HISTORIQUE, — REVUE DES DIVERS PROCÉDÉS
Nous nous trouvons obligé, dans ce chapitre, de sortir de nos limites et de rapporter divers manuels opératoires indiqués pour la cure radicale de la hernie ombilicale, qui sont applicables aussi au traitement de l’éventration. Dans ces interventions il est un temps qui n'a pour nous aucun intérêt: c'est celui qui concerne la réduction de la hernie et la résec tion du sac; mais les temps qui se rapportent à la fermeture de la plaie peuvent s'adapter à l'opération qui nous occupe. Pour l'historique, nous faisons de larges emprunts à la communication, faite par Gouilloud au Lyon Médieal, sur la prophylaxie des éventrations post-opératoires. ,
La première intervention pour éventration semble pouvoir être attribuée à Gerdy, en 1836. Il appliqua à ce cas son procédé de cure radicale de hernie, qu'il venait de publier. Voici
en quoi Consiste son procédé : après avoir refoulé dans la
position horizontale le contenu de la hernie, il invaginait le sac et en fixait le fond à la paroi antérieure du canal ; il l’avivait avec un caustique, le plus souvent avec de l’ammoniaque, puis fermait par quelques points de suture l’orifice extérieur. Il traita de la même manière un cas d'éventration et obtint un suCCès.
Quelque temps après, Hadlich fait paraître une communication sur deux cas d’éventration traités par lui d’après la mé-
thode Simon, et, à ce propos, il décrit en détail les divers temps de l'opération. à
Après avoir réduit l'éventration, on déprime fortement la peau dans la cavité de l'abdomen; puis, ôn fait sur les bords de l’excavation ainsi obtenue une incision circulaire qui pénètre jusqu'aux couches profondes du tissu cellulaire sous-cutané, de façon à avoir un avivement de deux centimètres de large. Il s’agit alors d'appliquer des sutures qui sont destinées à refouler la portion de la paroi comprise en dedans de l'incision et à réunir les bords externes de cette incision. On place d'abord les points intéressants les lèvres internes de l’ineision ; puis, au-dessus, on pratique des points superficiels qui rapprochent les lèvres externes et qui, en se resserrant, invaginent pour ainsi dire la portion de la paroi qui soutenait auparavant l’éventration. On place ainsi au devant de la masse, au point où elle avait refoulé la paroi, une sorte de tampon fermé par la partie invaginée.
Ontre les deux cas cités par Hadlich et couronnés d’un plein succès, Maas tente l'opération de Simon, et obtient, dit-il, un très beau résultat. ee
Quelque temps après, c’est Balandin qui cite une nouvelle cure, suivie dun résultat satisfaisant.
Malgré les résultats excellents fournis par cette méthode, elle est, aujourd’hui, complètement abandonnée. L'opération très compliquée n’a plus de raison d’être de nos jours, où l’on ne redoute plus autant de voir et même de blesser le péritoine. Il n’est pas nécessaire de recourir à ce procédé qui, pour être ingénieux, ne s'adresse pas directement à la lésion et ne res-
taure pas la ligne blanche endommagée par l’éventration.
A côté de la méthode de Simon, il faut en citer une autre à laquelle s'attache le nom de Chrobach, qui l'a mise en
honneur.
Après avoir fait sur la partie médiane une incision compre-