À MES MAITRES DE L’ECOLE DU SERVICE DE SANTÉ MILITAIRE
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Introduction
L’expectoration mélano-sidérofère est fréquemment observée en clinique, chez le bronchitique chronique et chez le tuberculeux pulmonaire. On sait en effet, depuis les travaux de Jousset, du Professeur Paviot et de ses élèves, que les poussières qui, de façon persistante, saupoudrent lexpectoration tigrée ou imprègnent en masse le crachat mélanique, en l’absence de toute inhalation professionnelle ou accidentelle de particules charbonneuses, ne sont pas d’origine atmosphérique mais représentent chimiquement un pigment ferrugineux de provenance endogène. Ce pigment organo-métallique serait, comme l’ont établi MM. Paviot et Chevallier, l’aboutissant d’un processus hématolytique qui s'exprime, dans un grand nombre de cas, par une réduction très importante de la résistance globulaire. Nous n’aborderons pas, dans ce travail, le problème de l’anthracose pulmonaire. Il a soulevé d'innombrables controverses. Certains auteurs, fidèles à la doctrine classique, ad-
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mettent encore la nature charbonneuse de la surcharge pigmentaire du poumon. D’autres pensent que le carbone partage avec le fer la responsabilité de cette pigmentation. C’est ainsi que MM. Policard et Doubrow, grâce à leur élégante technique de la micro-incinération, ont imputé au carbone la coloration de certaines plages mélaniques. Les dosages chimiques précis de Jousset, de Paviot, Chevallier, Revol et Badinand, établissent cependant une corrélation étroite entre l’aspect anthracosique du parenchyme pulmonaire et la valeur pondérale de la surcharge martiale. De telle sorte que le pigment noir du poumon paraît être, dans la plupart des cas, à l'exception de quelques petits îlots douteux, de nature ferrugineuse et ce serait ce pigment métallique d’origine sanguine qui colorerait le mélanocyte de l’expectoration dite anthracosique.
En tout cas, si les caractères chimiques de l’anthracose pulmonaire prêtent encore à discussion, il semble bien acquis que les poussières du crachat mélanique représentent, le plus souvent, un pigment ferrugineux.
Depuis 3 ans la caractérisation et le dosage du fer ont été pratiqués dans le service de clinique du Professeur Paviot, chez la plupart des sujets présentant une expectoration tigrée ou mélanique.
Parallèlement la résistance globulaire a été étudiée chez les mêmes malades.
La lecture des observations montre que l’association « expectoration sidérofère et fragilité sanguine » se rencontre presque toujours chez les mêmes ma-