CHAPITRE I
TRAITEMENT DES ÉVENTRATIONS POST-OPÉRATOIRES. PROCÉDÉS ORTHOPÉDIQUES ET CHIRURGICAUX
Moyens palliatifs
Chez certaines malades dont la vie n’est pas très active, l’éventration est une infirmité un peu gênante, mais insuffisante pour nécessiter une intervention. Dans ce cas il est indiqué d’instituer le port de la ceinture qui,tout en maintenant réduitel’éventration, peut protéger et renforcer la paroi.
Parfois le seul port de la ceinture soulage considérablement les malades, mais si les malades souffrent, la tumeur augmente, la ceinture étant impuissante à empêcher son développement progressif, l'opération, si la malade la réclame, peut trouver
son indication.
Indications de la cure chirurgicale
Avant de faire l’exposé des méthodes sanglantes préconisées pour la cure radicale des éventrations, il semble qu’il n’est pas inutile de donner les motifs
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capables de les justifier. Quandil n’y a pas de contreindications formelles : obésité, cachexie, l'opération semble indiquée toutes les fois que la tumeur se développe de façon progressive et que les troubles qu’elle occasionne acquièrent une certaine gravité. Une éventration est d’ailleurs toujours une source de dangers que la cure radicale peut faire disparaître.
Troubles fonctionnels
L’éventration une fois produite tend à se développer. De faible volume au début, elle ne gêne guère la malade qui continue à vaquer à ses occupations. Mais peu à peu la tumeur augmente et, par sa masse d’abord et aussi par les troubles qu’elle entraine pousse la malade à demander une intervention.
Il existe des types vraiment douloureux d’éventrations. Il ny a pas de rapport entre l'intensité des phénomènes douloureux et le volume de la tumeur. De très petites éventralions occasionnent de grosses souffrances, alors que de très volumineuses restent complètement indolores. Les caractères de cette douleur varient : chez telle malade elle a des caractères netlement paroxystiques, une localisation fixe, le plus souvent lombaire ou encore elle s’irradie plus ou moins loin.
Chez d’autres, il n’y a pas de douleur à proprement parler ; il s’agit surtout d’une sensation pénible de pesanteur abdominale et de fatigue générale qui
se manifeste à la fin de la journée. Souvent les porteuses d'éventration sont des dyspeptiques. Il faut rechercher la cause des troubles qu'elles accusent dans la ptose généralisée des viscères que provoque la dislocation de la paroi abdominale. L’appétit n’est pas régulier, les digestions sont lentes et difficiles ; la constipation rebelle. Ce sont là des perturbations qui ne tardent pas à retentir sur le système nerveux en augmentant pour les malades les causes de souffrance et de dépression. Le moral est fâcheusement affecté.
Dangers
A côté de ces troubles, on peut craindre de véritables dangers. L’étranglement est moins fréquent dans l’éventration que dans la hernie ordinaire : le collet de l’éventration est large et absent parfois, mais il existe fréquemment des adhérences qui peuvent devenir des agents d’étranglement. C’est là un accident qui n’est pas rare et toujours grave.
Enfin malgré sa rareté, il faut signaler la rupture de l’éventration. Dans la post-opératoire, la qualité de la cicatrice cutanée est à envisager, son ulcération et celle du sac sous-jacent mettent la cavité de l’éventration en communication avec l'extérieur.
Procédés opératoires
La cure radicale des éventrations confond les débuts de son histoire avec celle des hernies ombili-
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cales ou ventrales avec lesquelles elle était étudiée. Gerdy,en 1846, voulant traiter opératoirement une volumineuse éventration emploie le procédé qui lui est familier pour la cure des hernies inguinales : il invagine le sac, en avive les bords avec un caustique, l'’ammoniaque, puis ferme l’orifice extérieur. Sans vouloir entrer ici dans le détail des procédés multiples qui ont été proposés, nous donnerons le principe des trois grandes méthodes qui portent le nom de Simon (d’'Heidelberg) de Chrobak et de Maydi et qui marquent les grandes étapes de la question. Autour d'elles viennent se grouper en quantité des sous-procédés ; chacun d’eux apporte son caractère original, un point de détail nouveau. Suivant que l’opération respecte le péritoine ou qu'elle l’aborde franchement, ces méthodes peuvent être classées en extra-péritonéales et intra-péritonéales.
Méthode extra-péritonéale
Procédé Simon. — Dans les Archives de Gynécologte, en 1892, Goullioud donnait la description du procédé, Simon, après avoir réduit l'intestin hernié déprimela peau vers la cavité abdominale ; il fait alors une incision circulaire qui pénètre jusqu'aux couches profondes du tissu cellulaire sous-cutané de façon à avoir un avivement de 2 centimètres de large. Les surfaces d’avivement se réunissent en haut et en bas
à angle aigu, On réunit tout d’abord par une suture
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superficielle les bords internes et postérieurs de la plaie. On ferme ainsi le cul-de-sac cutané formé par l’invagination de la hernie ventrale. Puis on place une série de sutures plus superficielles et mi-profondes pour rapprocher le reste de la surface avivée. On place un petit drain dans l'angle inférieur de la plaie afin de permettre l'élimination des produits sécrétés par la plaie et sur la peau et qui s'accumuleraient dans l’espace situé en arrière de la suture.
Le procédé Simon a été employé aussi par Hegar, Hoffa, Ballandin, différence seulement par des points de détail. Disons qu’au temps où l’asepsie n'existait pas, ces procédés d’invagination ont pu rendre quelques services, mais qu'aujourd’'huiils ne doivent trouver leur indication que dans des cas exceptionnels.
Procédé de Chrobak
Chrobak incise la ligne médiane sur toute la hauteur de l’éventration ; il dissèque le tissu sons-cutané et la portion aponévrotique, et il arrive sur le péritoine qu’il refoule sans l'ouvrir, vers la cavité abdominale. [1 applique sous ouverture des gaines un premier plan de sutures profondes qui comprend le plan fibreux et le plan musculaire, puis, il résèque de chaque côté de la plaie la peau qui est en sur plus et applique une suture superticielle sur le plan cutané.
Goullioud opère d'une façon presque identique,