‹ Contribution à l'étude des fibromes du cordon spermatiqueChapitre 8 sur 9 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Le pronostic des fibromes du cordon est bénin ; mais il ne faut pas oublier, et ceci assombrit considérablement le pronostic, que ces tumeurs peuvent subir diverses transformations. Le fibrome peut se transformer en sarcome, en cancer, être frappé d’inflammation ou de gangrène, et dans ce cas, le pronostic est celui des tumeurs malignes.

Traitement. — Le malade est vu au début de son affection ; la tumeur est petite et ne le gêne presque pas : on peut conseiller le port d’un suspensoir.

La lésion date de plusieurs années ; elle a acquis un développement considérable; elle est pour le malade une cause de gêne et de soucis ; que faire alors? Ou bien la castration, ou bien l’ablation de la tumeur, avec conservation de la glande.

Déjà, en 1854, Lenoir avait discuté cette question devant la Société Anatomique de Paris, et avait conclu à la castration, si le testicule n’est pas isolable, à la conservation de la glande, dans le cas contraire.

Nous voici au moment de l’opération. Le malade

est endormi, l'incision scrotale est terminée, nous avons sous les yeux la tumeur. A côté d’elle, nous trouvons la glande complètement saine, avec ses dimensions, sa coloration et sa consistance normales ; mais elle a contracté avec la tumeur des adhérences profondes, il est impossible de l’en isoler. Il faut, dans ce cas, faire la castration, enlever la tumeur et la glande.

Au contraire, la glande est normale ; elle est accolée à la tumeur, mais ne présente avec elle aucune adhérence. Que faire dans ce cas ?

Nous croyons utile, avant de tirer une conclusion, de rappeler comment se fait la nutrition du testicule. Nous trouvons dans le cordon trois artères : la déférentielle, la funiculaire et la spermatique. Cette dernière occupe la partie antérieure du cordon, seule elle aborde le testicule et le nourrit. Supposons cette artère facilement isolable, n’hésitons pas, disséquons-la et laissons le testicule en place.

Au contraire, la glande ne présente aucune adhérence avec la tumeur ; mais il est impossible de retrouver l’artère spermatique et encore moins de l’isoler, il faut faire la castration ; il est inutile de laisser dans les bourses un organe qui sera frappé de mort, à bref délai, par défaut de nutrition.

Ce testicule, laissé en place, sera un organe perdu au point de vue de la fonction de reproduction ; mais n’oublions pas qu’il est un organe de sécrétion interne, fonction qu’il pourra continuer et dont le malade retirera tout le bénéfice.

Nous ne conseillons cependant pas trop cette conduite, si l’autre testicule est sain, car, vu l’âge des malades atteints de fibrome, les aptitudes génitales sont considérablement amoindries chez eux, et le testicule restant suffira à la sécrétion interne.

Avant de se décider à l’opération sanglante, on pourrait essayer le traitement par les rayons X. Ce traitement donnerait peut-être des résultats et nous verrions, sous son influence, la tumeur rétrocéder et disparaître. C’est une hypothèse que nous émettons et que nous ne pouvons discuter faute d’application.

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