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HISTORIQUE

Les tumeurs fibreuses de l’appareil génital ne sont connues et admises que depuis une époque relativement récente. Avant 1846, on n’en trouve aucune mention dans la littérature médicale ; leur existence était inconnue et même niée par les auteurs, si bien que Velpeau (dans le Dictionnaire en 30 volumes , tome XXIX, page 486), écrivait : « La structure du testicule ne paraît point convenir à l’établissement des productions fibreuses. On n’a signalé jusqu’à présent qu’un seul exemple de corps fibreux dans la substance même de cet organe. C’est M. Marjolin qui l’a rencontré et la publication en est due à M. Cruveilhier. L’histoire de ce genre d’altération est encore trop incomplète pour qu’il soit utile de s’y arrêter longuement ici : ce ne serait que par supposition que je pourrais en indiquer la marche, le pronostic et la thérapeutique ».

En 1848, paraît la thèse de Malgaigne sur les tumeurs du cordon, où il n’est pas fait mention du fibrome.

En 1854, paraissent deux observations de fibrome

du cordon, Tune due à Lenoir et qui est relatée dans le Bulletin de la Société Anatomique , l’autre due à Letiévant et que l’on trouve relatée dans les Mémoires et Comptes-rendus de la Société des Sciences médicales de Lyon.

En 1857, Curling, dans son Traité sur les maladies du testicule et du cordon spermatique , rapporte seulement quelques cas de tumeurs fibreuses épididymaires, sans description concomitante qui permette de tirer une symptomatologie et un diagnostic un peu complet.

C’est en 1858 que paraît, avec la thèse de Poisson, le premier travail sur les tumeurs fibreuses du cordon. Après avoir relaté quelques observations, il fait la description des tumeurs fibreuses et, le premier, nous donne la symptomatologie, le diagnostic et le traitement de ces tumeurs.

En 1864, paraît une nouvelle observation de Dubois (d’Abbeville) sur un cas de fibrome du cordon. La pièce est présentée par M. Verneuil à la Société de Chirurgie.

Cette présentation est suivie d’une seconde à la Société Anatomique de Paris, par Louvet, avec examen microscopique fait par Hayem. Il s’agit d’une tumeur fibro-plastique développée aux dépens de la queue de l’épididyme et de la première portion du cordon.

En 1877, Tizzoni et Parona publient un cas de tétanos qui serait consécutif à l’ablation d’un fibrolipome du cordon spermatique.

En 1881, Daniel Molière, dans son article du Dictionnaire des Sciences médicales , sur le cordon spermatique, parlant des fibromes du . cordon, écrivait : « Disons tout d’abord qu’ils sont excessivement rares. Peut-être même faut-il, au point de vue anatomique, rester dans le doute». Et plus loin, il disait encore: « Nous n’inscrivons donc, sur la liste des tumeurs primitives du cordon, l’espèce fibrome qu’avec un point d’interrogation. » Pour cet auteur, les tumeurs que l’on prend pour des fibromes sont des sarcomes fasciculés qui se développent sous la peau, un peu dans toutes les régions, et qui n’ont du fibrome que l’aspect blanc et dur.

En 1884, Brossard, dans son travail sur les tumeurs solides du cordon spermatique, admet r existence du fibrome et, d’après les deux observations qu’il possède, assigne à ce genre de tumeurs les caractères anatomiques suivants : « Ces tumeurs se développent lentement et peuvent atteindre peu à peu un volume considérable. Leur tissu, assez élastique, crie sous le scalpel ; il est peu riche en vaisseaux sanguins et se compose de lobes arrondis, dont le centre proémine sur la coupe. Ces tumeurs sont entourées par les enveloppes du cordon, dont les éléments sont adhérents au tissu morbide. Enfin, ces tumeurs peuvent être le siège de dégénérescence muqueuse ou graisseuse, et même d’ossification. Les ganglions correspondants sont toujours sains ».

En 1887, Alombert Goget, dans sa thèse, sans nier, d’une façon aussi catégorique que Daniel

Molière, l’existence des fibromes du cordon, nous dit, après avoir cité trois observations de fibrome : <x Les détails micrographiques sont trop défectueux pour qu’on puisse affirmer qu’il s’agissait bien de fibromes. Quant à l’aspect nacré de la coupe, on peut l’observer dans le sarcome dur. »

En 1897, Duroyer, dans sa thèse sur les tumeurs du cordon, fait une courte description du fibrome. Il admet l’existence de ces tumeurs bien qu’ ce elles doivent être très rares ».

Enfin, en 1904, paraît, dans la Revue de Chirurgie , un travail, le plus complet qui soit paru jusqu’à présent sur lesfibromes du cordon, par MM. Bruneau et Condo de Satriano.

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