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INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS

Disons, tout de suite, que chez l'enfant l'intervention sanglante est rarement indiquée.

S'il s’agit d’une éventration congénitale, la gravité de la lésion ne permet pas d'intervenir, et si l'enfant ne présente pas d’autres malformations, l'expérience nous apprend que la paroi se reconstitue d'elle-même. Dans une éventration limitée, toute partielle, le chirurgien pourra empruntersur le côté de la paroi des lambeaux cutanés qu'il ramène en avant de la ligne blanche.

Les indications d'opérer ne sont guère plus Fute dans l’éventration acquise de l'enfant.

La faiblesse générale, la toux, le mauvais état du tube digestif, le mettent en mauvaise position pour supporter une opération nécessitant toujours une anesthésie assez longue. Nous savons d’ailleurs combien un traitement médical bien dirigé a facilement raison de la faiblesse de la paroi abdominale chez les enfants.

lei, s’offriront surtout les indications du bandage, dé l’hygiène aidée du massage et de l'électricité.

En ce qui concerne l’éventration de l'adulte, qu'elle soit le fait de la grossesse ou qu'elle fasse suite à une opération, les indications sont les mêmes que celles de la hernie ombilicale.

Dans son «Traité sur la cure radicale des hernies », Lucas

Championnière décrit bien les complications qui se produisent chez les porteurs de grosses hernies ombilicales et qui guident le chirurgien dans l'opportunité de l'intervention.

Ces complications sont les phénomènes douloureux de tendance à l'accroissement, les adhérences, les étranglements, la production de l’emphysème.

Ces douleurs, dans l’éventration, tendent à s’irradier dans divers points de la paroi abdominale. Elles sont dues à la compression de cette paroi par la masse des viseères et aux adhérences. |

Ces adhérences plus fréquentes dans les hernies existent aussi, ainsi que le démontre la clinique, surtout dans les éventrations consécutives aux opérations. On comprend les tiraillements qu'elles peuvent exercer sur l'intestin et la gêne fonctionnelle qui peut en résulter.

L’étranglement de l’éventration est un fait rare. Nous en avons relevé un cas, rapporté dans la thèse de Dauriac. M. Guinard constata, chez une malade atteinte d’éventration. post-opératoire, tous les symptômes de l’étranglement ; l’opération démontra que cet Ctranglement avait été produit par une bride enserrant l'intestin.

Toute éventration présente une tendance très marquée à s’accroître. On sait la facilité avec laquelle l'intestin glisse dans tous les points qui lui sont ouverts et l’état de distension . dans lequel est continuellement la masse contenue dans l’abdomen. Le fait clinique est là qui montre la marche rapide de presque toutes les éventrations.

Toutes ces diverses complications sont autant d'indications à intervenir rapidement, mais certaines contre-indications peuvent venir s'opposer à l'opération.

La date trop récente de la lésion permet de surseoir à la cure radicale et detenter la guérison par les moyens médicaux ; il en est de même pour des éventrations de peu d'importance.

L’excès en sens contraire est aussi une contre-indication. Notre Observation IV en est un exemple. Le chirurgien ici est arrêté par une cachexie trop avancée, par des troubles cardiaques empêchant toute anesthésie, s'opposant même à toute réduction.

Signalons enfin une contre-indication, non à la cure radicale, mais au procédé que nous avons décrit et que nous avons trouvé chez la malade qui fait l’objet de notre Observation HI : c’est l'atrophie de la paroi et en particulier des muscles. Une des parties les plus importantes pour la reconstitution de la paroi fait défaut, mais il n’est guère possible de le constater avant l'incision des gaines musculaires. On trouve là une masse molle, jaunâtre, cédant au moindre tiraillement. Il faut renoncer ici à la suture musculaire : l'opérateur devra se contenter de la suture à deux étages. |

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