‹ Contribution a L'Etude des Éventrations Médianes Post-OpératoiresChapitre 12 sur 14 · DE · texte numérisé non relu

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C'est pour éviter une telle situation que divers petits moyens ont été mis en œuvre. Pour redonner droit de domicile à l'intestin sur la cavité abdominale qui paraît n'avoir plus les dimensions suffsantes pour le recevoir, ou mettra le malade au lit, lui recommandant le repos le plus complet dans les jours qui précèdent l'opération. On pourra aider le maintien de la hernie en plaçant sur l’éventration un sac de sable ou encore à l’aide d’une ceinture de tissu élastique. Ce sont là de petits moyens qu’il est bon de ne pas négliger.

Certains auteurs, considérant avant tout dans l’éventration une affection dans laquelle les différents éléments et la paroi sont altérés dans leur constitution et leur vitalité, ont songé à remédier au défaut de résistance des éléments naturels par - des artifices portant :

1° Soit sur les lissus des différents plans sauf les muscles ;

2° Soit sur les muscles;

3° Soit plus particulièrement sur les gaines des muscles.

Les auteurs qui se sont astreints à renforcer la paroi soit par dédoublement des plans fusionnés, soit par chevauchement, ont appliqué leurs procédés exclusivement à la cure des hernies ombilicales; mais ils parlent tous de l’application de leur méthode à la cure des éventrations.

A ce titre, nous en donnons l'indication. Reconnaissant la nécessité d'augmenter la surface d’avive-

ment, Lawson-Tait propose ce dédoublement du

plan fibreux. Ce procédé est repris par Zoenger de Leipzig qui en décrit la technique.

« Incision de l’ombilie et de l'anneau ombilical ; « puis, de chaque côté, je fais la division de la lame « aponévrotique de la ligne blanche en deux plans « superposés. Cette division est pratiquée à l'aide « d’une incision profonde de 1 centimètre portant « sur la tranche de la paroi fibreuse et suivant un « plan parallèle au péritoine pariétal et à la paroi. « La plaie qui en résulte et qui occupe la place de « l'ombilic fibreux, peu vasculaire, est fermée par « une suture à la soie. » |

Zoenger obtient donc deux lambeaux : l’un composé de la couche fibreuse adhérente à la peau, l’autre de la couche fibreuse adhérente au péritoine. Ce sont deux surfaces largement cruentées qu'il adosse par deux plans de sutures.

Sapiejko tire partie de deux méthodes. Il associe à la fois le dédoublement de l'anneau ombilical comme le propose Lawson-Tait et le chevauchement des deux lèvres de l'anneau ombilical, comme le fait Savariaud.

Il dédouble les deux lèvres de l’incision de la paroi abdominale sur une largeur de plusieurs centimètres, et fait porter son dédoublement au niveau de la face superficielle de l’aponévrose. Il obtient ainsi deux feuillets péritonéo-aponévrotiques comprenant dans leur épaisseur les muscles droits qu’il croise l'un sur l’autre à la façon des deux pans d’un gilet

lite

croisé. Il les fixe dans cette situation par des sutures qui unissent leurs bords à la face profonde de la paroi abdominale. Il résèque la portion de peau ‘exubérante et la réunit sur la ligne médiane.

D’autres procédés demandent au plan musculaire le renforcement de la paroi.

Dauriac incise la gaine des droits sur son bord interne et dégagéles muscles de leurs adhérences. Il taille alors sur chacun des droits une bandelette longitudinale dont la largeur représente le tiers de la largeur totale du muscle et dont la hauteur est celle de l'incision péritonéale. Il sectionne chacune d'elles à l’une de ses extrémités et les entrecroise sur la ligne médiane au niveau de l’ancien ombilic.

J.-L. Faure détache, le long du bord interne du feuillet antérieur de la gaine de chaque droite, une! languette de 1 centimètre de large sur 12 à 15 centimètres de longueur. Cette languette est laissée d’un coté adhérente, par son extrémité inférieure, au reste de la gaine, tandis que de l’autre côté, c’est l’extrémité supérieure qui restefixée à l’aponévrose dont elle émane. Il fait passer avec une pince de Kocher chacune des languettes alternativement dans les muscles droits, en s’éloignant assez de leur bordlibre pour traverser l’aponévrose. Il termine son surjet en nouant les languettes ensemble vers le milieu de la plaie.

Noble renforce la paroi par deux volets aponévroliques qu'il taille dans l’aponévrose exlerne des droits et et qu’il rabat comme deux volets au-devant

de l’éventration. |

Bien avant lui, Bessel Hagen avait un procédé très

analogue, mais des lambeaux intéressaient le muscle avec l’aponévrose. Il retournait ses lambeaux de telle sorte que le feuillet antérieur de la gaine était directement appliqué sur le plan fibro-péritonéal qu’il avait déjà suturé.

Hammerfahr libère les droits en avant et en arrière sans toucher à leurs gaines. Des fils d'argent passent en arrière de la gaine et remontent de chaque côté à la partie externe des droits. En les serrant, on obtient, ilobtient un rapprochement en masse de ces muscles. | |

Pozzi propose dans ces cas où l’écartement des muscles est grand des incisions verticales pratiquées en plein muscle. En même temps qu'elles dissocient les fibres musculaires, elles permettent au chirurgien d’étaler convenablement le muscle.

En somme,la plupart de ces procédés cherchent à mobiliser les plans musculo-aponévrotiques de la paroi abdominale, soit par glissement, soit en taillant de véritables lambeaux pour les amener audevant de ia brèche à combler. |

Ils ont le défaut de compliquer une opération déjà difiicile et de demander à des tissus de qualité souvent médiocre une adaptation antiplastique.

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