‹ Contribution à l'Étude des Embolies et Phlébites post-opératoiresChapitre 26 sur 38 · AE PET · texte numérisé non relu

AE PET

2° L'influence des saisons.

Un rapport récent de M. le Professeur Ockincezye auprès de l’Académie de Chirurgie (19 mai 1937) appelle l'attention sur une série de phlébites post-opératoires groupées dans un laps de temps relativement court.

Il rapporte une série de douze phlébites avec six cas compliqués d’embolies et deux embolies mortelles qui ont suivi des interventions assez simples. Le seul élément étiologique à retenir est l’existence d’une colibacillose urinaire très nette chez la seule malade qui n'avait pas été opérée.

Cette notion de linfluence des saisons n’est pas nouvelle; déjà MM. les Professeurs Jean-Louis Faure, Anselme Schwartz, Sauve, Auvray, Hanselmann, Manzac et d’autres avaient insisté sur l’influence de la grippe en 1919. C’est ainsi que M. le Professeur J.-L. Faure a observé à cette époque sept cas d’embolie dans un mois, dont quatre mortels. Il fut même sur le point de ne plus opérer dans son service; il commença par ne plus opérer les femmes atteintes de fibromes dont l'intervention n’était pas urgente.

La statistique du Professeur Fiolle, de Marseille, donne 7 phlébites de juillet à décembre 1933, alors que, sur 641 interventions pratiquées dans les deux années et demie précédentes, il eut seulement onze phlébites.

Le Docteur Aubert rapporte, de mai à août 1933, six cas (3 appendicites, 1 hystérectomie, 1 cholécystectomie, 1 réduction de fracture).

M. le Professeur Ducuing (Presse Médicale du 11 février 1933), qui ne croyait pas à l’infection ni à l’in-

fluence de la grippe et des saisons sur la recrudescence des accidents emboliques, se montre fort impressionné par le caractère d’épidémicité dans l’apparition des phlébites :

En 1931-32, 16 phlébites en dix mois et demi, et 10 en un mois et demi;

En 1932-33, 14 phlébites en dix mois et demi et puis brusquement 6 entre le 1* août et le 15 septembre, tandis que dans sa clinique privée il eut 16 phlébites dans l’année, dont 7 pendant le mois de mai.

La recrudescence des embolies signalées par le Professeur J.-L. Faure en 1919 avait été constatée en février et én mars.

M. le Professeur Ducuing remarque qu’elles peuvent aussi bien apparaître en juillet et août, comme

en 1932 et 1933.

Personnellement, nous avons pu constater les faits suivants :

Par ordre de fréquence, les dates des différents accidents emboliques ou phlébitiques (uniques ou répétés) se groupent de la façon suivante : sur 76 accidents, nous avons constaté le maximum pendant le mois de novembre (19), suivi par le mois de mai avec 14 accidents. Mars et avril voient le même nombre d'accidents : 8.

Soit deux périodes maximum : printemps et automne.

Nous avons pu remarquer aussi que le hasard fait de curieuses séries.

En 1931, il n’y eut que 4 cas d’embolies, mais 3 furent mortelles.

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