‹ Contribution À L'Étude Des Éléments Qui Engagent Le Pronostic Chez Des Malades Traités Par Le Pneumothorax Artificiel Pour Tuberculose PulmonaireChapitre 29 sur 42 · BU · texte numérisé non relu

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donne Dumärest et qui doit régir les insufflations d’entretien : Pressions égales, doses égales, intervalles égaux.

Conditions de vie du sujet

Les conditions de vie et de milieu engagent aussi le pronostic dans une mesure très importante et le médecin aura l'obligation d'imposer au malade une discipline nécessaire s’il tient à ce que son” action ne reste pas vaine. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’efficacité même du traitement constitue un danger réel ; elle donne en effet aux pneumothoracisés, dans les cas d'améliorations rapides surtout, une confiance dangereuse, qui les mène trop souvent à des erreurs d’appréciations sur les possibilités réelles, et les entraîne à des imprudences préjudiciables. Le médecin ne saurait trop réagir contre celte tendance fâcheuse, il ne saurait trop insister pour souligner quelles peuvent en être les conséquences désastreuses mais facilement évitables pourtant si quelques précautions sont prises. k

Ce qu'il faudra avant tout s’efforcer de faire comprendre au malade c’est le sens exact dela valeur thérapéutique du traitement. £e pneumothorax doit étre considéré non comme une intervention qui guérit, mais comme une intervention qui aide à guérir.

Il n’y a pas d'action directe sur la vitalité du B. K. Il constitue simplement une sorte de pansement appliqué sur l'organe atteint et qui le met dans des conditions physiologiques favorables à la cicatrisation des lésions : par la mise au repos d’abord ; par la compres-

Sion aussi qu’il exerce sur les foyers pathologiques dont il provoque le vidage et le rapprochement des parois ; par les modifications enfin qu'il apporte dans la circulation sanguine et lymphatique du poumon collabé et leurs conséquences tant locales (sclérose) qu’à distance (suppression des résorptions toxiniennes et deleurs effets toxiques sur l’organisme).

Si l’on obtient rapidement sous l'influence de ces divers facteurs, toutes les apparences de la guérison clinique, la guérison anatomique tarde davantage à se produire. Le processus de sclérose dont elle relève est lent, et tant qu’il n’a pas donné ses résultats complets la menace d’un réveil des lésions subsiste toujours. Bien plus, Lindbom puis Rolland, qui se sont livrés à des recherches anatomo-pathologiques sur le poumon collabé par le pneumothorax, ont noté l’un et l’autre qu’il existait souvent à côté des lésions anciennes complètement cicatrisées, des lésions jeunes de nouvelle formation discrètes et maintenues inoffensives par le collapsus, mais qui n’en constituent pas moins une menace susceptible de se préciser.

Il nous faut rappeler encore que l’org'anisme à besoin de s’adapter sans heurts aux conditions physiologiques nouvelles que crée la réduction du champ de l’hématose, et qu’il est bon d’être économe de leffort que l’on demande aux différents organes et au cœur surtout, si l’on veut ménager l’avenir.

Pour toutes ces raisons le médecin devra exiger beaucoup de prudence et cela pendant assez longtemps. La

cure diéléto-hygiénique sera le complément indispensa:

ble du traïtement non seulement à cause du repos nécessaire qu’elle entraine, mais aussi à cause des habitudes de disciplineet de contrôle desoi-même qu’elleimpose.Pratiquée en sanatorium, elle aurales avantages de faire bénéficier le malade d’un climat favorable ainsi que d’une ambiance et d’une surveillance qui faciliteront Peffort tenace de volonté qu’il aura à fournir. Il ne persévérera dans cet effort qu'avec peine s’ilest livré à lui-même, et c’est à notre avis une erreur que de faire du pneumothorax, comme certains l’ont voulu, une méthode de traitement qui — sinon tout à fait dans ses débuts, mais très rapidement par la suite —- dispense l’opéré des obligations de la cure diététo-hygiénique et sanatoriale.

Personnellement, nous croyons que pendant deux ans au moins il est sage d'associer la cure diététo-hygiénique au traitement par le pneumothorax.

Durant les 6 premiers mois surtout, elle doit étre tout à fait rigoureuse, c’est une période d'adaptation physiologique qu’il faut éviter de rendre laborieuse, c’est aussi celle où Îes 2 grandes complications du pneumothorax, la pleurésie et la bilatéralisation se manifestent presque exclusivement. | |

La mise au repos doit être complète et l’activité physique, la marche en particulier, réduite au strict mininum.

Passésles six premiers mois, si les résultats cliniques sont satisfaisants, on pourra commencer à se départir de celte sévérité, mais très progressivement seulement,

et par échelons successifs. À mesure que Pétat généraltse

raffermira, que la guérison clinique s’affirmera davan-

age, on donnera au malade une liberté plus grande ; mais ce nest quère avant deux ans, et s'il ne s’est produit aucun incident fâcheux, qu'on sera autorisé à le laisser tenter une reprise de vie normale qui naturelle ment devra se faire aussi par étages prudentes et en choisissant autant que possible des conditions de mi-

lieu favorable.

Durée du traitement

Nous croyons que dürant les deux années minimum de vie prudente, que dans les cas les plus heureux on doit exiger du malade, il ne peut être question en aucune façon d'abandonner volontairement le pneumothorax. Même lorsque les conditions de vie pourront redevenir normales, nous ne conceyons guère pourquoi on se hâterait de cesser son entretien, puisque l’expérience est venue maintes fois prouver qu’il n’était nullement incompatible avec la pratique d’un travail suivi et souvent même pénible. Nombreux sont les pneumothoracisés considérés comme guéris et qui vivent leur existence ancienne, tout en continuant d’être porteurs, souvent plusieurs années, d’un pneumothorax qu'ils font régulièrement insuffler. Ils n’y trouvent nulle gêne et en revanche d'importantes garanties de sécurité, et dans ces conditions il semble bien qu'il n’y ait aucune raison de les inciter à l’abandon d’un collapsus pulmonaire dont ils ne retirent que des avantages.

Fixer les délais nécessaires pour que les résultats obtenus aient un caractère durable est en effet une chose

délicate.

Tout le monde s’accorde pour reconnaître qu’il faut au moins deux ans lorsque l’évolution fut particulièrement favorable, mais malgré tout celte règle ne peut être donnée comme générale, car chaque individu constituera forcément wh cas d’espèce du fait de l’atteinte qui ne sera jamais identique et de ses réactions personnelles qui seront plus variables encore. Telle de nos malades dont le pneumothorax fut arrêté sur sa demande: au bout de deux ans 1/2 s’est mariée depuis et a eu un enfant, elle a supporté sans aucun dommage les fatigues de sa grossesse et voit actuellement sa guérison maintenue depuis { ans 1/2.

Trois autres par ailleurs traités respectivement l’un pendant deux ans 1/2 les deux autres pendant 3 ans 1/2, n’ont conservé les apparences de la guérison que durant des délais variant de 1 an 1/2 à 2 ans. Une reprise d’évolution est survenue qui les a emportés rapidement.

Il nous paraît donc toujours dangereux de croire à une guérison définitive même si le collapsus a été longtemps maintenu. Deux ans de trailement sont certainement un minimum indispensable et mieux vaut croyons-nous continuer bien au delà l'entretien du pneumothorax chaque fois qu'on en a la possibilite.

Il y a assez souvent impossibilité matérielle à le faire, une pleurésie adhésive étant survenve, qui entraine une symphyse qu’on ne peut empêcher de devenir totale. Le pronostic n’en devient pas fatalermnent défavorable comme nous lavons vu précédemment, une réaction sclérogène intense à point de départ pleural venant parfois heureusement suppléer au collapsus qu'on n’a pu

maintenir, mais il n’en est certes pas toujours ainsi, et c’est le plus souvent comme une complication fâcheuse qu’il faudra considérer la symphyse à cause de I4 décompression prématurée qu’elle entraîne. Nous devons tirer de l'exemple de ces cas malheureux un argument de plus en faveur d’un maintien prolongé du pneumothorax chaque fois que nous en avons le pouvoir. Nous le répétofis, le malade n’en peut tirer que bénéfice, et conscient en général des risques que lui fait courir un abandon même tardif, il sera le premier à demanmander que le traitement soit continué pendant de lon-

gues années.

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