‹ Contribution à l'étude des fièvres intermittentes pernicieuses cérébro-spinalesChapitre 17 sur 28 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Paralysie de la main droite après un accès pernicieux, — Guérison rapide. . (Thèse du Li Vincenr.)

Baptiste, âgé de 26 ans, exerce la profession de cuisinier au barrage de Hamilz, une des localités les plus pernicieuses de la province d'Alger ; il y est sujet à des accès de fièvre depuis deux mois et demi. Le 2 novembre 1876, il sst frappé d'accès pernicieux, et apporté à l'hôpital civil. Il reste dans le coma pendant deux jours, puis survi2nt un délire violent qui dure quelques heures, et le malade reprend lentement sa connaissance, C'est alors qu’il s'aperçoit de la faiblesse de la main droite, avec laquelle il ne peut tenir un objet ; les mouvements d'extension des doigts sont possibles, quoique faibles ; les mouvements de flexion sont à peu près nuls; la main gauche au contraire serre les objets avec une grande force. Aueun trouble dans la motilité des autres membres; ls malade se lève et marche facilement ; il n’y à pas d'aph sie.

Le 14, quelques mouvements reparaissent dans la main droite. — Le 15, le malade peut tenir son verre et le porte à la bouche. A partir de ce moment, les progrès sont rapides, et le malade parvient au bout de pou de temps à se servir de sa main comme si aucun accident ne s'était produit.

La forme pernicieuse convulsive s'observe souvent chez les enfants et les jeunes gens: à cet âge, on le sait, les convulsions sont un des modes de manifestation habituels d’un grand nombre de maladies ; la fièvre intermittente pernicieuse ne pouvait faire exception à cette règle. Presque toutes les variétés de convulsions ont été observées par les auteurs : tantôt ce sont des secousses convulsives généralisées ou partielles, d’autres fois ce sont des contractions tétaniques plus où moins étendues. Sous le nom de fièvre convulsive, Grisolle comprend les fièvres pernicieuses

Te

ayant pour symptômes prédominants les différentes variétés de convulsions toniques ou cloniques. Ainsi, il est des malades qui présentent une raideur tétanique partielle ou générale (fièvre tétanique) : Casimir Médicus en à rencontré de nombreux exemples dans le cours d’une épidémie ; ou bien on observe tous les symptômes de la catalepsie, comme Torti en rapporte un cas (fièvre cataleptique) ; d'autres fois ce sont, comme Lautter l'a vu, des mouvements convulsifs avec écume à la bouche, et tels qu’on les remarque dans une attaque d’épilepsie (fièvre épileptiforme) ; enfin,

d’autres fois ce sont des mouvements convulsifs irréguliers (fièvre convul-

’on rencontre chez les

sive proprement dite). Cette dernière variété, qu enfants, est souvent sans danger ; elle ne doit être regardée comme perni-

cieuse qu'autant qu’elle s'accompagne d’un état général grave.

La télanique est une des plus intéressantes, en ce sens qu’elle nous montre une maladie bien distincte, symptomatique de l'affection paludéenne. En 1864, uni interne des hôpilaux de Montpellier, le D° Coura!, ayant eu la rare occasion d'observer un fait de fièvre pernicieuse tétanique, rechercha les signes qui la distinguaient du tétanos essentiel. Au point de vue des symptômes, la seule différence qu’il y ait entre le tétanos symptomatique de l'affection paludéenne et le tétanos essentiel, consiste dans l’intermittence des attaques; cette intermittence est en général plus longue dans ce dernier cas.

Aprèsavoir montré l'importance et la difficulté du diagnostic, il conclut:

19 Qu'il existe réellement un tétanos intermittent, de nature paludéenne, véritable fièvre larvée, curable comme telle par le sulfate de quinine ;

90 Que cette maladie, considérée d’une manière absolue, est aussi grave que le tétanos essentiel, et que sous ce rapport elle mérite la dénominetion de fiévre pernicieuse au même titre que les fièvres syncopales et comateuses ; |

39 Qu'il est des cas de tétanos très intense survenus à la suite d’accidents traumatiques qui n’étaient pas évidemment sous la dépendance de l'affection intermittente, et qui pourtant ont été guéris sous l'influence du

quinquina,

On doit donc se hâter de recourir au suifate de quinine dans les cas de létanos survenu spontanément chez un individu déjà atteint de fièvre intermittente ou bien soumis à l’action des effluves marécageux, et ne jamais désespérer complètement du tétanos traumatique avant que ce précieux sel soit resté sans effet.

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