‹ Contribution à l'étude des Exostoses sous-calcanéennesChapitre 9 sur 27 · LOF · texte numérisé non relu

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soit de l'irritation du nert de Fabducteur du petit orteil qui

croise en avant la grosse tubérosité, soit de l'inflam-

mation des parties molles avec hygroma de la bourse souscalcanéenne.

Que faut-il penser de l'existence de cette bourse séreuse ? Duplay êt Lenoir affirment sa réalité : elle répondrait spé- Cialement aux tubérosités de la face inférieure du calcaneum ; proportionnellement plus grande chez lPentant, elle - serait difficile à démontrer chez lPadulte, séparée de la peau par une couche de tissu adipeux plus ou moins épaisse suivant l'embonpoint général des individus.

Reclus et Labernadie la contestent : du moment que cette bourse séreuse, au lieu de suivre un développement parallèle à celui de Pactivité physique, diminue, S'atrophie au point d'échapper souvent à toute recherche, ‘eile doit être considérée comme inexistante : il ne saurait donc être question d'hygroima. [ls déclarent d’ailleurs l'avoir cherchée longtemps et ne lavoir jamais rencontrée.

Moure et Raillet auraient découvert dans un Cas que nous citons plus loin une « véritable bourse <éreuse » seule cause de la douleur : mais ils ne sont pas très affirmatifs et ils conviennent qué celle bourse séreuse pourrait bien n'être après tout qu'un « amas de tissus enflamimés ».

Dans inaintes observations, il est fait mention d'une bourse séreuse épaissie : mais n’aurait-On pas pris pour une bourse séreuse, de gros globules graisseux emprisonnés dans un tissü de sclérose ? |

Si la théorie de hygroma est en suspens, un fuit demeure certain : c'est qu'il peut se développer sous la tubérosité du calcaneuim un fover d'in'ection subaiguë intéressant les parties molles et que cette inflammation est la plus IMportante cause de la douleur.

De la douleur naissent les troubles de la marche : pour atténuer sa souffrance, le malade marche avec crainte et précaution : il s'efforce d'éviter toute pression sur le calca-

neum, ils'avance sur la pointe des pieds, hanté par la perspective d'un faux pas qui le forcerait à appuyer le talon sur le sol : il en vient à détester la marche qui le fatigue et lui cause’ de terribles appréhensions, il n’est soulagé et rassuré que dans la position assise ou couchée . y

Comme sizsnes physiques, à l'inspection on ne trouve le plus souvent rien de particulier, d'autres fois, on constate un pièd plat résultat de la démarche défectueuse du malade, ou un léger gonflement de la région malléolaire ; à la palpation on ne sent aucune saillie à moins que l’exostose”"ne soit par trop volumineuse ; à la pression on détermine une douléur localisée dans: une zone limitée à environ 2 em. du bord postérieur dutalon,. près’ du bord interne ; toutefois siles parties molles du talon sont enflammées, il peut exister un endolorissement général du talon avec irradiations sur la ligne tubérositaire.

DIAGNOSTIC. — La talalgie impose-t-elle le diagnostic d'exostose ? 3 |

Reelus en 1909 le pensait; en 1910, jf atténuait son opinion : «il n'est pas définitivement prouvé, disait-il, que lalalgie et exostose soient si élroitement liées que de lexistence d'une talalgie on puisse conclure à l'existence d’une exositose. »

Labernadie aurait une tendance à le croire, mais il ne se prononce pas formellement.

En 1911, Moure et Raillet publient dans «Paris médical » une Observation d'une talalgie double s’accompagnant d'une exostose bilatérale ; lorsque la douleur apparut à gauche, la radiographie montra labsence d'exostose : celle-ci se développa peu à peu en l'espace de 7 ans à mesure qu'empirait la lalalgie, À droite, la douleur existait sans éperon calCanéen : celui-ci est apparu depuis, c'est-à-dire dans un intervalle de 15 mois. Des deux côtés, la talalgie à précédé

l’exostose.” Nous résumons cette intéressante observa- {ion : | |

CG. Ernest, 3) ans (blennorragie) vint en 1905 à la consultation de l'Hôtel-Dieu pour douleurs dans le talon gauche. La radiographie ne révèle rien d'anormal. Il entre à Necker. Salicylate pendant un mois. Disparition des douleurs jusqu'en octobre 1909. Brusquement, sans traumatisme, douleur vive : ilse décide après échec des moyens médicaux à rentrer à l'hôpital. Dès le lendemain il se plaint pour la première fois de son talon droit, Rien d’anormal à l'examen si ce n'est une légère douleur à la pression profonde ; le talon gauche est visiblement plus gros, on constate une saillie anormale.

La radiographie décèle un volumineux éperon ù gauche, rien à droite. Opération à gauche. Guérison.

. En janvier il revient souffrant de son pied droit. A la radiographie, absence d'exostose. On cède aux instances du malade. Opération le 3 mars 1910 : on découvre l'existence d’une véritable bourse séreuse mais point d’exostose.

En juillet 1911 la douleur reparait à droite : une nouvelle montre que depuis lintervention où fut exciséé la bourse séreuse, il s'est développé un éperon très net sous le D :

Des deux côtés, la lalalgie a précédé lexostose et l'on ne

peut vraiment pas dire que l'une soit cause de l’autre. :

Les signes cliniques ne sont donc pas suffisants pour conclure à la présence de lexostose, il importe de faire appel aux rayous X.

L'image radiographique est parfois infidèle et assez éloionée de la réalité. On sait que le tissu osseux de nouvelle “formation peut se laisser traverser par les rayons X sans fouruir d'ombre : quelques cas ont été signalés où, malgré une radiographie négative, l'intervention chirurgicale avait mis à jour une exostose. Quand la radiographie est positive, -- ii en est presque toujours ainsi — la forme de l’exostose

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représentée rappelle, grace à sa direction de haut en bas et d’arrière en avant, et grâce à sa racine large et à son extrémité pointue, la verge qui se délache de la-parot abdominale du chien, alors que la forme réelle de l’exostose est comparable à la lam2 d'acier de la varlope. (Reclus).

PRONOSTIC. — L’'exostose sous-calcanéenne est une rmaladie grave puisqu'elle peut aboutir à linfirmité : le garçon de café que cite Reclys resta huit ans sans pouvoir marcher (Obs IV). Toutefois le pronostic est bénin : la guérison Complète s'obtient par l’ablation de lexostose.

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