‹ Contribution à l'étude des fièvres intermittentes pernicieuses cérébro-spinalesChapitre 23 sur 28 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

DrAGNOSTIG DIRECT. — La rapidité du diagnostic s'impose en raison des caractères pernicieux de la fièvre; mais le praticien se trouve cependant en présence de bien des difficultés et doit les connaître pour ne pas s’égarer au sujet des accès pernicieux cérébro-spinaux, passant habituellement inaperçus, soit parce qu’ils sont peu indiqués, soit parce qu’un symptôme important tel que : délire, coma, convulsion, caractéristique de l’état pernicieux, est venu détourner l’attention.

Dès qu’on verra survenir brusquement, chez un individu, un symptôme grave quelconque, ne persistant que quelques heures et se dissipant spontanément, il faudra alors soupçonner une affection périodique et diriger le traitement d’après cette idée. Une affection d’allure grave, qui se développe et se termine dans un court espace de temps, ne peut être qu’une maladie pernicieuse. Cette considération aura surtout de la valeur si on observe dans un pays marécageux où règnent des fièvres pernicieuses : l'essai thérapeutique viendra confirmer le diagnostic.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL. — De nombreux caractères, dit Landouzy,

permettent de différencier les troubles nerveux dus aux accès simples de ceux qui résultent d'accès pernicieux. Les troubles nerveux du premier groupe sont des troubles d'accès, ils se produisent el disparaissent avec lui ; les seconds sont comme une suite de l'accès pernicieux ; ils en sont la conséquence et l'expression symptomatique principale ; ils persistent plus où moins longtemps après la cessation de l'accès. Enfin, les troubles nerveux de la fièvre pernicieuse sont des plus variables.

Des troubles nerveux cérébro-spinaux se manifestant chez de vieux paludéens soumis à un traitement irrrégulier par le sulfate de quinine, ont pu faire croire à une intoxication quinique, ce qui était très fâicheux pour les malades, puisqu'on leur supprimait leur seul moyen de guérison. « Tout d’abord, dit Ouradou, j'ai mis ces troubles nerveux sur le compte du médicament, mais je me suis bientôt aperçu qu'ils persistaient malgré la suspension du traitement ; j’ai dû alors porter mon attention sur une autre cause, et j'ai pensé tout naturellement à la fièvre elle-même, en d’autres termes à l’intoxication marématique. »

Page 1