‹ Contribution à l'étude DES États MéningésChapitre 49 sur 66 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Syndromes méningés et zona

La lymphocytose du liquide céphalo-rachidien dans le zona est de notion courante depuis les travaux de Brissaud, Sicard, de Dopter, de Widal et Le Sourd. (Soc. méd. des Hôp., mars et juillet 1901).

Chauffard et Louis, Achard {Soc.méd. des H6p., novembre et décembre 1902), Brandeis (Soc. de Biolog., 23 avril 1904) ont montré que pour ces cas, les douleurs persistantes, les éruptions récidivantes étaient en rapport avec la lymphocyiose traduisant l'intensité des lésions méningées-

Mais dans tous ces cas l'examen cytologique du liquide céphalô-rachidien seule permettait de déceler la réaction méningée. Cliniquement elle restait latente. Cependant elle peut se révéler cliniquement. Tels sont les cas de Chauffardet Rives. (Soc. méd. des Hôp., juin 1905.) de Chauffard et Rendu (Soc. méd. des Hôp., 8 février 1907.) Ces observations ont été publiées dans la thèse d'Avenier (1).

Dans ces cas, la méningite semble avoir été subordonnée à la lésion du ganglion rachidien. Telle est encore l'observation récente de Esbach, de Bourges (Soc. méd. des Hop., 4er décembre 1911, p. 505). Cette observation montre qu’un nouveau relai peut être ajouté aux étapes déterminées par Chauffard, Rivet et Rendu :

(x) AVENIER. La méningile zonateuse. Th èse de Paris 1008.

So e

« Gaugliite zonateuse initiale, radiculite postérieure ascendante, méningite tardive localisée ou généralisée. » (Esbach).

OBSERVATION EsBacx. Soc. Méd. des Hôp., 1% décembre 1911.

B.. âgé de trente ans, officier d'artillerie, sans maladies antérieures, indemne de tuberculose et de syphilis, ressent le 27 mai une violente douleur thoracique suivie le lendemain d'une éruption du zona intercostal sur son hémi-thorax droit. L'éruption afecte la disposition métamérique ; un bouquet de vésicules entourées d'une large zone érythémateuse siège en arrière, dans le 9° espace intercostal ; d'autres bouquets, moins importants, siègent au même niveau que le précédent, l’un latéralement dans la région soux-axillaire l’autre en avant un peu au-dessus de l’ombilie, débordant légèrement la ligne médiane.

Le 1% juin, cinq jours après le début du zona, surviennent

de violents maux de tête avec nausées continues qui déterminent toute cessation de travail et l’alitement. Le 2 juin, les maux de tête persistent, la céphalée est diffuse, sans localisation, les nausées existent toujours. Le malade gémit douloureusement ; sa lucidité est complète. Il est couché en chien de fusil, la nuque renversée en arrière. On ne peut lui fléchir la tête sur la poitrine, le signe de Kernig dans la position assise est très accusé ; les réflexes patellaires sont exagérées. La température est à 37 degrès ; le pouls de 80 pulsations par minute.

: Une ponction lombaire pratiquée le jour même a laissé s'écouler un liquide cépalo-rachidien, en hypertension, qui sort en jet, dont 25 centimètres cubes sont facilement recueillis. Ce liquide examiné avec notre collègue, le D' Jean Baur, est clair, riche en albumine, et présente dans le culot de centrifugation de nombreux lymphocytes, quelques cellule et histolyse ; il ne contient pas de polynucléaires. La précipito-réaction de Vincent et Bellot a été négative.

Les jours suivants, la céphalée, qui a été aussitôt après la ponction, ne réapparaît pas aussi intense ; la tête devient lourde, puis elle se dégage lentement et progressivement. La raideur diminue, mais beaucoup moins vite encore que la céphalée. La température reste à 37 degrés, le pouls os-

cille de 60 à 80. Le traitement consiste en absorption de KI et en bains chauds.

Au milieu de juillet, ia tête est à peu près libre, la raideur de la nuque et du tronc s’est beaucoup amoindrie, les jambes n’ont pas encore retrouvé leur souplesse ; le signe de Kernig est facile à mettre en évidence.

Actuellement, fin octobre, cinq mois après l’éclosion du syndrome méningitique, les derniers accidents n'ont pas disparu. Notre malade a repris ses occupations de bureau, mais souffre de la tête quand il travaille, De même il marche avec précaution et à petits pas, pour cette double raison que toute secousse provoquée par les inégalités du sol lui retentit douloureusemient dans la tète et qu'il éprouve une certaine gêne le long du ractis. La contracture de flexion des cuisses sur l'abdomen persite encore légèrement. Les réflexes patellaires sont encore un peu exagérés. Il n'existe aucun trouble moteur, sensitif ou trophique.

Page 1