MONS
propler hoc. ». Trois cobayes inoculés l’un dans le péritoine, et les deux autres dans le tissu sous-cutané, avec le liquide céphalo-rachidien, d'une première ponction ne furent en effet pas tuberculisés. »
Trois observations de Laubry et Parvu sont à rapprocher de celle-ci. Tant par leurs symptômes que par les caractères du liquide céphalo-rachidien, ils simulaient la méningite tuberculeuse, à tel point que ces auteurs se crurent obligés de les séparer d’un: autre lot de cas publiés et dont les caractères tout différents, les rapprochaient davantage de la méningite cérébro-spinale. L'un de ces malades était nettement tuberculeux.
« Et pourtant, malgré ces analogies eliniques si frappantes, malgré les caractères cytologiques du liquide céphalo-rachidien, qui naguère passaient pour quasi pathognomiques. Nul de ces auteurs ne s’est demandé s’il ne s'agissait pas d’une localisation méningée du bacille de Koch... Et cela, pourquoi ? Parce que la présence du bacille de Koch n’a pas été constatée : et surtout, — car celle-ci n'aurait pas encore été suffisante, — parce que l'inoculation du liquide céphalo-rachidien est restée négative. — Il est certain que, dans l'état actuel de nos connaissances, ce caractère négatif suffit à empêcher d'affirmer l'origine bacillaire d'un épanchement morbide : suffit-il à empêcher de la suspecter ? de la présumer ? « (Léon Bernard et Debré). Avec ces auteur nous dirons encore « quant à nous, nous n'écarterons pas si facilement cette hypothèse ». Nous verrons dans le chapitre consacré aux états méningés tuberculeux, que la tuberculose est susceptible de guérir. Nous croyons que certains états méningés d'origine indéterminée doivent entrer dans le cadre des méningites curables tuberculeuses. :
Dans tous les cas, les liquides obtenus présentaient ce caractère commun d'être clairs, incolores, hypertendus. L'hypertension a pu être le seul caractère anormal
du liquide céphalo-rachidien. (0bs. IT de Widal.) Mais le plus souvent elle s'est accompagnée de réactions chimiques et de réactions lencocytiques (toutes les” autres observations).
L'albuminurie était toujours notablement augmentée.
Au point de vue cytologique, la formule observée a été la polynucléose ou la lymphocytose.
Parfois il y a eu lymphocytose d'emblée (obs. IT et V Widal, Rist et Rolland, Guilldin et Richet). Cette Iymphocytose d’ailleurs variable était prépondérante et parfois exclusive. Parfois on a noté (Rist et Rolland) l'existence de nombreux lymphocytes et quelques grands mononuléaires.Les polynucléaires dans ces cas sont rares et toujours très parsemés. Dans quelques cas la polynu- .cléose s’est transformée rapidement en lymphocytose. (Widal, obs. IV, Rist et Rolland).
Enfin parfois il y a une formule mixte polynucléose et lymphocytose. Dans ce cas, les polynucléaires font place aux lymphocytes dans un temps très court. (Guillain et Richet).
Les polynucléaires peuvent être altérés (obs. de Rist, de Guillain et Richet). Mais ils peuvent être intacts. (Widal et Brissaud, Ménétrier et Touraine, Bridoux, Chabert, Widal et Philibert, Souques et Bollack).
Dans ces épanchements puriformes aseptiques des méninges à polynucléaires intacts d’origine indéterminée, la symptomatologie nerveuse est très variable. Le début est celui d’une méningite tuberculeuse ou d’une méningite cérébro-spinale. Tantôt les symptômes méningés sont atténués (cas de Widal et Philibert), tantôt, au contraire, les symptômes prennent une allure de haute gravité. (Widal et Brissaud).
Examens bactériologiques. — ee ici les examens bactériologiques les plus Sérieux, les plus méticuleux
n'ont pas permis de connaitre la nature de ces états méningés : ils restent d'origine indéterminée,
Le liquide est toujours resté stérile. L'examen direct du culot de centrifugation, les cultures, les inoculations n'ont permis, dans aucun cas, de déceler le moindre microbe.
La réaction de Wassermann fut négative dans tous les cas de Widal sauf un : l'ensemencement du mucus naso-pharyngien fut toujours négatif dans tous les cas où il fut fait (cas de Widal, ensemencements faits par Schneider). ?
Dans tous les cas, l'hémoculture fut aussi négative.
Examen du sang. — Dans les cas de Widal il y eut une diminution des globules rouges dont le nombre variait entre 3.200.000 et 3.500.000. Les globules blancs étaient entre 7.200 et 9.800. La formule était la polynucléose.
Evolution, — L'évolution de ces états méningés indéterminés est rapide. Elle se termine par la guérison. L'épanchement reste toujours cantonné aux méninges. Cependant dans un cas (Delabre et Breton) il a été rencontré dans les méninges puis dans l'articulation du coude droit, alors que la température était tombée à la normale depuis deux jours. La ponction de ce dernier épanchement révéla la présence de polynucléaires intacts dans un liquide puriforme comme dans la ponction du canal rachidien. Il était aussi aseptique. |
Getle guérison se fait sans intervention thérapeutique. Elle est plus ou moins rapide. Elle semble cependant hâtée par la ponction lombaire, Les malades accusent après elle un soulagement souvent immédiat.
Mais la guérison n'est pas toujours parfaite. De telle sorte que le pronostic des épanchements aseptiques de
la plèvre, limpides ou puriformes ne doit pas être considéré comme aussi bénin que le veulent certains auteurs. Chez la malade de Widal et E. Brissaud, les réflexes rotuliens étaient abolis encore six mois après la guérison. Chez celui de Widal et Philibert, la céphalée persista pendant trois mois et demi en même temps qu'apparaissaient certains symptômes nouveaux : la photophobie, l'absence de réaction à la lumière et à l’accomodation, une amblyopie sans albuminurie ni glycosurie.
Dans une observation de Claude et Lejonne, il y eut des troubles encéphaliques et médulaires.
Souques et Bollak, tou trécemment publiaient un cas d'état méningé avec polynucléose céphalo-rachidienne suivi d'hémianopsie durable. L’étiologie est restée indéterminée. Plus récemment encore Sainton et Chiray observaient une épilepsie consécutive à une méningite cérébro-spinale d’origine indéterminée.
Ainsi à mesure que se précise la connaissance de ces états méningés, les complications paraissent devenir plus fréquentes. Nul doute qu’elles ne le deviennent malheureusement davantage quand ils seront encore mieux connus.
Séquelles nerveuses consécutives :
OBSERVATION
WIDAL ET PHILIBERT. Soc. Méd, des Hôp. 1907.
G... âgée de 20 ans, entre dans notre service à l'hôpital Cochin le 16 septembre 1906 pour une céphalalgie intense lui arrachant des cris incessants.
Pas d’antécédents héréditaires ni personnels.
Rien pouvant faire penser chez elle à la spécificité ou à la bacillose.
Les premiers malaises ont débuté il y a deux mois par de
l'inpétence, sommeil agité, sueurs nocturnes, faiblesse, perte de poids : et la céphalalgie qui n’a fait que devenir de plus en plus intense et pour laquelle elle vient consulter si entre
à l'hôpital.
A so entrée, la malade répond. mal aux questions.
Léger signe de Kernig, réflexes rotuliens légèrement augmentés. Température 38° 2, pouls : 64.
18 septembre. — Aggravation de ces symptômes, plus de la raideur de la nuque et de l'inégalité pupillaire.
La ponction lombaire donne un liquide clair ne coulant pas sous pression, et fournissant après centrifugation un culot considérable.
L'examen cytologique du culot étalé sur lame, montre presque exclusivement des polynucléaires. On constate à peine quelques mononucléaires.
L'examen bactériologique ne permet pas de constater de bacilles de Koch.
19 septembre. — Etat général un peu meilleur. Température 38° ; pouls 64. Céphalée et Kernig disparus, mais inégalité pupillaire persiste.
20 septembre. — La céphalée reparait un peu. Température 38° 5 ; pouls : 66.
24 Septembre. — Ponction lombaire ; présence presque unique des lymphocytes, à peine quelques polynucléaires.
Rien à l'examen bactériologique.
Les ensemencements sur:divers milieux de culture restent stériles ; les inoculations aux cobayes sont négatives. Température 31° 5; pouls : 64
À partir du 25 septembre, température : 37° ou'37° 5.
Le 28 septembre. =— Apparait une amblyopie légère.
1e octobre. — Température : 37° 5 ; pouls 96 ; la céphalée s'est atténuée, appétit conservé. Pas de Kernig, pas de raideur à la nuque pas de Babinski. Amblyapie moins intense ; pupilles égales.
? octobre, — La céphalée reparait violente, ainsi que l’inégalité pupillaire. Température 37° ; pouls : 80.
La ponction lombaire révèle une lymphocytose énorme, à
peine quelques polynucléaires.
Rien à l'examen bactériologique. Les inoculations au cobaye ne donnent rien. :
es ET NÉ AUS
3 octobre. — Etat général moins bon : céphalalgie augmentée. Légère inégalité des pupilles qui ne réagissent pas à la lumière et peu à l'accommodation. L’amblyopie a augmentée. Photophobie légère. Malade couchée en chien de fusil. Pas de Kernig, pasde raideur de la nuque, pas de Babinski ; légère exagération des réflexes rotuliens. Température 37° ou 37° 5 pouls : 80 et 112. Respiration : 10. Raie méningitique.
Même état avec alternatives d’aggravation et d’amélioration jusqu’au 11 octobre.
Ponction lombaire : même caractère que là dernière.
12 octobre. — La céphalée reparait après s'être calmée la veille par la ponction. Examen du fond de l’œil par Monsieur Poulard : rien.
Le 16 octobre. — On institue le traitement mercuriel, qui atténue pour un temps la céphalée ; celle-ci reparait très intense le 26 octobre.
7 novembre. — Ponction lombaire. Lymphocytose énorme.
A partir de la fin novembre, l,état général s’est amélioré et la céphalée a disparu.
Une dernière ponction lombaire pratiquée dans les derniers jours de décembre donne issue à un liquide claire sans lymphocytose.