CONCLUSIONS
Lorsqu'on entreprend un pneumothorax artificiel son pronostic est essentiellement fonction :
1. — Des conditions cliniques dans lesquelles il est entrepris :
IT. — De sa nature. ;
III. — De certaines complications qui peuvent survenir au Cours du traitement.
IV. — De la conduite du traitement : technique de création et d'entretien — conditions de vie du sujet —
durée du traitement.
À. — Unilatéralité. — Bilatéralité
10 Chez les « unilatéraux » et les « unilatéraux douteux » le pronostic est bon à peu près également dans l’ensemble. Il est très sensiblement meilleur toutefois en ce qui concerne les chances de guérison chez les « unilatéraux » (27,5 %)que chez les « unilatéraux douteux » (16,3 %).
2° Encore encourageant chez les « bilatéraux d'évolution simple » ou malgré {out on peut envisager quelques guérisons (4,7 %) et une proportion très respectable d'améliorations (28,5 ,/°), il devient désastreux chez les « bilatéraux d'évolution double » chez lesquels on n’observe que 4,2 °/, d'améliorations et aucune guérison,
pour 95,8 °/, de cas défavorables.
3° Pour pouvoir porter un pronostif éclairé, il faut s’efforcer d'établir par un examen stéthacoustique et radiologique soigneux à quel groupe appartient le malade à traiter et s’il s’agit d’un « unilatéral douteux » ou d’un « bilatéral » quel est le degré d'activité et d’évolution de la lésion hétéro-latérale.
B. — Forme de la maladie
1° Dans les formes chroniques, traitées par le pneumothorax, le pronostic est bon dans l’ensemble.
a) Dans « l’ulcéro-caséeuse extensive », forme dans laquelle le traitement a été le plus communément employé ainsi que dans « lulcéro-fibreuse extensive », il est sensiblement le même et de bon aloi.
Il s'améliore si on a pu opérer en période de rémission plutôt qu’au cours d’une poussée évolutive.
b) En ce qui concerne « l’ulcéro caséeuse localisée » et les «formes bronchiques », nous ne disposons que d’un nombre très réduit de cas. Leur étude semble cependant nous autoriser à ne porter qu’un pronostic très réservé
- dans « lPulcéro-caséeuse localisée », très favorable au con traire dans la forme bronchique que Bard appelle « bronchite chronique tuberculeuse profonde ».
2° Dans les formes aiguës, la « phtisie galopante » et la « pneumonie caséeuse » sont les 2 seules formes qui répondent aux indications classiques du pneumotho- Tax. e
a) Dans la « phtisie galopante » le pronostic du pneumothorax est excellent, à tel point qu’elle semble en être l’indication d'élection.
Les chances du sujet s’augmentent encore s’il a pu être traité dans les 3 premiers mois de sa maladie; l’âge auquel les résultats de l’intervention sont le plus favorable paraît compris entre 15 et 20 ans ; la proportion des guérisons est sensiblement plus élevée chez l’homme que chez la femme.
b) Dans la « pneumonie caséeuse », le pronostic est très incertain. Bien que les effets immédiats du pneumothorax soient souvent heureux, l’avenir éloigné reste en général précaire. Néanmoins quelques résultats remarquables et inespérés montrent bien que le pneumothorax doit toujours être tenté dans ces cas. $
c) Nous avons rapporté pour mémoire 3 cas de pneumothorax tentés respectivement dans une « splénopneumonie », une « pleuro-pneumonie » et une « granulie ».
L’inopérance du traitement chaque fois constatée confirme l'opinion générale que le pneumothorax est contre indiqué dans ces formes,
TE
3° a) En ce qui concerne le pneumothorax hémostatique, le pneumothorax créé après pleurésie secondaire ou après pneumo naturel, le pronostic éloigné ne parait pas être spécialement influencé par l’accident lui-même à Poccasion duquel on est intervenu.
Il semble que dans ces cas l’avenir lointain soit seulement lié aux simples conditions cliniques qui l’engagent habituellement.
b) Lorsque le pneumothorax est créé :
Pour hémoptysie son action hémostatique est rapide et complète, et son pronostic immédiat vis-à-vis de cette complication est excellent.
Après pleurésie secondaire, Son action ne semble pas très effective sur la résorption de lépanchement, un reliquat liquidien persiste le plus souvent, mais ne sert généralement pas d’amorce à une symphyse.
Après preumo naturel, il semble qu’on ait moins à attendre d’un pneumothorax à « bas bruit » que d’un «€ pneumothorax à grand fracas » ; à condition bien entendu que dans ce dernier cas le malade ait résisté aux phénomènes alarmants de sa création. La raison en est sans doute dans ce fait que le pneumothorax à grand fracas est habituellement étendu tandis que le pneumothorax à bas bruit reste plutôt partiel.