INTRODUCTION
Au moment où les phénomènes initiaux de la comitialité sont partout si finement étudiés, dans un but d’analyse séméiologique permettant, dans certains cas, une orientation chirurgicale, il nous a paru intéressant de reprendre l’étude des épilepsies giratoires, et de tenter de préciser la signification de ce phénomène qui, à notre sens, présente un triple intérêt : intérêt dû à sa fréquence relative, intérêt au point de vue diagnostique, intérêt enfin au point de vue localisateur.
Il nous a paru tout d’abord indispensable de donner à ce terme un sens précis : sous le nom d’épilepsie giratoire, nous entendons désigner uniquement les cas où le mouvement ne se limite pas à une simple déviation conjuguée de la tête et des yeux, mais intéresse tout le corps qui tourne de plus de 180° autour de son axe vertical.
Les traités modernes en parlent à peine; les vieux auteurs la décrivent cependant avec la minutie qu'ils apportaient à la description de toutes leurs observations, bien que trop souvent elle reste dans la pénombre de l’épilepsie procursive ou cireumeursive, avec lesquelles elle ne saurait pourtant être confondue.
Certes, cette forme d’épilepsie n’est pas très fréquente; notre étude groupe tout de même 21 observations qui rentrent bien dans la définition que nous venons d’en
donner. Devant ce groupage important de cas pour uné affection quasi inconnue de la majorité des praticiens, il nous semble légitime de parler de sa fréquence relative et de son intérêt diagnostique, car, si dans un grand nombre de cas la crise giratoire constitue l’aura motrice d’une crise épileptique typique jacksonienne ou généralisée — et alors sa véritable nature ne saurait être mise en doute — la même crise giratoire survenant à l’état pur et isolée peut résumer tout l’accès à la manière d’un équivalent moteur et, mise à part une certaine pâleur du visage ‘et une obnubilation plus ou moins marquée, sa nature comitiale peut être méconnue par un médecin non averti amené à l’obsever ou à l’entendre relater par le malade ou son entourage : sa sémiologie mérite donc bien d’être connue et précisée.
Signalons enfin l'intérêt que présente le sens dans lequel se fait la déviation conjuguée latérale de la tête et des yeux qui, dans la très grande majorité des cas,
constitue le primum movens de la crise de giration : il possède dans l’épilepsie giratoire un réelle valeur localisatrice en indiquant l’hémisphère d’où part la décharge épileptogène.