CHAPITRE V
Méningite cérébro-spinale épidémique
Avant la généralisation de la ponction lombaire, des formes atténrées ont été signalées dans diverses épidémies, et notamment dans l'épidémie qui a frappé les troupes françaises de 1837 à 1850, parles médecins militaires Gasté et Faure-Villars. Les Suédois les ont observées en 1850.
Depuis 1898, Netter a signalé des cas où le liquide était absolument eau de roche, ne renfermant pas trace de microbes, ne contenant pas plus de cellules que le liquide normal, différant de celui-ci seulement. par la présence d’une quantité plus grande de sérum.
Il les englobait alors sous l'étiquette de méningites séreuses et les considérait déjà comme des formes atténuées abortives de la méningite cérébro-spinale épidémique. Jaccoud en parle longuement dans son traité de Pathologie. Rendu, Vincent, en communiquent des observations, en 1901, Gaeger à Kehl, en 1904, a trouvé, au cours d’une épidémie qui avait frappé le 14° bataillon de pionniers, dix-sept fois, chez des militaires plus ou moins atteints, un liquide clair ne renfermant ni microbes ni éléments cellulaires.
Salebert et Mouzioles ont fait ‘pareille ‘constatation chez vingt-trois malades au cours d’une épidémie de méningite cérébro-spinale, à Rennes, en 1907 : liquide clair eau de roche, sous pression, sans éléments cellulaires ni microbes.
La preuve clinique et épidémologique de la nature méningococcique de tels états était faite ; restait la preuve bactériologique. Salebert et Louis Vincent la donnaient, en juin 1909, par la précipito-réaction.
Neller, après avoir prouvé que la méningite cérébrospinale pouvait présenter un liquide clair à toutes les périodes de la maladie, en montrant que ce liquide clair contenait des méningocoques, démontra par les procédés de laboratoire que certains états méningés, au cocrs desquels la ponction lombaire ne révélait pas l'existence de méningocoques dans le liquide céphalo-rachidien, étaient cependant en réalité des syndromes relevant d’une infection à méningocoques. En un mot l'existence d'états méningés Méningococciques était démontrée.
Au point de vue clinique, ils sont « à la méningite épidémique classique ce que la fièvre muqueuse ou la diarrhée banale sont à la fièvre typhoïde ou au choléra ». Cependant bien que très atténués, tous les signes de la méningite cérébro-spinale peuvent être observés. Nous n'insisterons pas qRyanset sur ce sujet que tout le monde connait.
Plus importante et moins connue nous paraît être l'étude du liquide céphalo-rachidien dans ces cas.
Le liquide céphalo-rachidien garde ses caractères microscopiques normaux. Il est clair, ses altérations histo-chimiques sont réduites au minimum. « C’est le premier anneau de la chaîne qui, dans les cas typiques aboutit à la purulence. » (Salebert et Mouziols).
Les cultures sont constamment négatives, de même que l'examen microscopique direct.
«Heureusement, si limitée que soit la durée du meningocoque dans l’espace sous-arachnoïdien, ou si atténuée que soit sa virulence, il y secrète des produits solubles susceptibles d'être révélés. La précipito-réaction qui