CHAPITRE VII
Titrage des pepsines françaises et étrangères
suivant un procédé commun
Les essais des pharmacopées sont destinés surtout à fixer le titre limite et non le titre exact d'une pepsine.
Au moyen des essais de quelques pharmacopées, nous venons de chercher les correspondances entre les litres de différentes pepsines normales. Nous avons avec chaque essai fait de véritables titrages, mais il nous a paru intéressant de vérifier ces correspondances par un procédé de titrage commun très précis.
Nous avions le choix entre plusieurs méthodes : la méthode chronométrique de Léon Meunier, les méthodes viscosimétrique, réfractométrique et polarimétrique, la méthode des tubes de Mett, celle de Jacoby à la ricine. Nous avons écarté ces essais, soit parce qu'ils ae donnent pas de données numériques satisfaisantes, soit qu’ils exigent une durée trop longue.
Le procédé de Fuld couramment employé aux Etats-Unis nous a paru le plus rapide et le plus précis; il emploie l’édestine comme matière passive.
Avant d'exposer le procédé, nous allons étudier les propriétés
‘et la préparation de la matière passive employée.
A) Matière passive
1° PROPRIÉTÉS. — L’édestine est une globuline végétale, extraite pour la première fois par Rithausen et Osborne en 1881 des semences de chanvre (canabis sativa).
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Elle est insoluble dans l’eau pure, mais soluble dans une solution chlorhydrique à 0.25 % d’où elle peut étre précipitée totalement par le chlorure de sodium à saturation; elle est également précipitable par l'acide azotique et l’acétate de soude. Elle donne la réaction de Millon.
La propriété la plus remarquable de cette matière albuminoïde est de cristalliser dans des solutions salines neutres avec formation d’une véritable combinaison.
On peut facilement mettre en évidence ces cristaux dans les semences de chanvre. Pour cela, on broye au mortier 5 gr. de chenevis ; on les fait macérer pendant une demi-heure dans un B. M., réglé à 60°, avec 2: ou 30 cm* de chlorure de sodium à 5 %. On filtre et on abandonne le tout à un refroidissement très lent
L’édestine se dépose et elle apparaît, au microscope, sous forme d’octaèdres assez typiques, parmi les débris végétaux et les globules graisseux.
20 PRÉPARATION. — La préparation de l’édestine a été étudiée par de nombreux auteurs, en particulier par Fuld et Levisson et R.-H.-A. Plummer{[31]. Cette préparation figure également dansles thèses récentes de Renaud, Frossard et J. Plé (32) (15) (30). Tous ces procédés ne diffèrent entre eux que par de petits détails de préparation; ils consistent tous à retirer par épuisement des graines de chenevis, l'huile qu’elles renferment, puis à précipiter l'édestine par une solution de chlorure de sodium à 5 % à la température de 60°. On la purifie soit au moyen de solvants successifs : eau distillée, alcool absolu, éther anhydre, soit par dialyse.
On déssèche cette matière protéique à une basse tempèrature ou de préférence dans le vide.
Le procédé G. Bertrand diffère des procédés mentionnés cidessus en ce qu’il utilise la baryte en présence du chlorure de sodium pour précipiter l’édestine [4].
Pour notre part, voici la technique que nous avons adoptée :
Les semences de chanvre préalablement broyées sont épuisées par de l'éther de pétrole dans une allonge en verre fermée à sa partie inférieure par un robinet au-dessus duquel on place un tampon de coton hydrophile.
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On verse assez d’éther de pétrole pour recouvrir le chenevis, le tout est laissé en contact pendant une demi-heure. Après avoir laissé écouler le liquide chargé de graisses, on recommence l'opération. Après 5 ou 6 opérations semblables, l’éther traversant la couche de poudre sans se colorer, on peut considérer le dégraissage comme terminé.
Après avoir séparé par tamisation, les fragments d’enveloppe insuffisamment broyés, on fait une macération à la température de 60° au Bain-Marie de la poudre ainsi obtenue avec son poids de solution de chlorure de sodium à 10 %.
La macération est ensuite filtrée sur un entonnoir à filtration chaude à la température de 60°. Le magma restant sur le filtre est exprimé dans un nouet de gaze ; on filtre à chaud le liquide qui s'écoule. Les deux filtrats sont réunis; leur mélange est dialysé dans un sac en cellophane, d’abord contre de l’eau courante ordinaire et ensuite contre de l'eau distillée. Dans les dialyseurs apparait l'édestine sous forme de poudre grise. Au bout de 3 ou 4 jours la précipitation de l’édestine est complète. Le précipité contenu dans le dialyseur est lavé avec de l'alcool, puis de l’éther anhydre, l’édestine est déssèchée dans le vide à la température de 50°.
3° CARACTÈRE D IDENTITÉ. — On peut faire cristalliser l’édestine en la délayant dans une solution de chlorure de sodium à 10 % afin que la concentration soit d'environ 8 ? . La solution est filtrée, chauffée à 60° et additionnée peu à peu, en agitant, de 2 fois son volume d’eau chauffée à la même température.
On laisse refroidir le liquide, puis on le maintient pendant quelques heures à la glacière ; l’édestine se dépose peu à peu en cristaux octaèdriques visibles au microscope.
B) Méthode de Fuld
L'exécution de cet essai exige les solutions suivantes :
SOLUTION À. — Prendre 99 cm° d’acide chlorhydrique N/10 et ajouter de la solution physiologique ou simplement de l'eau pour arriver à un volume de 309 cm“.
SoLurion B. — Dissoudre 0.2 d’édestine dans 200 cmÿ de solu”
tion A. Bien délayer dans un petit mortier et quand la solution est complète, filtrer pour avoir un liquide parfaitement clair.
Sozurion C. — Dissoudre 0,5 de pepsine type dans 50 cm* d’eau physiologique. Quand tout est dissous, filtrer la solution type à 10/0 et l’étendre successivement à 0.5 % en ajoutant un volume égal d’une solution renfermant 60 cm° d'acide chlorhydrique N/10 pour 100 cmÿ puis à 0,05 % avec la solution d'Hel (A).
SozurTiox D. — Dissoudre 10 gr. de sel marin dans l’eau distillée, compléter à 100 cm et filtrer.
On prépare 10 tubes de 1 cm de diamètre renfermant chacun 2 cm de solution B, puis 0.9, 0.8, 0.7, 0.6, 0.4, 0.3,0.2, 0:1, 0 cm° de sol. À:, enfin (:1, 0.2, 0.3, 0.4, 0.5, 0:6, 0.7,.0.8, 09, Tcm°de sol. diastasique C, à 0.5 % ou à 0.05 %.
Après 30 minutes à la température ordinaire on ajoute dans chaque tube 1 cm* de solution D et l’on note le tube où la précipitation se produit.
Exemple :
En prenant une solution de pepsine à 0.05 % on constate :
Solution de pepsine de 0.1, 0.2, 0.3, 0.4, 0.5, 0.6, 0.7, 0.8, 0.9, 1