‹ Contribution à l'étude des éventrations et de leur traitementChapitre 22 sur 24 · C... M..., veuve À..., âgée de 37 ans, profession de repas · texte numérisé non relu

C... M..., veuve À..., âgée de 37 ans, profession de repas

seuse, entre, le 3 octobre 1891, dans une chambre payante.

Cette femme est obèse et pèse 102 kilos. Elle porte sa lésion depuis l’âge de 18 ans, époque à laquelle elle a eu un premier accouchement. Mais ce n’est qu'après son deuxième accouche

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ment, à l’âge de 21 ans, qu’elle a constaté, dit elle, la déformation de son ventre. À 28 ans, une péritonite aiguë, à la suite d'un refroidissement, est venue réveiller les douleurs qui depuis lors n'ont fait que s’accroitre. La malade, depuis quelques jours, accuse des vomissements fréquents ; elle ne peut plus se livrer à sa profession de repasseuse malgré le port d’une ceinture qui à produit sur le point culminant de la tumeur une petite ulcération.

Opération le 12 octobre 1897. Anesthésie sous le chloroforme, D° Reboul, opérateur. Incision elliptique circonserivant la tumeur mesurant dix-huit centimètres de longueur et six centimètres de largeur et remontant jusqu’à un centimètre audessus de l'ombilic. Dissection du tissu cellulaire qui mesure six centimètres d'épaisseur jusque sur la gaine des droits.

La réduction de l’éventration est plus laborieuse que d’habitude et cela tient à des adhérences produites probablementsous l'influence de la péritonite.

Le temps des sutures estnormal, mais le péritoine a été ouvert sur une hauteur de dix centimètres.

L’excision de la peau présente quelque difficulté à cause de son épaisseur. |

Premier surjet sur le péritoine ; deuxième surjet sur les feuillets profonds de la gaine ; troisième surjet musculaire : quatrième surjet sur les feuillets superficiels de la gaine. Sutures de la peau avec de gros fils de soie et des crins de Florence.

43 octobre. — Température 873 et 37°4. Douleur au niveau de la plaie. Piqûre de morphine.

20. — Température 38°5. Les douleurs se réveillent. On fait avouer à la malade que, la veille, elle a passé les mains sous son pansement sous prétexte de démangeaisons.

93. — Langue sèche. Elancements au niveau de la plaie. Insomnie. On se décide à pratiquer le premier pansement et

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on trouve la plaie en pleine suppuration. Le foyer s’est ouvert à la partie supérieure de la ligne de suture ; on le rouvre à la partie inférieure, et on fait passer un long drain ressortant de

chaque côté. Par le lavage, on exprime de la plaie une quan-

lité de pus que l’on peut évaluer à 300 grammes.

Les lavages sont répétés les jours suivants, malgré l'indocilité de la malade. La cicatrisation fait de grands progrès, quand la malade demande à sortir, le T novembre 1897.

Nous avons revu la fille de la malade le 26 décembre. D'après ses renseignements, jusqu'à aujourd'hui, le résultat peut être considéré comme bon. |

OgBservarTion III

(Eventration post-opératoire)

L... D..., âgée de 50 ans, domiciliée rue de la Treille, 40 a été opérée à l'Hôtel-Dieu, il y a un an, d’une grosse hernie ombilicale. Entrée à la salle Fontaines, le 21 septembre 1897, elle raconte qu'il y a trois mois environ, sans motif appréciable, elle à été prise de fortes coliques et qu'elle s’est aperçue d'une tumeur du volume d’une mandarine, placée à droite, à 5 centimètres au dessus de l’ombilic. Les douleurs s'irradient dans tout l'abdomen ; elle a la sensation de liraillements, avec. cela digestions difficiles, vomissements répétés. Tumeur réduetible, manifestement formée par l'intestin, mesurant 12 centi-. mètres de haut et 8 centimètres de large, occupant l'ancienne cicatrice.

1” septembre. — Intervention par M. le docteur Reboul. Incision de la peau du tissu cellulaire enlevant l’ancienne cicatrice. Le Lissu adipeux est très épais; la malade tousse beaucoup, ce qui rend l'opération très laborieuse. Les muscles

ip grands droits, mis à découverts, sont jaunâtres et mous. Ils ne paraissent pas assez résistants pour supporter une suture. On se contente de reconstituer la paroi avec le tissu fibreux, le tissu cellulaire et la peau.

Les suites de l'intervention ont été assez compliquées, par suite des efforts de toux et des vomissements. De plus, un mois après l'opération, il s’est formé, au niveau de la cicatrice, un véritable abcès qui a compromis le résultat.

La malade est condamnée au port du bandage, pour remédier autant que possible à son infirmité.

OBSERVATION [V (Enorme éventration consécutive à la grossesse, inopérable).

R... S..., âgée de 5T ans, entre à l'Hôtel-Dieu, le 18 décembre 1897. La malade a eu six accouchements, son éventralion date de 22 ans, et s’est montrée après son deuxième accouchement. Elle avait atteint, en avril 1897, le volume d’unetête de fœtus. À ce moment, elle contracte la grippe et les efforts de toux augmentent rapidement le volume de l'éventration.

À son entrée à l'Hôtel-Dieu, cette femme représente le type complet dé l’éventration arrivée à sa dernière période. Elle est allongée dans son lt, et 11 lui est impossible de faire le moindre mouvement. Les deux cuisses sont écartées et le ven-

tre retombe jusqu'à 5 cent. au-dessous du genou. L'ombilie est placé à 8 cent. au-dessous de la ligne qui réunit les deux épines iliaques. De l'ombilie au pubis, en contournant l'éventration, on mesure 55 cent.; de l’ombilic à l'appendice xiphoïde 35 cent. Le contour du ventre, au-dessous de l’ombilie, est de 62 cent. Le tour detaille, au niveau des reins, est de 1 mètre

10 cent.

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