‹ Contribution à l'étude des éventrations et de leur traitementChapitre 4 sur 24 · ERA D'AS · texte numérisé non relu

ERA D'AS

Mais avant de venir former la ligne blanche, les aponévroses des muscles larges, en arrivant sur le bord externe des grands droits, s'organisent pour leur former une gaine. La disposition des différents. feuillets qui constituent cette gaine varie suivant qu'on l’examine au-dessus ou au-dessous de l’ombilic.

Au-dessus de l’ombilic.— Sion prend la ligne blanche comme point de départ, on la voit se diviser sur le bord interne de chaque museleen deux feuillets, dont l’un passe en avant, l'autre en arrière du muscle. Le feuillet antérieur, après avoir recouvertles deux tiers de la surface du muscle, se subdivise en deux lames: l’une, superficielle, arrivée à trois ou quatre centimètres du bord externe du grand droit, donne insertion aux fibres charnues du grand oblique et constitue son tendon, tandis que l’autre, profonde, se porte en arrière de la précédente, et va s'unir à une autre lame émanant du fenillet postérieur de la gaine. Le feuillet postérieur, après avoir recouvert la face profonde du grand droit, se dédouble et donne naissance, lui aussi, à deux autres lames : l’une superficielle, très courte, sunit au feuillet profond du dédoublement antérieur pour former le tendon du petit oblique ; l’autre, profonde, se porte en dehors et donne insertion aux fibres du transverse. Si on prend comme point de départ les muscles eux-mêmes, en se dirigeant ensuite vers la ligne blanche, on peut résumer en disant que l’aponévrose du petit oblique se dédouble sur le bord externe du grand droit et forme le feuillet antérieur de la gaine en s unissant au grand oblique, et le feuillet postérieur, en s’unissant au transverse.

Au-dessous de l'ombilic. — La disposition change iei complètement. Le feuillet postérieur de la gaine s’amineit et se réduit bientôt à une couche de tissu cellulaire, qui constitue le fascia transversalis ne donnant pas attache aux museles. Le feuillet

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antérieur se divise, comme au-dessus de l’ombilic, en deux lames. L'une, superficielle, donne attache aux fibres du grand oblique, tandis que l’autre, profonde, sert d'insertion commune ‘au petit oblique et aû transverse. Ce dernier muscle et le grand droit sont donc enrapport direct avec le /ascia transversalis en arrière duquel se trouvent le tissu cellulaire sous-péritonéal et

le péritoine.

De l'ombilic. — Les parois de l'abdomen se développent d'arrière en avant et de dehors en dedans par l'accroissement des somatopleures qui sont formés par la réunion des feuillets ectodermiques et de la lame fibro-cutanée, dédoublement du feuillet moyen. Ces somatopleures, séparés d’abord par une large fente, le cælome interne ou cavité générale du corps, se rapprochent peu et se soudent sur la ligne médiane, ne laissant ouvert qu'un point qui constituera l'anneau 6mbilical. « Le futur » ombilic fœtal, dit Gilis, dans son Traité d'embryologie, est » d’abord occupé par le canal omphalo-vitellin, qui fait com- » muniquer la cavité intestinale de l'embryon avec la cavité de » Ja vésicule ombilicale ; le canal ne tarde pas à se rompre, ses » vaisseauxs atrophient également et un cordon épithélialplein, » qui disparait bientôt, est son dernier vestige. Mais c’est le long » des parois du canal omphalo-vitellin que l’allantoïde s’est » développée, et son pédicule renferme, au début, deux artè- » res et deux veines ombilicales. Au quatrième mois de la gros- » sesse, les vaisseaux omphalo-mésentériques et l’une des » veines ombilicales ont disparu; il ne reste plus alors que » les éléments du cordon. » |

Rochet a donné une bonne description de l'anneau ombilical eta montré qu'il était circonscrit par deux faisceaux demi-circulaires qui se dirigent dans le sens transversal. L'inférieur est contourné par les artères ombilicales, tandis que la veine ombilicale contourne le faisceau supérieur.

Que devient lanneau ombilical après la naissance ? Quelles sont la configuration, les dimensions, la structure de l'ombilie ?

L'ombilie est la cicatrice qui succède à l'oblitération de l’anneau ombilical. Il est placé, d’après Tillaux, en général, à la partie moyenne de la ligne blanche, à égale distance de l’appendice xiphoïde et de la symphyse pubienne. D'après Poirier, il serait placé un peu au-dessous ; chez l'enfant, il se trouve quelques millimètres en dessus. I présente à étudier trois parties : la peau, l’anneau ombilical et le péritoine.

La peau est déprimée, comme invaginée ; elle est mince et fine et n’est pas doublée de tissu cellulaire. Le fascia superfcialis et la couche graisseuse s'arrêtent au pourtour de l’orifice et forment, à ce point, un bourrelet circulaire plus ou moins considérable. Dans certains cas, cette graisse peut s'engager dans l'anneau et prédisposer ainsi à des entérocèles.

L'anneau ombilical se resserre beaucoup après la naissance; il est formé aux dépens de la ligne blanche qui fait défaut. La peau et le péritoine arrivent directement au contact et adhèrent intimément au pourtour de l’anneau fibreux qui, d’après Rochet, serait renforcé par un second anneau, auquel cet Auteur donne le nom de fascia ombilicalis. Mais Tillaux à constaté que son existence n’était pas constante chez l’adulte.

Blandin attribue à l'anneau ombilical la forme d’une gueule de four, dont la partie cintrée serait placée en haut. Les vaisseaux qui, chez l’enfant, occupent le pourtour de l'anneau, la veine ombilicale en haut, les artères en bas, glissent et viennent se placer à la partie inférieure de la cicatrice, tandis que la partie supérieure reste libre.

Le péritoine recouvre la face postérieure de la cicatrice ombilicale et, fait important à retenir, une adhérence intime s'établit entre la séreuse et la peau, d’ailleurs, très amincie. Il forme à ee point un repli, la faux de la veine ombilicale, qui entoure ce vaisseau et fait une longue saillie, bien visible sur

NE (DRE la face postérieure de la paroi. Il faut, enfin, signaler l’existence constante de paquets adipeux qui, d’après Tillaux, occupent l’espace laissé libre entre la veine ombilicale et le rebord supérieur de l’anneau.

De cette rapide esquisse anatomique, plusieurs points importants sont à retenir pour l'étude des éventrations et de leur traitement. Ce sont :

1° La constitution de la ligne blanche, formée surtout par les tendons des muscles larges de l'abdomen :

2° Le rôle important que jouent tous les muscles abdominaux dans la résistance de la paroi ;

3° L'impossibilité, pour les deux muscles grands droits, de sortir de leur gaine constituée par des aponévroses très fortes, et de glisser sans distendre la ligne blanche ;

4 L'existence, au niveau de la paroi abdominale, au centre de la ligne blanche, d’un point très faible constitué par l’ombilic ;

9° L’adhérence intime de la peau et du péritoine au niveau de l’ombilic sans interposition de tissu cellulaire ou graisseux.

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