‹ Contribution à l'étude des endocardites malignes à évolution lente greffées sur une cardiopathie congénitaleChapitre 5 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis qu’on la connaît mieux et qu’on la recherche plus attentivement, l’endocardite d’Osler a vu son territoire agrandi aux dépens d'infections plus ou moins obscures, avec lesquelles elle était autrefois confondue. Elle est devenue aujourd’hui de constatation courante et ses observations en sont devenues banales.

Cependant, si la maladie de Jaccoud Osler est maintenant mieux connue au point de vue anatomoclinique, il est important de préciser le terrain qui favorise son apparition et son développement. Sur ce point, en effet, les antécédents cardiaques rhumatismaux sont actuellement considérés comme presque obligatoires et la part faite aux lésions congénitales du cœur est si minime que la notion précédente est considérée comme la règle.

Il est bien certain qu’il faut poser comme une règle clinique que l’endocardite maligne se développe à titre de compliéation d’une lésion cardiaque antérieure et que celle-ci est la plupart du temps rhumatismale.

En outre, comme le fait remarquer Laubry dans

son traité des maladies du cœur et des vaisseaux :

Te

« on peut toujours se demander si certaines lésions congénitales comme le rétrécissement pulmonaire ne sont pas d’origine infectieuse et si les malformations nettement tératologiques ne sont pas remaniées de façon insidieuse par des poussées endocarditiques rhumatismales ».

Le professeur Debré, dans sa remarquable étude sur l’endocardite à évolution lente, a insisté à juste titre sur les antécédents rhumatismaux des malades atteints de cette affection.

Il n’en est pas moins vrai que la littérature fournit des exemples rares, mais suffisants de maladie d’Osler greffée sur une lésion congénitale, pour que l’on doive ÿ penser le cas échéant. En effet, si neuf fois sur dix, la lésion cardiaque en cause est due au rhumatisme, le streptocoque de l’endocardite lente peut néanmoins se creffer sur des lésions cardiaques qui ne sont pas rhumatismales. On a pu rapporter des cas. d’endocardite greffée sur des aortites syphilitiques avec insuffisance valvulaire. On l’a aussi observée chez des malades atteints de cardiopathies congénitales et c’est cette éventualité qui nous intéresse.

Nous avons jugé intéressant de rappeler une observation récemment faite en raison de certaines particularités étiologiques, cliniques, anatomiques et thérapeutiques sur lesquelles nous voudrions attirer l’attention et qui serviront de bases au présent travail

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