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CHAPITRE XII

Etats méningés dans les infections aiguës de l'appareil respiratoire

On constate fréquemment au cours des infections aiguës de l'appareil respiratoire, des accidents méningés longtemps classés sous le nom de pseudo-méningites ou de méningisme.

Depuis longtemps, les médecins avaient altiré l’attention sur ces faits. Cependant c'est à Bouchut que revient l'honneur d’avoir le premier décrit cet état morbide dont « Ja clinique révèle assez souvent l'existence et que caractérisent des troubles fonctionnels du cerveau et des méninges pouvant donner lieu à des apparences de méningite. » Depuis de nombreux travaux ont paru sur la question. C’est surtout Hultinel et ses élèves, Bergé, Claisse, Levé, Nobécourt, Wolf, René Monod, Roger Voisin, à qui l’on doit d'avoir montré qu’ « il n’est pas rare, chez l'enfant, au cours des pneumonies de rencontrer des symptômes méningés plus ou moins accentués et qui pourraient en imposer pour une méningite ». C'est Hutinel qui, reprenant la théorie de Belfanti, soutint comme lui qu'on pouvait, dans ces cas, accuser la toxine du pneumocoque agissant comme un poison convulsivant ».

Aujourd'hui, grâce aux travaux de Widal et ses élèves (Ravaut, Sicard), grâce à ceux de Netter, de Quincke, on sait qu'à côté des symptômes dûs à des méningites suppurées, il y a toute une série de symptô-

, mes plus où moins accentués; curables, ne traduisant que des lésions minimes des méninges. Ces cas ne doivent pas entrer dans le cadre du méningisme. Ces pseudo-méningites sont en réalité des méningites stériles, le plus souvent bénignes et d’origine toxinienne. Elle n'entrainent que des lésions minimes des centres nerveux, mais le plus souvent elles provoquent une réaction du hquide céphalo-rachidien qui permet de les différencier du méningisme. Nous ne ferons que les ciler, renvoyant pour leur étude à l'excellente thèse de Roger Voisin (Paris 1904).

Ces phénomènes méningés s'observent surtout chez les enfants : on les a cependant notés chez l'adulte (Netter). Au point de vue clinique ils peuvent revêtir toutes les modalités et simuler à S'y méprendre une méningite cérébro-spinale. C’est l’évolution et la ponction lombaire qui font le diagnostic. « Il n'y a, disait Bouchut, entre la vraie et la fausse méningite qu'une question de degré. C'est la persistance des symptômes, leur prolongation, leur aggravalion qui permettent de se prononcer. La congestion méningée est le point de départ des accidents qui s’observent dans Fun et l'autre cas. Seulement dans la fausse méningite, la congestion s’arrête ou cesse de troubler les fonctions de l’encéphale, tandis que dans la méningite vraie, à la congestion succède l’épanchement ventriculaire et la supuration des membranes. L’ophtalmoscope lui-même ne permet pas de trancher la question, car il indique par lhyperhémie papillaire la congestion des méninges dans les pseudoméningites comme dans les vraies. » Ce que disait Bouchut en 1889 est encore vrai aujourd'hui. Il suffit de remplacer le terme de pseudo-méningite par celui d'états méningitiques.

Ces états méningitiques se rencontrent fréquemment dans la pneumonie, surtout chez les enfants. — On sait,

en effet, que « la caractéristique essentielle de la pneumonie infantile réside dans l'intensité des réactions nerveuses qui l’accompagnent » (Landouzy et Griffon, Traité-de Médecine, Brouardel et Gilbert, article Pneumonie, page 167). — Cette « pneumonie cérébrale » (Rilliet et Barthez, Roger) affecte parfois la forme éclamptique, mais souvent elle revêt le tableau clinique d'une méningite : la céphalalgie, les vomissements, le délire, la constipation, le signe de Kernig, parfois même l'existence de strabisme légitiment bien souvent ce diagnostic. —

« Pour qui n'a pas l'habitude de la clinique des premiers âges, cette symptomatologie est loin d’éveiller l'idée d’une pneumonie en évolution ; d'autant que bien souvent les signes fonctionnels qui, chez l'adulte, attirent immédiatement l'attention vers les organes respiratoires, font ici défaut. » Le point de côté, la toux, l’expectoration passent bien souvent inaperçus chez l'enfant. Souvent la dyspnée, l'accélération du rythme respiratoire, sont les seuls signes traduisant l'atteinte du poumon. Encore ces signes peuvent-ils exister chez lé tout petit enfant indépendamment de toute lésion pulmonaire, chaque fois qu'il y a fièvre intense. Aussi en présence de phénomènes cérébraux doit-on toujours chercher la pneumonie chez l'enfant. Elle sera bien souvent difficile à dépister, le foyer pneumonique ne se manifestant pas toujours par les symptômes caractéristiques qui la traduisent chez l'adulte (Hutinel) (pneumonie du sommet).

Chez l'adulte on retrouve aussi parfois cette forme clinique de la pneumonie.

En général elle s'accompagne de modifications du liquide céphalo-rachidien. Les recherches de Monod et de Voisin ont montré : l'hypertension, l'augmentation de l’albumine et souvent une réaction leucocytique, lymphocytaire ou polynucléaire. Ces modifications, ordi-

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nairement plus marquées quand il y a des phénomènes

méningés, peuvent exister également en leur absence ; elles peuvent, d'autre part, manquer alors que ceux-ci existent ; et on note dans leur intensité tous les degrés depuis la simple modification clinique jusqu’à la purulence (Voisin).

Modifications physico-chümiques. — Les recherches de Voisin ont porté sur 38 cas personnels ayant donné lieu à 64 ponctions.

La tension est en général augmentée (46 fois sur 64).

Quatre fois le liquide était trouble, s'éclaircissant secondairement par repos et donnant alors un dépôt plus ou moins marqué, fibrineux ou purulent. Une fois (obs. 81 de Voisin) il avait un reflet jaune verdâtre comme dans les méningites aiguës relalées par Bard et Sicard. (23 fois sur 38.)

Le plus souvent il y a augmentation de l’albumine du liquide céphalo-rachidien. Sept fois sur dix elle coexiste avec une réaction leucocytaire. « On put dans trois cas la voir varier en même temps que la réaction leucocytaire et comme elle, nulle, dans les premiers jours, la voir apparaître les jours suivants. » (Voisin.)

Dans certains cas (obs. #8, 62, 63) l'albumine peut manquer au début et apparaître par la suite.

Modifications cytologiques. — Sur trente-huit cas, dix-neuf fois il existait une réaction leucocytaire. Elle fut plus ou moins marquée: insignifiante comme dans les observations 61, 64, 67, 68; ou suffisamment marquée pour troubler le liquide (60, 79, 80). La formule fut une formule le plus souvent mixte, polynucléaires et lymphocytes. Mais on peut observer de la lymphocytose ou de la polynucléose pure.

Sur trente-sept ensemencements sur gelose et gelose

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