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CHAPITRE PREMIER

La symptomatologie chimique, biologique et clinique

L'expectoration mélanique

Le point de départ de nos recherches a été le dépistage systématique, dans le service du Professeur Paviot, des sujets présentant, à un degré quelconque, une expectoration mélanique.

Ces crachats noirâtres offrent des aspects très variables. Il s’agit, le plus souvent, d’un crachat nummulaire, gommeux et adhérent, jaunâtre et translucide, saupoudré de fines particules anthracosiques comparables à de la suie, le tout réalisant le crachat tigré. D’autres fois le semis poussiéreux n’est pas visible et le crachat présente une teinte uniformément grisâtre. <

Inversement la surcharge pigmentaire peut atteindre dans d’autres expectorations, plus rares il est

vrai, une telle densité que le crachat apparaît complètement noir, véritable crachat mélanique.

Ces crachats tigrés ou mélaniques peuvent exister à l’état isolé dans le crachoir. Plus souvent ils s’agglutinent en une masse visqueuse, très adhérente. Une expectoration liquide, aqueuse, abondante, les recouvre parfois.

Enfin, ils réalisent, fréquemment, des petits îlots gommeux et pigmentés, isolés et presque confluents, au sein d’une expectoration franchement purulente.

L'examen microscopique montre que cette pigmentation est étroitement liée à la présence d’une cellule spéciale, plus ou moins chargée de poussières, le mélanocyte. C’est la cellule à poussière des auteurs classiques, la cellule martiale de Jousset.

Le pigment remplit plus ou moins la cellule, et il est parfois assez abondant pour occuper tout le corps cellulaire et masquer le noyau. De Ïa sorte la coloration des crachats est à la fois fonction du nombre de ces mélanocytes et de l'intensité de leur surcharge pigmentaire.

L'examen microscopique révèle, d’autre part — fait capital — que ces petits grains qui saupoudrent à des degrés divers, les mélanocytes, re revêtent jamais l’aspect très particulier des fines aiguilles de carbone.

Il s’agit toujours, au contraire, de petits globules arrondis, presque tous de même taille, souvent agminés, et qui ne présentent pas d’irrégularités. Aussi l'impression qui se dégage, à l'examen, de ces granulations identiques, est que l’on se trouve en présence, non pas d'éléments d’origine atmosphérique. comme

on l’a cru longtemps, mais d’éléments d’origine endogène, élaborés ou remaniés par l’activité cellulaire.

Nous ne voulons pas faire l’historique des nombreux travaux et des discussions qu'a soulevés la nature de ce pigment. C’est tout le vaste problème de l’anthracose. Jousset, faisant table rase des idées classiques, qui s’appuyaient sur des recherches chimiques défectueuses, a démontré que ce pigment était de nature ferrugineuse. MM. Paviot, Chevallier et Revol sont arrivés aux mêmes conclusions et ils ont, de plus, apporté, pour l’évaluation pondérale de ces minimes quantités de fer, une méthode de minéralisation facile ainsi qu’une technique de dosage rapide et précise. C’est cette technique qui a été utilisée chez tous les sujets dont nous rapportons l’observation.

Nous la décrirons brièvement :

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