CHAPITRE IX
Etats méningés dans la Scarlatine
La scarlatine, tout comme les oreillons peut provoquer des troubles nerveux passagers, mais intéressants. Is ont comme caractères le plus souvent de provoquer la leucocytose dans le liquide céphalo-rachidien avec ou sans phénomènes méningés. Toutefois la méningite scarlatineuse est incomparablement moins fréquente que la méningite ourlienne. Le virus scarlatin a moins d'affinité pour les méninges que le virus ourlien. Cependant plusieurs observations d'état méningé ont été publiées par Dufour et Giroux. Puis il nous faut citer celle de Gouget et René Bernard, celles de Sachs. D’après ce dernier auteur, il ne serait pas rare, au cours de la scarlatine, d'observer les manifestations cliniques d'une méningite, sans qu'il y ait une véritable méningite (40 %. des cas environ d’après les statistiques). Elles accompagnent ou elles précèdent la scarlatine: elles ne se différencient en rien des symptômes des méningites. Cepènpendant leur pronostie semble bénin, comme celui de tous les états méningés en général.
La ponction lombaire est le traitement de choix à leur opposer ; elle est suivie d'une sédation rapide. des accidents.
L'atténuation de l'éruption au moment de l'apparition des symptômes nerveux, leur intensité peuvent faire parfois penser à une méningite cérébro-spinale avec rash scarlatiniforme. Les résultats de la ponction lombaire, l'évolution ultérieure, viennent vérifier le diagnostic. —
One
En général la formule cytologique est la lymphosytose, le plus souvent la lymphocytose pure comme dans les cas que nous donnons ici comme exemples :
OBSERVATION
Henri Durour ET LÉON GIROUx. Soc Méd. des Hôp. 31 mars
Malade agée de 23 ans, entré le 25 novembre 1904 au Bastion 27 avec le diagnostic de scarlatine.
Le début de la maladie remonte au 20 novembre. — La malade bien portante jusque là, se plaint de douleurs très vives dans l'oreille gauche.
Dans la nuit du 20 au 21 la douleur persite et le mal de gorge apparait. >
Le 21 l’angine est plus intense et la déglutition devient très pénible.
A ces symptômes s'ajoutent en outre une céphalée violente.
Le 26 on se trouve en présence d’une malade très abattue se plaignant sans cesse de son mal de tête. La douleur siège au sommet de la tête et à la nuque où il y a une raideur assez marquée. Le
Le fronc et ses membres sont le siège d’un érythème scarlatineux-typhique. La langu et la gorge sont rouges, vernissées.
Eruption abondante d’herpès au niveau du nez, de la lèvre supérieure et des commissures.
Le pouls est ralenti (51 pulsations).
Dujour et Girour. — De quelques symptômes nerveux au cours de la scarlatine leucocytose du liquide céphalo-rachidien. (Soc. méd. des Hôpitaux, 31 mars 1905, p. 299.) ED
Sachs, de Berlin. — Memigisme au cours de la scarlatine. (Mars 1911. — Tahr. fin Kinderkreich t. XXII. 1).
L'examen complet de la malade ne révèle aucun symptôme intéressant.
Les jours suivants la température baisse, mais la céphalée persiste amsi que la raideur de la nuque.
Le 30 novemubre, — Nous faisons une ponction lombaire. Le liquide de ponction est clan et l'examen après rectification nous permet de constater une Iymphocytose très nette. LAS LMI 40
La céphalée diminue considérablement après la ponction, l'éta général s'améliore les jours suivants ; la convalescence évolue sans incident et la malade quitte le service Île 7 janvier 1905.
A. CAYREL ET ANDRÉ WEIL. Soc. Méd. des Hôp., 31 octobre LOT De,
C.. Vincent, jeune soldat, entre à l'Hôpital Militaire de Versailles, le 6 avril 1911, après-midi.
A son entrée, C.. présente tous les signes d'une scarlaline : fièvre, gorge et langue rouge, céphalée, vomissements, éruption typique au cou, sur la poitrine et la racine des cuisses.
Le 7 avril — Eruption et l’exanthènie se sont attcnuées paraissent discutables ; la température est de 39°, 39° 6.
Le 8 avril, la céphalée et la fièvre sont intenses ; le malade a plusieurs vomissements et un peu de délire nocturne:
Le 9 avril, l’éruption est presque complètement effacée. On constate un syndrome méningé très caractérisé ; céphalée, vomissements, raideur de la nuque, signe de Kernig, raie méningitique. La température est à 39 degrès, le pouls à 60. Le malade est prostré et subdélirant.
Le lendemain, les symptômes méningés persistent, la température est à 40 degrès. Une ponction lombaire donne issue à 20 centimètres cubes de liquide hypertendu, clair contenant de très légers flocons visibles par agitation. La quantité d’albumine est aubgmentée ; après centrifugation, il se forme un petit culot ; l'examen sur lames montre une purée de Iymphocytes, de grande cellules uninuclées. Pas de microbes. Les cultures sur différents milieux restèrent stériles.
Après la ponction, le malade se sent très soulagé, la céphalée s’atténue, les vomissement cessent :: la: température
descend à 38° 4 L’éruption devient plus nette sur la poitrine et le cou.
Le lendemain, la deuxième ponction est vuivie de la sédation rapide de tous les symptômes. La température descend à 36° 5. La convalescence est rapide.
L'existence de la scarlatine, qui avait pu être mise en doute du fait de l’atténuation rapide de l’éruption au moment de l'apparition des phénomènes méningés, a été confirmée pendant la convalescence par une desquamation typique, et par deux cas de contagion intérieure. Les deux voisins immédiats de C.….. à l’infirmerie ont eu la scarlatine quelques jours après ce contact.