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leur moyenne, idéale si l’on peut dire, du segment anthropométrique correspondant. C’est à nous, dans chaque cas particulier, en tenant compte des données précédentes, de calculer cet autre segment, corrigé suivant la complexion, la musculature et l’âge, que nous appellerons désormais le segment normal. |
D'autre part, la valeur du segment réel de l’individu que nous aurons à étudier, nous sera très simplement donnée à l’aide de deux mesures bien faciles à prendre, la taille exprimée en décimètres, et désignée par la lettre H, et le poids, ou P, exprimé en kilogrammes. Les différences de poids entre le segment normal et le segment réel suffisent à nous faire connaître la composition de ce dernier segment.
Si le poids du segment réel est supérieur à celui du segment normal, l’excès est uniquement attribuable à la graisse, et la différence entre ces deux segments, augmentée du poids de la graisse du segment normal, nous donnera le poids de la graisse du segment réel.
Si le poids du segment réel est inférieur au poids dn segment normal, c’est une conséquence de l’amaigrissement. Or, comme pour chaque kilogramme d’amaigrissement, le corps perd 210 grammes de graisse et 141 grammes d’albumine fixe, un simple calcul permet facilement de déterminer les valeurs respectives de l’albumine fixe et de la graisse du
segment réel. On désigne la première par la fraction et
H sde G ] à
la seconde par la fraction H: Ces données une fois acquises,
et en multipliant pour chaque malade les valeurs de n et
G de jp Par le nombre de segments que contenait chaque individu, c’est-à-dire par la taille H exprimée en décimètres,
nous avons obtenu l’albumine fixe totale À et la graisse totale G, de tous nos malades.
hs:
A |: ue
En comparant les valeurs des segments anthropométriques réels et normaux, c'est-à-dire en divisant le segment réel par le segment normal, nous avons obtenu la notion de cor: pulence; divisant de même la graisse du segment réel par celle du segment normal, nous avons déterminé l’adiposité.
En suivant les règles instituées par M. Bouchard, nous avons donc déterminé la quantité de la substance vraiment active que renferme le corps du tuberculeux, à savoir, la masse de l’albumine fixe qu'il contient. Nos analyses urinaires, poursuivies dans les conditions que nous avons déjà précisées, nous ont renseigné sur la quantité d'azote total, et par suite d'albumine, élaborée par heure et par kilogramme d’albumine fixe chez nos malades. Comparant ces résultats à ceux fournis par M. Bouchard pour les différents âges chez les hommes normaux, c'est-à-dire en faisant le rapport de l’albumine détruite par le kilogramme d’albumine chez le tuberculeux, à l’albumine détruite par le kilogramme d’un individu normal de même âge, nous avons déterminé ce qu'est réellement cette désassimilation en ce qui concerne les albuminoïdes, c’est-à-dire l'activité histolytique.
Mais ces premiers résultats, pour intéressants et nouveaux qu’ils soient, ont besoin d’être corrigés, car 1l n’y est pas tenu compte d'un dernier facteur dont l'importance au point de vue des échanges nutritifs, soupçonnée depuis longtemps, a été mise en lumière par M. Bouchard, c’est la surface corporelle et ses variations par rapport au poids de l’albumine fixe totale. « 1 ne suffit pas, en effet, de savoir quelle masse de matière agissante il y a dans le corps, il importe de savoir mesurer l'intensité des excitations qui provoquent son action, et qui la provoquent non d’une façon intermittente et fortuite, mais qui la mettent en jeu d’une façon continue, indépendante des variations extérieures, d’une façon pour ainsi dire constitutionnelle, c’est-à-dire liée à l’architecture même du corps. C’est dire que cette excitation des actes nutritifs,
nous ne la rechercherons ni dans la nature, ni dans la quantité des aliments, ni dans l’intensité du travail musculaire, intensité variable à volonté et que nous pouvons supprimer sauf dans la partie restreinte qui accomplit la mécanique de la respiration. Nous pouvons nous imposer le repos absolu, nous n’en avons pas moins un besoin d’énergie provocateur de destruction de la matière; et ce besoin vient de ce que notre température corporelle étant supérieure à celle de notre milieu, il en résulte pour nous une perte incessante de calorique. Cette perte de calorique, ce besoin d'énergie sont proportionnels à l’étendue de notre surface cutanée (1) ». Pour la détermination de la surface corporelle, nous avons encore eu recours aux règles instituées par M. Bouchard, et pour l'étude desquelles nous ne pouvons que renvoyer au 7raité de Pathologie générale (2); nous dirons seulement que la formule employée pour déterminer la surface est fonction du poids, de la taille et du tour de taille.
Connaissant la surface S, nous avons obtenu par une simple
ESS division A surface d'émission au kilogramme d’albumine fixe. Plus cette surface est grande, plus est intense l'incitation à la destrucion et à la désassimilation, c’est-à-dire plus élevée est l’excilalion catalytique, et la mesure de cette excitation s'obtient
la quantité de décimètres carrés qui servent de
rt! ‘ S en divisant la surface par kilogramme d’albumine fixe, le F
du segment réel par = du segment moyen.
Connaissant d’une part la quantité d’albumine fixe détruite par vingt-quatre heures, et d'autre part la masse totale de
l’albumine fixe du corps, nous avons pu, en établissant le rap-
(1) Boucrarp: Leçons projessées à la Faculié de Médecine, en 1897 (Semaine Médicale.) (2) La surface corporelle, p. 197.
port de l’une à l'autre, savoir en combien de jours se renouvelle cette matière vivante du corps, et comparer son évolution à celle que subit l’albumine chez l'individu normal (en moyenne elle se renouvelle en cent à cent-cinquante jours, laps bien éloigné de celui que la tradition a fixé arbitrairement à sept ans pour la rénovation du corps).
Après avoir pris connaissance de la quantité d’albumine détruite chez le tuberculeux, nous avons abordé l’étude de la qualité de cette destruction. Le terme ultime de la dissociation de l’albumine tend à la production de Purée, le mécanisme des diverses transformations intermédiaires étant du reste encore l'objet de théories diverses et contradictoires. Mais il est certain que le processus destructeur peut être plus ou moins complet et plus ou moins imparfait. « La matière, dit M. Bouchard (1), peut s’attarder à des stades intermédiaires ; des corps à existence d'ordinaire fugitive peuvent, en durant un peu plus longtemps, manifester leur présence réelle dans les humeurs ou apparaître aux émonctoires. » Après l’étude des variations quantitatives, doit donc venir celle des variations qualitatives de l’histolyse.
Des différentes méthodes préconisées par M. Bouchard pour arriver à la solution de ce dernier problème (recherche de la proportion des corps incomplètement élaborés; dosage du carbone, de la toxicité urinaire; détermination des coefficients urinaires; mesure du poids de la molécule élaborée moyenne), nous avons eu recours à la dernière : empruntant le secours de la cryoscopie, procédé d'exploration déjà couramment pratiqué, la méthode de la détermination du poids de la molécule est la plus simple et la plus à la portée des recherches cliniques.
Avant M. Bouchard la cryoscopie avait été employée pour l'étude de la tension osmotique, en particulier des propriétés
(1) Path. gén. Les variations qualitatives de l’histolyse, p. 226.
osmotiques des humeurs en présence des cellules. On en avait tiré des indications sur le nombre des molécules en dissolution dans l’humeur considérée, ce nombre étant proportionnel au point de congélation et la tension osmotique dépendant du nombre des molécules en dissolution. M. Bouchard s’est proposé de déterminer, non le nombre des molécules urinaires, mais leur poids. « Le poids de la molécule d’albumine est de 6.000, la molécule d’urée pèse 60; la nutrition est plus ou moins parfaite suivant que le poids de la molécule élaborée s’éloigne plus ou moins de 6.000, se rapproche plus ou moins de 60 (Bouchard) (1) ».
La technique adoptée par M. Bouchard, et que nous avons appliquée à sa suite comprend : 1° le dosage des matières solides en dissolution dans l’urine; 2° le dosage des chlorures comptés comme chlorure de sodium ; 3° le dosage, s’il y a lieu, du sucre et de l’albumine ; 4° la détermination du point de congélation.
Dans ce travail nous avons déterminé le poids des matières en dissolution, par la pesée après évaporation à froid dans le vide, en présence de l’acide sulfurique. Nous avons constaté que les chiffres ainsi obtenus diffèrent notablement de ceux qu’on déduit de la densité en multipliant par 2,926 le nombre formé par les deux derniers chiffres de la densité; généralement ces derniers résultats sont supérieurs à ceux fournis par la pesée rigoureuse.
Les chlorures ont été dosés volumétriquement par la solution titrée d’azotate d'argent en présence du chromate neutre de potasse.
Les urines examinées n’ayant jamais contenu de quantités notables de sucre ou d’albumine, nous n'avons pas eu de correction à établir de ce fait.
La détermination de la température de la congélation a été
(1) Path. gén., Délermination du poids de la molécule élaborée moyenne, p.239.
faite à l’aide de l’appareil de MM. Claude et Balthazard; il utilise le refroidissement dû à l’évaporation de l’éther, sous l'influence d’un appel d’air produit par une trompe à éau. Connaissant le poids des matières véritablement élaborées, c’est-à-dire le poids du résidu fixe total, diminué de celui du chlorure de sodium qui a une origine alimentaire, et n’est pas véritablement matière élaborée, et l’abaissement du point de congélation dû à ces matières, (abstraction faite de même de ce qui revient au chlorure de sodium dans cet abaissement), on en a déduit le poids moléculaire M, d’après
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la formule M — où P est le poids des matières élaborées
contenues dans cent centimètres cubes, à l’abaissement du point de congélation dù à ces matières et K une constante de valeur 18,b.
La recherche principale de ce travail a donc porté sur la destruction quantitative et qualitative de l’albumine chez les tuberculeux. Suivant la même conduite que MM. Desgrez et Ayrignac dans leur Étude des échanges nutritifs dans les Dermaloses (1), nous avons directement établi l’activité histolytique de nos malades, en ce qui concerne leur destruction azotée dans les vingt-quatre heures, par la comparaison des résultats de nos analyses avec les chiffres proposés par M. Bouchard dans son T'ableau de l’activité histolylique suivant les âges (2). Mais désireux de serrer de plus près la vérité et de faire la moindre part à l'erreur, nous nous sommes astreints à déterminer de nouveau le taux normal de la destruction azotée pour les heures matinales, dans les conditions mêmes où nous avions placé les tuberculeux. Ces recherches ont porté sur six personnes bien portantes, qui, soit à l'hôpital, soit au dehors, ont bien voulu se prêter à cette petite expérience.
(1) Journal de physiologie et de pathologie générale, 1904 et 1905. (2) Path. gén., tome IT, 1°° partie, p. #11.
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Voici, en regard des divers âges, les valeurs moyennes ainsi
déterminées :
Albumine élaborée AGES en 1 heure par Le kilogramme d’albumine fixe.
AONENS UMA ERA? 483 milligrammes.
DOUCE GURLARG DEL 44 — Dire te 27 oh) 430 — SOLE RSS re, CAE 394 — A9 9 AOL SNNOR 376 DT re mutiPo CI ME 327 —
En raison du taux constamment inférieur de nos résultats par rapport à ceux qu'avait établis M. Bouchard, nous avons fait subir aux chiffres de son tableau une diminution de 15 pour 100; et c'est à ces dernières valeurs que nous avons comparé celles que nous avions trouvées chez les tuberculeux dans les quatre heures matinales.
Ce travail comprend donc la détermination, dans 95 cas de tuberculose chronique et dans un cas de gran, des données suivantes :
Corpulence.
Adiposité.
Esxcitation catalytique.
Activité histolytique (variations quantitatives de l’hi1stolyse).
Variations qualitatives de l’histolyse (grandeur de la molécule moyenne élaborée; rapport azoturique).
L'étude, qualitative et quantitative de l’histolyse, a été poursuivie systématiquement dans tous les cas, chez les tuberculeux à l’état de jeune azoté d’une part, et pris d'autre part dans les conditions habituelles de leur vie.
De plus, au cours de cette étude, désireux de réunir le plus de renseignements possibles, et de ne pas négliger les données intéressantes que fournissent sur la nutrition, les
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divers dosages jadis seuls pratiqués en urologie, nous avons noté, comparativement pour les urines matinales et pour celles des 20 heures complémentaires, le volume et la densité et nous y avons dosé de plus l’urée, les phosphates et les chlorures. Nous pourrons donc faire suivre l'exposé des résultats que nous devons aux nouvelles méthodes de M. Bouchard, de quelques considérations sur :
Le Volume des urines.
Le Résidu fixe.
L’urée, les phosphates et les chlorures.
Le rapport de l'acide phosphorique à l’azote total.
Enfin, les données cryoscopiques nécessitées par la détermination de la molécule élaborée, nous permettront de terminer par un aperçu de l’état des reins chez les tuberculeux, en appliquant simplement la méthode bien connue, exposée par MM. Claude et Balthazard dans leur Cryoscopie des urines.
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