DOSAGE DU FER
Par le procédé colorimétrique à l’acide sulfo-sahicylique en milieu ammoniacal, dont voici la technique : “
Les cendres provenant de la calcination complète : des crachats sont reprises par une petite quantité d’un solvant : acide chiorhydrique exempt de fer et dilué, si la minéralisation a été faite par le mélange nitraté, ou, simplement par l’eau, si on a employé le sulfate de potasse ; on porte à 50 cc.
10 cc. de cette liqueur sont additionnés de IIT gouttes d’eau oxygénée pour péroxyder le fer ; on mélange et ajoute I goutte d’acide sulfosalicylique à 10 %. La coloration devient rose. L’addition d’ammoniaque goutte à goutte sature d’abord lPacide et la teinte se fonce, puis vire au jaune. On ajoute à ce moment encore III gouttes d’ammoniaque. Parallèle-
Ines
ment on effectue les mêmes additions (même nombre total de gouttes) à 10 cc. d’une solution titrée de fer contenant pour 10 ce. 5/100 ou 1/10 mmgr. de fer. On obtient cette concentration en diluant convenablement une solution étalon de fer :
Fil de Clavecin pur ....... 0,50 | SOLDES ANR AL ET ELU DiCC Eau distillée ... Q@. S. pour 500 cc.
Il est important que la solution étalon.et la liqueur à étudier aient des couleurs d'intensité voisine. Au colorimètre la comparaison des teintes est alors facile et l'intensité de la teinte observée dans une certaine gamme est nettement proportionnelle à la teneur en fer.
L'ammoniaque ajoutée en petite quantité n’a pas d'action modificatrice appréciable. | Dans les résultats, le fer est exprimé en mmgr. pour 100 gr. de crachats secs, et comme l'ont montré les recherches de Jousset, de Paviot, Chevalier et Revol, la quantité de fer est proportionnelle à l'intensité de la coloration mélanique. Une expectoration normale contient moins de 0 mmgr. 015 % de fer sans que l’on puisse dire si cet élément existe normalement dans les crachats ou s’il est apporté par les réactifs.
La fragilité globulaire Le
Les crachats mélaniques doivent donc leur coloration à un pigment ferrugineux, d’origine endogène. Nous savons, d’autre part, que l’hémoglobine en se
dédoublant aboutit finalement à la formation de bilirubine et de pigment ferrugineux. La source possible du fer de l’expectoration pouvait de la sorte être recherchée dans le sang et nous avons, dans ce but, étudié la résistance globulaire de tous les malades présentant une expectoration sidérofère.
Normalement, lorsqu'on utilise une solution de sel marin isotonique par rapport au plasma sanguin, à 0,9 %, l’hématolyse commence pour une solution de NaCI à 0,46 %. La résistance des hématies peut être considérée comme augmentée si l’hémolyse commence pour des solutions chlorurées inférieures à 0,46 % et comme diminuée, au contraire, si elle débute pour des solutions supérieures à 0,46 %.
Selon la terminologie de Widal, l’hémolyse est dite initiale (H1) quand la zone liquide au-dessus du culot de globules rouges est faiblement teintée de jaune : elle est intense ou nette (H2) lorsque cette zone devient rose : enfin elle est totale ou très nette (HS) lorsque la nuance devient rouge foncée et qu'il n’existe plus aucun dépôt d’hématies non détruites au fond du tube.
La méthode des hématies déplasmatisées de Widal nous a permis de mettre en évidence, dans la plupart des cas, une diminution souvent très importante de la résistance globulaire. D’une façon générale, il y avait non seulement coexistence de ce stigmate hémolytique et de l’expectoration sidérofère, mais encore parallélisme assez constant et assez étroit entre le degré de la fragilité sanguine et le taux de la surcharge ferrugineuse. Pa: SNS A
D'autre part, MM. Paviot, R. Chevallier et Badi-
nand ont observé une dizaine de sujets chez lesquels une expectoration tigrée, soit discrète, soit franchement mélanique, succédait de façon constante à certains épisodes congestifs accompagnés de crachats hémoptoïques.
L'étude chimique des crachats a permis, chez ces malades, dans les jours qui suivirent l’expectoration hémoptoïque, de saisir le passage entre la disparition de l’hémoglobine libre et l'apparition de la surcharge martiale.
De même, Jousset, étudiant histologiquement la cellule à poussière, a pu déceler la présence de pigment ocre, hydrate ferrique ou rubigine, dont l’origine hémolytique est bien admise, à côté de pigment noir et conclure, de ce fait, à la communauté d’origine des deux pigments.
Cette pigmentation serait donc, pour reprendre l’heureuse expression de M. Chalier, le résultat d’une hémolyse sidérogène. Ainsi, le fer de l’expectoration serait un pigment pathologique, signature d’un processus morbide complexe qui frappe peut-être les hématies dans la traversée du réseau capillaire pulmonaire et qui se traduit dans un grand nombre de cas par une diminution importante de la résistance des
hématies.
La petite insuffisance hépatique
Nous avons noté chez la plupart des sujets observés la coexistence de la petite insuffisance hépatique, de l’hépatisme au sens large de Glénard, avec le syndrome hémato-chimique précédemment décrit,
Comme l’ont bien montré MM. Paviot et Croizat, ce petit hépatisme se traduit le plus souvent par une symptomatologie très riche et très bruyante qui s’oppose, en tous points, à J’évolution sournoise, silencieuse, de la grande insuffisance hépatique.
Les troubles que présente le petit insuffisant hépatique, et que nous avons observés chez la plupart de nos malades, sont, en effet, à la fois très variés et très apparents.
On note les faits suivants : troubles digestifs préco-. ces, bouffées congestives ou somnolence après les repas; appétit diminué, capricieux, inappétence élective pour certains aliments tels que le lait, les œufs, le fromage frais, les graisses, la viande, dont l’ingestion est d’ailleurs susceptible de déclencher ou d’aggraver les troubles observés. Digestions lentes, pénibles, pesanteur à l’épigastre, constipation ou crises diarrhéiques. Céphalées fréquentes, frontales ou oc- -cipitales, affectant généralement l’allure de la migraine typique avec nausées, parfois vomissements, vertiges et quelquefois scotome.
Ces migraines, chez les femmes, surviennent de préférence au moment des règles.
Instabilité vaso-motrice très marquée, caractérisée surtout par de l’érythrose faciale post-prandiale. Dermographisme exagéré, parfois saillant. Sueurs abondantes, en particulier au niveau des paumes des mains.
Urticaire localisée ou généralisée très fréquente, surtout après ingestion de fraises, de poisson de mer, de laitage. D’autres fois, prurit intense, soit sine materia,