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Le 16, apparaît du délire, et le 17 au matin, je trouve l'enfant couché en chien de fusil, la langue et les lèvres fuligineuses avec de la raideur de la nuque, une rachialgie très vive et un signe de Kernig très prononcé ; il pousse des plaintes inarticulées, et ne répond à aucune des questions qu'on lui pose. En présence de cette aggravation subite de son état et de ce symdrôme méningé inquiétant, je prescris une ponction lombaire et demande un examen du sang, qui n'avait pas été pratiqué jusqu'alors par suite de circonstances fortuites. Dans l’après-midi, on fait la ponction lombaire qui donne un liquide absolument clair à peine hypertendu. L'examen du sang est malheureusement renvoyé au lendemain et montre de très nombreux hématozoaires à petite forme. Mais dans la nuit, l’état s'aggrave encore, la température dépasse 41 degrès et le petit meurt sans avoir pu bénéficier du traitement qui l’aurait sans doute sauvé.
Comme Lortat et Jacob « nous n'avons pu retrouver dans les descriptions du paludisme de sembables constatations cytologiques. Il serait cependant intéressant de connaitre la part qui revient à la méningite dans l'hisloire des accidents nerveux paludéens et notamment « de ces paralysies transitoires qui surviennent d'ordinaire pendant un accès de fièvre et disparaissent l'accès terminé ou peu après. » (Laveran), et comme on peut en rencontrer des exemples dans la littérature médicale et principalement les cas de paraplégie avec anesthésie partielle. ».— Dumolard et Aubry disent avoir observé des cas semblables aux notres. (Bulletin Médical de l'AI gérie, janvier 1912). Ces observations doivent faire l’objet d’une thèse prochaine.
Ces faits montrent que le paludisme peut, dans cerlains cas, dans des conditions spéciales, déterminer, par son action sur les méninges, un syndrome méningitique qu'il ne faut pas se hâter de rapporter à la syphilis ou à la tuberculose, et que l’on doit éviter de faire entrer dans le groupe des états méningés indéterminés. Dans nos contrées où le paludisme sévit avec intensité, en pré-
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sence d’un syndrome méningé qui:ne fait pas sa preuve par la coexistence d'une maladie infectieuse classée, il faudra dorénavant songer au paludisme et ne pas omettre de pratiquer la recherche de l’hématozoaire qui nous permettra d'instituer à coup sûr un traitement pathogénique que nous savons éminemment actif.