PATHOGÉNIE
En effet, on se trouve en présence, non pas d'une collection purulente due’ Іа pénétration dans la plèvre d’un élément pathogène mais bien d'une réaction pleurale d'origine congestive à l’occasion d’une lésion pulmonaire sous-jacente : foyer d’hepatisation ou infarctus.
L'aspect louche des liquides puriformes aseptiques est dû à l'accumulation des polynucléaires restés normaux après être sortis abondamment par diapédèse, des vaisseaux sanguins congestionnés. C'est par un processus analogue que se forment les épanchements puriformes aseptiques des méninges (1). Sous l'influence d'une ectasie vasculaire excessive, les lois de la circulation, localement troublées, les globules blancs sortent mécaniquement des capillaires et s'accumulent dans la cavité voisine. Ce ‘qu'on observe au niveau du sac arachnoido-pie-mérien se produit aussi bien dans la plèvre.
On en а une preuve pour ainsi dire expérimentale chez les cardiaques présentant un infarctus pulmonaire sous-pleural et réalisant par le fait même les conditions propres à faire
(1) Wipa et Brissaup. Bulletin Soc. Med. Höp. Paris. 26 fevrier 1909.
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naître les épanchements louches aseptiques ; c'est-à-dire une congestion intense sur un point de la zone corticale. 1,65. glo- Dules rouges, n'étant doués que de mouvements passifs, ne peuvent sortir que par effraction : si la congestion est assez intense pour amener la rupture de capillaires, des flots d'hématies sont déversés dans la cavité pleurale et Гоп a alors un épanchement rouge, hémorragique. Mais, d'habitude, la con-
gestion pulmonaire sous-pleurale n’est pas aussi intense : les
globules rouges ne viennent point teinter le liquide épanché ;
seuls, les globules blancs, grâce à leurs mouvements ameboïdes, franchissent, par diapédèse, les parois capillaires et la barrière endothéliale pleurale,et donnent une teinte blanche, puriforme à l’exsudat formé dans la séreuse. |
Ce qui se passe à proximité d'un infarctus pulmonaire sous-pleural peut aussi bien se produire au niveau d'un foyer de pneumonie : l'émigration dans la plèvre de polynucléaires non altérés, vivants, peut simplement provenir de Гһурегһеmie excessive du tissu pulmonaire, développée au voisinage d'une pneumonie sans que le pneumocoque pénètre lui-même dans la plèvre.
D'ailleurs, le laboratoire fournit une preuve expérimentale de l’origine congestive de ces épanchements puriformes. Cette | véritable « fluxion blanche « de la séreuse pleurale ou du liquide céphalo-rachidien peut être comparée aux exsudats provoqués. expérimentalement en injectant des bouillons aseptiques dans le péritoine des cobayes pour obtenir des polynucléaires vivants. On récolte alors un liquide d'aspect louche, contenant un grand nombre de polynucléaires d'une intégrité morphologique et fonctionnelle telle, qu'ils peuvent réaliser in vitro leurs aptitudes phagocitaires. |