OBSERVATION
(Service du Professeur PAVIOT)
Insuffisance hépatique caractérisée par des migraines, de l’urticaire, du prurit, des crises asthmatiques, des crises de foie sans ictère, du dermographisme saillant, des grains cholestériniens de la lèvre supérieure, des infiltrats cellulalgiques, des troubles digestifs précoces, surtout après ingestion d'œufs, ayant débuté vers la quinzième année, chez une femme de 33 ans présentant des signes de bacillose fibreuse, non évolutive (phrénicectomie). Bacilloscopie positive. Crachats légèrement tigrés. Fragilité sanguine.
Br... Renée, 33 ans, domestique.
Malade envoyée du service du Docteur Dumas.
Dans les antécédents : Elle a eu 17 frères et sœurs dont il reste 1 frère et 3 sœurs vivants. Un de ceux-ci serait asthmatique et ancien gazé.
Personnellement : De 18 mois à 4 ans 1/2, elle serait restée dans le plâtre pour génu valgum double. Oreiilons et variole dans l’enfance. A 21 ans, grippe espagnole qui laissa la malade très ‘affaiblie. A 24 ans, une bronchite.
Depuis l’âge de 15 ans, la malade se plaint de renvois acides, d’aigreurs accompagnées parfois de douleurs en ceinture environ une heure après les repas. Elle présente régulièrement tous les hivers des angines qui s’accompagnent d’une forte élévation de température.
La malade attribue à un nettoyage de parquet fait
avec un acide une première crise de dyspnée qu’elle appelle « emphysème ». Placée chez un médecin, elle mangeait beaucoup d’œufs « en raison de ses souffrances gastrique ». C’est à ces ingestions d'œufs qu’elle attribue une forte diarrhée avec vomissements ayant persisté 24 heures. En juin 1928, la malade se met à tousser et à expectorer des crachats gommeux et tigrés, où l’on met en évidence des bacilles de Koch. La malade est alors hospitalisée successivement à l’Hôtel-Dieu chez M. Savy, puis à la Croix-Rousse chez M. Bonnamour où elle reste 4 mois. En janvier 1929, elle est envoyée à Hauteville ; un pneumothorax ne peut être pratiqué à cause des adhérences. Le 9 février 1929, phrénicectomie à droite, dans le service du Professeur Bérard. Par la suite, dit la malade, l’hémidiaphragme droit aurait récupéré ses fonctions et trois examens de crachats auraient été négatifs. C’est après cette phrénicectomie, en avril 1929, que la malade commence à ressentir de violentes douleurs abdominales avec fièvre et diarrhée, qui étonnent d’autant plus la malade qu’elle a toujours été constipée. Entrée à Saint-Genis-l’Argentière en septembre, la malade ressent en janvier 1930 une forte crise douloureuse avec prédominance à ‘droite, suivie de fièvre et de vomissements. Cette crise se renouvelle avec vomissements bilieux trois semaines plus tard dans le service du Docteur Dumas, où la malade avait été envoyée.
A l’examen': L'état général paraît assez bon. L’expectoration est légèrement tigrée. L’examen pulmonaire est négatif. Légère submatité des sommets. La respiration et l’amplitude respiratoire sont à peine diminuées à droite. Pas d’adventices, pas de râles. (
Au point de vue hépatique : La malade a eu et a encore des céphalées fréquentes, tenaces, signes prémonitoires de crises’ hépatiques, comme ‘celles qu’elle a eues ces derniers temps. Elle a eu souvent de l’urticaire et accuse actuellement un prurit tenace sur tout le corps, mais
RCA
tout particulièrement au niveau de la face interne de la cuisse droite où l’on note des lésions de grattage. Enfin la malade signale des crises d'asthme qui surviennent aussi bien la nuit que:le jour, commencent souvent par de l’expectoration et l’obligent à s’asseoir sur son lit pour respirer. ù
Le foie déborde très légèrement le rebord costal, il est douloureux à la pression, surtout au niveau de la région vésiculaire. À gauche on sent une masse verticale dure qui paraît être le côlon. On note de plus : un dermographisme net, des grains cholestériniens de la lèvre supérieure des infiltrats cellulalgiques au niveau de la crête iliaque, surtout 'à droite et dans les espaces interscapulaires.
Les autres appareils semblent normaux.
La malade a, 15 jours après son admission, une crise d’asthme typique, qui a duré 1 h. 1/2 et deux jours après une deuxième. Elle est mise au traitement désensibilisateur : peptone, adrénaline, chlorure de calcium ; les crises cessent et son état paraissant satisfaisant, la malade quitte le service le 11 mai 1930.
EXAMENS PRATIQUÉS
1° Urines : ni sucre, ni albumine, ni sels, ni pigment, ni urobiline.
2° Coefficient de Maillard—7,2.
3° Sang :
a) Résistance globulaire: H1—0,56; H2—0,50; H3—0,42. b) Temps de saignement: 230; temps de coagulation: 13°.
c) Bilirubinémie—(.
d) B.-W. négatif.
4° Cuti-réaction: peptonée : ++.
5° Expectoration :
Rares B. K. en 1928, non retrouvés en 1930 même après homogénéisation.
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Fer en milligr. % de crachats secs—0,056.
6° Radioscopie pulmonaire : voile des sommets ; grisaille base droite.
OBSERVATION II (Service du Professeur PAvIOT)
L2 Insuffisance hépatique caractérisée par des migraines avec nausées, du prurit post-prandial sans urticaire, des troubles digestifs précoces, quelques nodosités cellulalgiques au niveau des lombes et du fascia lata, chez un homme de 58 ans, œnolique, présentant une bacillose fibreuse à marche très lente ayant débuté il y a plusieurs années, à type bronchite chronique et emphysème. Episode preumococcique récent surajouté. Bacilloscopie positive. Crachats tigrés franchement mélaniques. Fragilité sanguine.
R... Nicolas, 58 ans, terrassier.
Le malade entre dans le service pour dyspnée interdisant tout travail. |
Dans les antécédents : Rien de particulier.
Personnellement : Aucune maladie grave dans l’enfance. A 26 ans, pneumonie et pleurésie qui durèrent 1 mois. Œnilisme certain ; 3 litres de vin par jour. Son état actuel semble remonter à sa première affection pulmonaire, pneumonie suivie d’une pleurésie. Mais c’est surtout depuis la guerre que l’essoufflement et l’oppression sont devenus considérables au point d'interdire tout travail. Il y a 10 ans le malade aurait craché du sang, quelques filets seulement, mais depuis 6 mois il a eu de véritables hémoptysies à intervalles réguliers, tandis qu’apparaissaient une toux fréquente et une expectoration abondante. Son état ne faisant qu’empirer il demande son admission à l'hôpital.
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A l'examen : Bon aspect général. Il aurait cependant maigri de 15 kgs depuis la fin de la guerre. Température subfébrile. Toux assez fréquente suivie d’une expectoration formée de crachats tigrés parfois franchement mélaniques. ME
Aux poumons : La palpation et la percussion ne montrent pas de différences bien accusées. À l’auscultation : des deux côtés et surtout en arrière on trouve des râles de broncho-alvéolite, ronchus et sibilances qui se font jour parmi une respiration soufflante de type emphysémateux. De plus, à droite, au sommet, on entend un bruit adventice, bulleux, râle muqueux, semble-t-il, au milieu de la sclérose environnante.
Au point de vue hépatique : Rien de particulier à la palpation et à la percussion. Le malade est sujet depuis longtemps à des migraines fréquentes avec nausées. Il souffre de troubles digestifs précoces et de prurit postprandial, mais sans urticaire. Des nodosités cellulalgiques sont décelées au niveau des lombes et du fascia lata.
Les autres appareils paraissent normaux.
Un mois après son admission dans le service, le malade fait une brusque poussée de température à 39°-40°, avec point du côté droit, expectoration gommeuse, râles sous-crépitants fins dans toute l’étendue de la base droite. On a l’impression d’un épisode aigu peut-être pneumococcique greffé sur une vieille sclérose pulmonaire. Tout rentre dans l’ordre dans les 2 moiïs qui suivent.
EXAMENS PRATIQUÉS
1° Urines : ni sucre, ni albumine, ni sels, ni pigment, ni urobiline.
2° Coefficient de Maillard—8,2.
3° Sang :
a) Résistance globulaire: H1—0,50; H2—0,44; H3—0,34. b) Temps de saignement: 3’; temps de coagulation: 14’,
c) Bilirubinémie— +.
d) B.-W. : négatif.
4° Cuti-réaction peptonée : -}..
5° Expectoration : Présence de nombreux B. K. à l’examen direct.
Fer en milligr. % de crachats secs—0,031.
6° Radioscopie : sommets voilés s’éclairant mal, hiles chargés.
OBSERVATION III (Service du Professeur PAvVIOT)
Insuffisance hépatique caractérisée par des migraines fréquentes avec nausées et scotome sombre, des troubles digestifs précoces (pesanteur, renvois aigres), de la somnolence et des bouffées congestives post-prandiales, des poussées urticariennes légères provoquées par l’ingestion de poisson et parfois de laitage, des grains cholestériniens de la lèvre supérieure, chez un homme de 45 ans, présentant une bacillose pulmonaire très discrète, peu évolutive, apyrétique et du rhumatisme de Poncet.
Bacilloscopie positive.
Crachats adhérents et fortement tigrés. Fragilité sanguine. \.
G.. François, 45 ans, boulanger.
Le malade entre à l’hôpital pour douleurs polyarticulaires.
Dans les antécédents : Rien de particulier.
Personnellement : Aucune maladie dans l’enfance. En 1916 apparaît la première atteinte articulaire. Tuméfaction douloureuse du coude droit avec grosse atrophie du bras. Plus tard, le diagnostic d’arthrite bacillaire qui