ETUDE CLINIQUE
Cliniquement, l’&panchement puriforme aseptique présente tous les signes d’un épanchement pleural de moyenne abondance, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il apparaît.
Le cas le plus commun est le suivant : Un adulte présente tout d’abord les signes classiques de Ла pneumonie, avec la matité, l'augmentation des vibrations, le souffle et les râles crépitants, quand brusquement il accuse un point de côté violent avec une dyspnée intense accompagnée de fièvre à grandes oscillations. Au bout de peu de temps, ces signes se modifient ; en même temps que la fièvre tombe, peu à peu la matité change de timbre et prend un caractère de son plus
grave, les vibrations diminuent au point de disparaitre, le
souffle devient plus lointain, on note de l'égophonie et de la pectoriloquie aphone. Ce sont ій des signes annonciateurs d'un épanchement pleural : généralement la lame de liquide n'est pas assez épaisse pour empêcher de percevoir à l'auseultation la lésipn pulmonaire sous-jacente ; souvent en effet — chez l'adulte on entend encore un souffle à timbre tubaire. j
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| ( Ou bien, un enfant, atteint de pneumococcie, présente au
bout de quelques jours un épanchement de la plèvre. Le liquide paraît rapidement assez abondant, d'après LIÉGEOIS, pour masquer les signes physiques de la pneumonie.
Dans d'autres cas, c'est un grippé qui sans offrir de foyer
pneumonique, ne présentant que des râles disséminés dans ‘un poumon, est pris brusquement d'un frisson, de dyspnée, d'une élévation de température à 405 et chez lequel on assiste rapidement à l'installation d'un épanchement pleural puriforme aseptique. Telle une des observations que nous avons l’occasion de rapporter (Obs. VI). |
Ou encore il s'agit d'un cardiaque, qui vient de faire un infarctus sous-cortical et chez lequel s’installe un syndrome | pleural, avec liquide puriforme. MM. Wipat et GOUGEROT еп
ont rapporté un cas typique à l'Académie de Médecine le 9 juillet 1907.
En résumé, on voit combien peuvent être diverses les conditions cliniques dans lesquelles surviennent les épan- chements puriformes aseptiques de la plèvre. Seule la ponction exploratrice permet de les identifier. '
EXAMEN CYTOLOGIQUE ET BACTÉRIOLOGIQUE
Quelle que soit la lésion causale, devant ces symptômes | nets d’épanchement on pratique une ponction exploratrice qui fait retirer un liquide séro-fibrineux louche.
L'aspect macroscopique du prélèvement ne permet pas de dire si Гоп se trouve еп présence d'un épanchement puriforme aseptique ou bien d'une. pleurésie purulente micro- ‘bieune.
Le laboratoire, par contre, va imposer le diagnostic l'examen cytologique, l'ensemencement et l'inoculation au cobaye ou à la souris renseignent de la façon la plus simple et la plus absolue.
En effet, un procédé à la portée de tous les cliniciens suffit à fournir l'élément capital du diagnostic : il s'agit simplement d'examiner le culot de centrifugation étalé sur des lames, fixé à l'alcool-éther et coloré à l'hématéine-eosine : on constate alors l'intégrité des polynucléaires avec un protoplasma homogène, finement granuleux et surtout « avec un contour nettement arrondi, non déchiqueté et comme taillé à
Pemporte-piéce ».
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Lorsque les épanchements puriformes aseptiques sont à leur déclin, au milieu des polynucléaires ayant conservé un état d'intégrité absolue, on en trouve quelques-uns ayant un protoplasma légèrement vacuolisé ; on peut шеше voir, exceptionnellement, quelques noyaux rompant les filaments chromatiniens qui joignent les lobes nucléaires et homogénéisant leur chromatine pour ébaucher une sorte de руспозе: mais le contenu protoplasmique reste toujours net et parfaitement arrondi. Ces rares polynucléaires « еп SENESCENCE » des épanchements puriformes aseptiques en voie de résorption sont donc bien distincts des polynucléaires nécrosés des épanchements purulents septiques dont le protoplasma et le noyau sont atteints simultanément et profondément. — La nécrose dans les épanchements sepliques n'épargne presque aucun des éléments dont le protoplasma s’effrite, ce qui rend le contour cellulaire flou et tout à fait indistinct. А
La « sénescence », au contraire, пе frappe que quelques-uns des nombreux polynucléaires répandus dans les épanchements puriformes aseptiques et respecte toujours leur contour qui persiste nettement arrondi. |
Dans ces épanchements puriformes aseptiques, déjà le simple examen cytologique, nous montre outre l'intégrité des polynucléaires, l'absence de tout aspect microbien. En effet, on пе constate, sur la lame, la présence d'aucun microorganisme.
De plus, les ensemencements sur les divers. milieux: de culture restent absolument stériles.
De même, les inoculations au lapin et à la souris laissent ces animaux parfaitement indemnes.
Бі, au contraire, on se trouvait en présence d'une pleurésie
purulente à pneumocoques, à l'examen direct du pus, on constaterait la présence, au milieu de polynucléaires dégénérés, de diplocaques prenant le Gram— un ensemencement sur gélose donnerait de finés colonies translucides en gouttelettes de rosée et une inoculation à la souris déterminerait : chez cet animal une septicémie mortelle avec pneumocoques dans le sang du ceur et surtout dans la rate très augmentée de volume.
li s’agit done bien, dans le premier cas, d'un épanchement puriforme aseptique, puisque d'une part, aucun agent microbien na pu, être décelé tant,par l'examen direct.du liquide que par les ensemencements et les inoculations restés néga-: tifs, et que, d'autre part, l'examen cytologique nous.a révélé la présence de polynucléaires intacts: ou en voie de, sénescence, mais à contour bien arrondi et par conséquent n'ayant pas eu à obéir aux lois de la phagocytose de Mentchnikoff.