‹ Contribution à l'étude des fièvres intermittentes pernicieuses cérébro-spinalesChapitre 12 sur 28 · II. — TROUBLES MOTEURS CONSÉCUTIFS AUX ACCÈS PERNICIEUX · texte numérisé non relu

II. — TROUBLES MOTEURS CONSÉCUTIFS AUX ACCÈS PERNICIEUX

En même temps que l'intelligence ou séparément, la motilité est souvent atteinte dans les accès pernicieux ; les troubles moteurs se rencontrent peut-être aussi fréquemment que les troubles intellectuels. Tantôt généralisés à toutle corps, d’autres fois limités, suivant qu’ils proviennent d’une lésion encéphalique ou médullaire, ils peuvent consister en une exagération ou en une abolition des fonctions musculaires, d’où la grande division en forme convulsive et forme paralytique.

La forme pernicieuse paralytique se remarque plutôt chez l'adulte : c’est elle qu’ont eue en vue les auteurs qui ont écrit sur les fièvres pernicieuses lorsqu'ils ont décrit, après Torti, une forme hémiplégique de la fièvre pernicieuse. Pendant longtemps, les pathologistes se sont contentés de mentionner les paralysies; aucun n’en a fait l’objet d’une étude spéciale ; la plupart des auteurs modernes qui ont écrit sur la malaria agissent de même. Maillot crée la fièvre pernicieuse paralytique, mais ne la décrit pas. Haspel reproduit simplement la nomenclature de Maillot. Ce n'est qu'en 1851 qu’un chirurgien militaire, le D' Ouradou, publie une Thèse sur les paralysies dans la fièvre intermittente. Les observations qu’il rapporte forment deux catégories : 1° paralysies survenant à la suite d'accès pernicieux ; 2° paralysies se produisant lentement chez des malades atteints de cachexie palustre. Les cas de ce second groupe ne nous occuperont pas ici.

Dans son mémoire, M. Gubler ne parle des paralysies paludéennes que pour les rejeter du groupe des paralysies liées aux maladies aiguës.

Les auteurs allemands se sont aussi occupés incidemment de ces paralysies. Les travaux de Planer, de Frerichs, sur la fièvre pernicieuse et la mélanémie, ont permis de donner de ces troubles de la motilité une explication sur laquelle nous reviendrons dans la suite.

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En 1876, M. le professeur Grasset, ayant observé un cas type d'accès pernicieux à forme apoplectique avec hémiplégie, publia dans le Hontpellier médical une étude clinique très approfondie sur les diverses manifestations hémiplégiques de l’intoxication paludéenne. Se plaçant au point de vue clinique et thérapeutique, il divise les faits de ce genre en trois gTOUpes :

1° Des manifestations hémiplégiques apparaissent et disparaissent rythmiquement avec les accès, et entièrement justiciables du sulfate de quinine ;

2° Des manifestations hémiplégiques avec congestion cérébrale apoplectique peuvent survivre aux accés et doivent être traitées à la fois par la médication quinique et la médication révulsive associées. L'observation qu'il présente appartient à ce groupe.

30 Des manifestations hémiplégiques avec lésions persistantes et définitives des centres nerveux, complètement émancipées de leur cause ; elles ne sont nullement influencées par le sulfate de quinine.

Les hémiplégies du premier groupe ne s’accompagnent pas de congestion cérébrale. Dans un second groupe, il place les cas defièvre intermit= tente entraînant une hémiplégie et en même temps un état apoplectique plus ou moins prononcé. Comme dans ces cas-là il y a forte congestion cérébrale, il arrive souvent que les accidents paralytiques ne disparaissent pas d’une manière aussi régulièrement rythmique que dans le premier groupe ; on les voit souvent survivre à l'accès. Cependant il y a aussi des cas dans lesquels la congestion cérébrale disparaît aussi avec les accès, pour reparaître avec eux. Dans le troisième groupe, la lésion est complètement émancipée de sa cause ; par suite, le sulfate de quinine devient inutile, et le seul traitement à instituer est celui de l'hémiplégie elle-même.

Sans citer de faits particuliers, Griesinger dit qu'on constate parfois des troubles durables de la motilité ; ils ne font qu’augmenter et sont en rapport avec la pigmentation du cerveau. Par cette phrase, Griesinger, non seulement mentionne le fait, mais veut en donner une explication pathogénique par les théories de Frerichs sur la pigmentation des fièvres palustres.

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En 1878, le D'-Vincent, dans sa Thèse sur les Paralysies dans la fièvre intermittente, les divise en deux groupes :

1° Paralysies qui surviennent pendant les accès normaux de la fièvre intermittente ;

2° Paralysies consécutives aux accès pernicieux.

La marche et la terminaison de ces accidents varient dans les deux cas et justifient cette distinction. Les paralysies consécutives aux accès pernicieux ne revêtent pas un caractère aussi transitoire que les premières, et, en raison de leur durée plus longue, elles aggravent le pronostic.

Enfin, en 1880, le D' Landouzy, dans sa Thèse d’agrégation sur les Paralysies dans les maladies aiguës, réserve un chapitre pour les paralysies consécutives aux accès pernicieux, qu’il distingue des paralysies qui surviennent dans le cours des accès simples de la fièvre intermittente. Les troubles paralytiques très variables consistent dans des hémiplégies, des paraplégies ou des paralysies plus limitées, telles que l’aphonie, la paralysie d’un membre supérieur ou inférieur.

L'intelligence, qui était intacte dans les paralysies par accès simple, est ici frappée: les individus ont perdu connaissance ; ils ont subi une atteinte plus grave. Nous allons donner comme exemple les observations suivan{es.

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