c’est que la chute de minéralisation s’y est montrée plus faible que dans le premier groupe, au mois de Janvier 1932, et qu’au lieu de redressement, la chute a continué en Février et Mars, plus sensiblement pour Duchesse que pour Souveraine.
L’eau de Pavillon embouteillée en octobre 1924, comparée avec celle d'octobre 1931, montre des différences extrêmement faibles, les extraits secs ne diffèrent que de 0,5 %, les écarts sont souvent de
l’ordre de grandeur des erreurs analytiques. On voit donc, si l’on néglige quelques oscillations brusques de la minéralisation, que l’eau de la source Pavillon s’écarte très peu d’une valeur moyenne.
En regard de ces résultats, je rapporterai ceux de Braconnier qui sont cités dans le travail de MM. Bordas et Guillerd [5].
« Braconnier a suivi, de janvier à juin 1879, chaque mois, le débit et la composition chimique de la source Pavillon. Il a obtenu les résultats suivants :
Débit Chlore SO4 Ca Mg JADNVIeT Pare ce tot 7 1272 588 19 unie 22 la 8 1296 600 25
« On voit qu’en s’avançant dans la saison sèche le débit avait diminué de 15 % à mesure que la minéralisation progressait de 2,5 %. Cet auteur a enregistré des variations du même ordre sur les autres sources naturelles de Contrexéville. »
En somme, cet auteur n’a pas observé de variation brusque de la minéralisation, sauf peut-être pour le magnésium, mais les méthodes de dosage de cet élément en 1879, ne permettent pas d’être très affirmatif sur les variations notées par Braconnier.
On peut se demander quelles sont les causes qui ont provoqué en janvier 1932 la chute sensible de la minéralisation de l’eau de Pavillon et des sources satellites.
Comme il n’y a point de raison de douter de l’origine météorique des eaux minérales de Contrexéville,
je me suis demandé si la variation observée était en rapport avec des chutes de pluie ou de neige abondantes. En toute rigueur, il eût fallu faire des observations météorologiques aux abords immédiats de Contrexéville mais comme de telles observations n'étaient pas organisées minutieusement, j'ai eu recours aux observations de l’Office National météorologique faites à Epinal à 40 kilomètres à l'Est de Contrexéville. Je remercie M. le Directeur de lOffice National Météorologique qui m'a très aimablement communiqué les indications de chutes d’eau et de neige, du 22 octobre au 20 janvier.
La personne chargée du prélèvement des eaux à Contrexéville m'a communiqué les observations météorologiques qu’elle a pu faire aux abords des sources. En comparant les résultats à Contrexéville (p. 92) avec les résultats ci-dessous, on verra que les chutes d’eau et de neige concordent dans les deux endroits aux dates des prélèvements.
La quantité de pluie tombée dans la région a été un peu moins abondante en novembre qu’en décembre, mais on note à la suite d’une période pluvieuse une chute importante de neige à partir du 29 Décembre 1931, jusqu’à 17 centimètres le 30 Décembre 1931. Cette couche de neige a fondu à partir du 4 Janvier 1932. Il n’est pas douteux que le brusque dégel de cette masse considérable de neige a pu apporter quelque trouble dans les nappes d’eau du sous-sol de la région. L’augmentation de cette réserve d’eau souterraine peut influer sur la minéra-
Extrait des observations d’Epinal
à 390 m. d’altitude et à 40 km E. de Contrexéville, communiqué par l’Office National Météologique Hauteur d’eau météorique en millimètres
1931 Octobre Novembre Décembre | Janvier