DIAGNOSTIC
Le DiAGNosric POsiTIF se base sur la constatation de troubles nerveux survenant au cours ou à la suite d’une rougeole.
Les résultats de la ponction lombaire ne montrent pas d’altérations typiques ; le plus souvent le liquide céphalo-rachidien est à peu près normal.
ILest clair, légèrement hypertendu, quelquefois purulent, nous l’avons vu, dans les formes méningées.
La réaction cellulaire, quand elle existe, consiste habituellement en une légère mononucléose ; parfois cependant, dans les formes méningées, elle est très importante, de type lymphocytaire, rappelant la formule de la méningite tuberculeuse.
L'albumine est généralement augmentée, d’autres fois normale ; le glucose un peu augmenté ou le plus souvent à peu près normal ; les chlorures ne sont pas mo-
difiés.
F- A] . . ë On ne trouve pas de germes à l’examen direct ni à
lensemencement.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL, — On éliminera les convulsions de la période d’invasion, qui ne sont pas spéciales à la rougeole.
L'examen du L. C. R. permettra en général de rejeter l'hypothèse d'hémorragie cérébro-méningée, de meningite cérébro-spinale à méningocoques (toutefois, en cas de liquide trouble, il sera prudent de faire une injection de sérum polyvalent sans attendre le résultat de l’exa-
men de laboratoire), de méningite à pneumo ou streptocoques consécutive à une broncho-pneumonie.
Nous avons déjà signalé la difficulté que pouvait présenter le diagnostic de certaines formes avec la maladie de Heine-Medin, on devra toujours alors penser à celleci avant de conclure à l’origine morbilleuse des accidents.
Mais les diagnostics les plus importants se posent avec les troubles méningo-encéphalitiques compliquant une otite et avec la méningite tuberculeuse.
Troubles meéningo-encéphalitiques d'origine otitique. M. Renaub a affirmé que la grande majorité des complications nerveuses de la rougeole étaient sous la dépendance d'une otite ; il a présenté des observations où l'étude post-mortem avait montré les oreilles et les mastoïdes pleines de pus, alors que les complications auriculaires élaient passées inaperçues cliniquement, comme dans le cas suivant : (Garçon, 6 ans, Au 8° jour d’une rougeole, réaction méningée grave, Au 11° jour,
L. C. R. sanguinolent. Mort. À l’autopsie, nappe hémorragique infiltrant la substance grise ; les méninges recouvrant le rocher semblent normales ; les oreilles sont pleines de pus verdâtre ; la suppuration s'étend loin en arrière. Rien n’avait attiré l’attention sur les oreilles durant la vie ». R. Debré a également souligné l'imprudence qu’il y aurait à rejeter la possibilité d’une réaction méningée otogène qui ressemble beaucoup à la méningo-encéphalite morbilleuse par les caractères cliniques et l’état du L. C. R. D'où la conclusion que Pon doit pratiquer systématiquement l'examen des oreilles en présence d'accidents nerveux.
La méningite tuberculeuse après la rougeole n’est pas aussi fréquente qu’il est dit classiquement. Pour Debré et Joannon elle est en réalité exceptionnelle. M. le Professeur NoBécouRT, sur 459 cas de rougeole, a vu la tuberculose évoluer 15 fois, soit 3,5 % environ. On y pensera souvent cependant, surtout dans les méningites morbilleuses qui lui ressemblent à s’y méprendre.
En général, la méningite tuberculeuse survient dans la convalescence, donc plus tardivement, le début est moins brutal, les symptômes moins bruyants, l’alteinte des centres plus marquée que dans les accidents morbilleux. Nous avons vu que la formule cytologique du L. C. R. pouvait prêter à confusion ; on fera des recherches répétées de laboratoire, une inoculation au cobaye ; à vrai dire, on sera bientôt fixé par l’évolution, d'ordinaire rapide et favorable dans le cas de complication morbilleuse.
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